À Taïwan, Zhong-Han, jeune homme muet, vit une double vie: il travaille le jour dans une cantine familiale pour un couple qui l'héberge et le considère comme son propre fils et la nuit, il fait partie d'un gang qui rackette pour le compte de parrains locaux. Il semble gérer ces 2 activités et y trouver son compte jusqu'au jour où un riche homme d'affaires débarque avec le souhait de racheter le restaurant...
Si le scénario peut paraître assez basique, le réalisateur KEFF, parvient tout de même à nous embarquer dans son récit par le rythme utilisé (tout est très lent mais sans aucune longueur, c'est juste parfait pour nous plonger dans l'ambiance de ce Taïwan à la fois envoûtant et pourtant tellement en perdition) et le travail apporté à chacun des personnages qui fait qu'on y croit et qu'on ne peut qu'être affecté par ce qui leur arrive. Je retiendrai particulièrement Ah-Rong et Yu-Ji, les gérants du restaurant, et I-Ju, vendeuse de l'alimentation où Zhong-Han se rend régulièrement pour faire ses petits achats mais aussi et peut-être surtout, pour flirter avec elle. Le lien qui se tisse entre ces 2 protagonistes est vraiment mignon et fait du bien au milieu de la violence installée mais peut-il justement y survivre ?
La pauvreté de la ville est palpable et en même temps, on comprend l'attachement des habitants qui y ont construit des souvenirs et qui tiennent à maintenir en vie cette âme chaleureuse. Mais est-ce possible quand le profit et le pouvoir grignote et gagne de plus en plus de terrain ?
Ces questions posées n'augurent pas forcément de beaux lendemains mais le but du film n'est pas forcément là. En tout cas, il nous offre quelques propositions de douceur dans un monde bien sombre et quoiqu'il en soit, j'ai envie de dire qu'on a à faire ici à un métrage maîtrisé de bout en bout et qui vaut d'être vu !
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