Médecine vétérinaire - On pense avoir enfin trouvé pourquoi autant d'insuffisances rénales chez le chat domestique
Bon, comme disait l'autre, "ce n'est pas parce qu'on a trouvé la raison du problème qu'on l'a résolu" mais ici ça permet enfin de l'entrevoir et d'y arriver a priori relativement vite.
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Traduction de https://scitechdaily.com/cats-have-a-unique-kidney-chemistry-that-could-be-harming-their-health/
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Les chats ont un métabolisme rénal unique et facilement nocif à leur santé
Université de Nottingham, 24 mai 2026.
Des dépôts de graisses inhabituelles dans les reins des chats domestiques expliqueraient leur sensibilité particulière aux maladies rénales chroniques.
Des scientifiques de l'Université de Nottingham ont identifié une caractéristique physiologique inattendue du chat domestique expliquant en partie la forte prévalence des maladies rénales chroniques : ils accumulent dans leurs cellules rénales des graisses inhabituelles par rapport à celles des chiens et de la plupart des autres mammifères, ce parfois dès leur plus jeune âge.
Graisses inhabituelles faisant ranger les chats à part
L'étude, publiée dans Frontiers of Veterinary Science et menée par le Pr David Gardner et le Dr Rebecca Brociek de la Faculté de Médecine Vétérinaire et des Sciences de l'université de Nottingham, montre que ces graisses rénales sont très inhabituelles. Les chats stockent un ensemble rare de triglycérides modifiés (le type de graisse le plus courant dans l'organisme, essentiel pour stocker l'énergie excédentaire issue de l'alimentation). Certaines de ces molécules présentent des liaisons chimiques ou des structures ramifiées inhabituelles chez les autres mammifères. De nombreuses graisses contiennent des liaisons éther particulières [ndt: un atome d'oxygène faisant la liaison entre deux radicaux chimiques en général identiques] qui se comportent différemment des graisses alimentaires classiques. Les chiens ne présentent pas ces profils et les chats sauvages écossais parfois seulement.
Un stress rénal précoce
La Dr Brociek explique que "la raison faisant que ces types de graisses inhabituelles s'accumulent dans les reins des chats domestiques même dès leur plus jeune âge explique pourquoi ils souffrent autant d'insuffisance rénale chronique, maladie des plus courantes et des plus graves des chats âgés". Les chercheurs pensent que cette accumulation de lipides inhabituels dans les cellules rénales est un signe précoce du stress rénal persistant qui avec l'âge s'aggrave en lésions tissulaires [ndt: en général mortelles].
L'alimentation pourrait offrir une protection future.
Le Pr Gardner espère comprendre bientôt pourquoi ces graisses inhabituelles s'accumulent chez les chats domestiques. "Il ne reste plus qu'à rassembler les preuves nécessaires. Si c'est confirmé alors on pense pouvoir définir un complément alimentaire ou une alimentation modifiée prévenant cette accumulation de lipides atypiques, chose qui, à long terme, serait bénéfique pour la santé de nos animaux de compagnie". Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives de recherche en biologie féline et démontre que le métabolisme particulier du chat domestique le rend plus vulnérable aux maladies rénales. À terme, ces travaux peuvent permettre d'améliorer les tests de diagnostic, de proposer des régimes alimentaires plus sains et de développer de nouveaux traitements pour préserver la santé rénale des chats.
Référence : “Lipid droplets in felid kidneys: prevalence and composition by lipidomics”, par Rebecca A. Brociek, Rebecca Alborough, Anna M. Kotowska, Ana Ferreira, Sandra Martinez-Jarquin, Malgorzata Walczak, Vincenzo Di Bari, Frederic Beaudoin et David S. Gardner, 22 février 2026, Frontiers in Veterinary Science.
DOI : https://doi.org/10.3389/fvets.2026.1711591
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