Mardi, Utopia 56 a publié un rapport sur la situation et l'abandon des mineur·es isolé·es à Paris et en Île-de-France, entre 2020 et 2025. En s'appuyant sur six années de travail de terrain, nous y dressons un état des lieux de la situation de ces jeunes, de leur arrivée sur le territoire jusqu'à leur prise en charge, qui intervient souvent plusieurs mois plus tard. Des mois durant lesquels iels sont totalement abandonné·es par les institutions.
Depuis plusieurs années,
nos équipes sont présentes quotidiennement devant le dispositif d'évaluation de minorité parisien, où la Ville de Paris, par le biais d'un opérateur, France terre d'asile, détermine si les jeunes sont mineur·es ou non.
Entre 2021 et 2025, nous y avons rencontré 13 853 mineur·es, parmi lesquel·les se trouvaient 337 jeunes filles.
Suite à ces évaluations, la plupart des mineur·es que nous avons rencontré·es ont fait état d'
entretiens très courts, à charge, et souvent sans interprètes. Même lorsqu'iels présentent des documents d'état civil et/ou d'identité, certain·es se sont vu·es refuser une prise en charge. Souvent, ce sont
des éléments subjectifs comme l'apparence physique qui sont déterminants dans la décision. Le manque de détails, ou à l'inverse des récits de vie "trop précis", sont invoqués pour contester leur minorité, sans tenir compte des traumatismes qu'iels ont pu vivre, ou de la pression de l'entretien.
Pourtant, chaque refus a une conséquence très concrète : la rue.Entre 2020 et 2025, nos équipes ont également documenté l'
évolution des campements parisiens et la répression policière croissante envers les mineur·es isolé·es. À la rue, ils et elles sont particulièrement exposés à de multiples problèmes de santé non pris en charge. Le froid et l'errance aggravent leur état de santé général, et l'
accès aux soins reste très difficile pour eux du fait de leur statut administratif. Avec les associations médicales, nous avons noté de nombreux troubles anxieux, des symptômes post-traumatiques ou des pensées suicidaires, pour lesquels iels ne sont pas suivi·es.
Pourtant, à Paris, plus de la moitié des jeunes qui saisissent la justice seront finalement reconnu·es mineur·es. En 2025, nous avons accompagné 1481 jeunes pendant leur recours : plus de 40% ont déjà été reconnu·es comme mineur·es, et d'autres sont toujours en procédures.
Alors que les institutions faillissent,
ce sont les associations qui assurent l'essentiel de l'accompagnement de ces jeunes, pour leur apporter un minimum de protection et de soutien. À l'approche des élections municipales de 2026 et par son statut particulier de ville-département, il est impératif que les
candidat.es à Mairie de Paris mettent la protection de ces mineur.es au sommet de leurs priorités. Le.a futur.e maire de Paris devra garantir les droits de ces mineur·es isolé·es comme ceux de n'importe quel mineur·e parisien·ne.
Nos recommandations sont simples :
* Garantir un accueil digne, inconditionnel et humain des mineur·es non accompagné·es dès leur arrivée
* Mettre fin aux logiques de suspicion et de tri lors des évaluations de minorité
* Assurer l'hébergement de tous·tes les mineur·es jusqu'à une décision définitive de l'autorité judiciaire
* Renforcer la protection des jeunes filles et des mineur·es victimes de traite ou d'exploitation
* Permettre un accès effectif aux soins et à un suivi médico-social adaptéSi ce rapport se penche sur la situation à Paris, partout en France, les droits des mineur·es non accompagné·es sont bafoués. Pour rappel, le 19 janvier 2026, La France a été condamnée pour la troisième fois en quelques années par le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies concernant ses pratiques en matière de prise en charge et de détermination de l'âge des mineur·es non accompagné·es.
Jusqu'à ce qu'elle soit respectée, nous continuerons de défendre la présomption de minorité pour ces jeunes.Rapport Utopia56 (pdf) : #^https://2k2yu.r.a.d.sendibm1.com/mk/cl/f/sh/WCPzyXJTZ7Xsy2icq3OBMhyiB1iqmr9l/AakVUJIPps33#
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