Hier matin, j'ai eu la possibilité de voir en salle l'un des quelques long-métrages que je n'avais pas encore vus, de Lars von Trier : Antichrist.
Le réalisateur a sa réputation d'aimer choquer, mettre mal à l'aise et autant vous dire que là, il y va à fond en commençant par une scène de coīt au ralenti en prenant bien soin de tout montrer pendant qu'un enfant sort de son lit à barreau, lève la barrière de protection pour descendre les escaliers, voit les ébats de ses parents et décide de profiter que ces derniers soient occupés pour s'aventurer sur le rebord de la fenêtre... Glisser et en tomber...
On va donc assister au travail de deuil de la part du couple et plus particulièrement de la mère, habitée d'un fort sentiment de culpabilité. Le père lui, dit être aussi touché mais ne le montre pas et semble plus intéressé par son métier de thérapeute qu'il souhaite mettre en application pour accompagner sa femme vers l'apaisement.
Quelque chose me fascine chez Lars von Trier, c'est que dans la majorité de ses films, de Breaking the waves à Nymphomaniac, il fait le choix d'adopter le point de vue d'une femme pour dénoncer toute la noirceur du monde qui l'entoure. Je serais presque tenté d'oser dire que pour moi, c'est un réalisateur féministe qui ne cesse de pointer la toxicité du patriarcat et là, même s'il fait dire à son personnage féminin combien la femme est le mal, on découvre que cette dernière a fait une thèse sur les "gynocides" pour sorcellerie.
Ce que je vois dans cette œuvre, c'est le burn out totale d'une femme noyée par la charge mentale dûe à cette société et qui essaie de reprendre le contrôle.
La scène de fin représente pour moi la sororité de toutes ces femmes tuées par ce système prônant le mâle comme dominant. Non?Hésitez pas à me dire votre avis. Ce qui est intéressant dans le cinéma c'est de pouvoir en parler donc allons-y.
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