Vers un catalogue des logiciels issus de la recherche
Lâun des objectifs majeurs du collĂšge « Codes sources et logiciels » du comitĂ© pour la science ouverte est de contribuer Ă une meilleure comprĂ©hension du rĂŽle du logiciel dans la recherche.
Le logiciel de recherche constitue une production scientifique de mĂȘme importance que les publications et les donnĂ©es : ces trois facettes du savoir acadĂ©mique interagissent les unes avec les autres. De trĂšs nombreuses disciplines sont concernĂ©es, bien auâdelĂ des sciences de lâinformatique. Par « logiciel de recherche », on entend un logiciel créé, utilisĂ© ou diffusĂ© dans les productions de recherche. Lâanalyse reprend la dĂ©finition du logiciel de recherche conçue par le collĂšge.
Les communautĂ©s scientifiques, les laboratoires et les institutions ont besoin dâidentifier et de rendre visibles leurs logiciels pour :
- garantir leur archivage et en pĂ©renniser lâaccĂšs ;
- faciliter leur citation ;
- les valoriser, notamment sur le plan scientifique, afin de permettre leur réutilisation ;
- faire émerger de nouvelles collaborations.
Les logiciels dĂ©veloppĂ©s dans les laboratoires de recherche Ă©tant de natures trĂšs diverses, il est nĂ©cessaire de mener une rĂ©flexion sur les critĂšres de rĂ©fĂ©rencement et de conservation. Ainsi, les logiciels liĂ©s dâune maniĂšre ou dâune autre Ă une publication doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme particuliĂšrement importants, notamment visâĂ âvis des aspects de transparence et de reproductibilitĂ©. Les critĂšres techniques ne permettent pas Ă eux seuls dâĂ©tablir des prioritĂ©s pertinentes : par exemple, un groupe restreint dâauteurs ou de contributeurs peut ĂȘtre Ă lâorigine dâun logiciel peu complexe et de taille modeste mais dont lâimpact acadĂ©mique est majeur. En dâautres termes, le degrĂ© de sophistication technique dâun logiciel, ou son nombre dâauteurs ou de contributeurs ne permettent pas, Ă eux seuls, dâaugurer de son impact scientifique.
Les institutions et les auteurs de logiciels mobilisent déjà des canaux pour rendre leurs productions visibles : pages dédiées de sites web, plateformes de distribution, etc. Un catalogue de logiciels apporterait aux établissements comme aux individus
des services complĂ©mentaires, notamment en fournissant un point dâentrĂ©e centralisĂ© et des fonctionnalitĂ©s plus riches que celles des moteurs de recherche gĂ©nĂ©ralistes. Lâenjeu est double. Dâune part, il sâagit dâinscrire la dĂ©marche dans un contexte
Ă©largi, afin dâidentifier les infrastructures et initiatives existantes, en France comme Ă lâĂ©tranger. Dâautre part, lâutilisateur final doit ĂȘtre placĂ© au centre du processus : la charge de travail pour les chercheurs doit ĂȘtre rĂ©duite au maximum grĂące Ă des processus dâautomatisation.
AuâdelĂ des enjeux techniques et fonctionnels, la problĂ©matique de lâaccompagnement doit ĂȘtre prise en compte dĂšs le dĂ©but de la rĂ©flexion. De nombreux acteurs, aux profils et compĂ©tences variĂ©s, sont susceptibles de jouer un rĂŽle en lien avec les logiciels.
Outre les chercheurs et enseignantsâchercheurs, on peut citer les personnels de soutien Ă la recherche, les personnels des bibliothĂšques et les Ă©quipes des services de valorisation. La dynamique actuelle autour des donnĂ©es de recherche offre un
cadre sur lequel sâappuyer pour mettre en Ćuvre des actions dâaccompagnement et renforcer une culture partagĂ©e du logiciel de recherche.
Enfin, une approche unifiĂ©e, tant sur le plan technique que sur celui de la gouvernance, permettra dâintĂ©grer Ă la rĂ©flexion la question de la stratĂ©gie Ă adopter sur le long terme. Il sâagit en effet de positionner le projet de catalogue en cohĂ©rence avec
lâĂ©cosystĂšme de recherche français, Ă lâĂ©chelle des laboratoires comme des institutions.