Traduction automatique perse-français :Chercheur : Hasse-Nima Golkar
Les récents développements géopolitiques au Moyen-Orient, notamment l'escalade des tensions militaires entre les États-Unis, Israël et la République islamique d'Iran, soulèvent des questions cruciales quant à l'avenir politique de l'Iran et ses implications régionales. Cet article de recherche, s'appuyant sur le cadre théorique de l'anarcho-syndicalisme, examine différents scénarios possibles en temps de guerre. Plusieurs scénarios principaux sont analysés, parmi lesquels la concentration du pouvoir au sein des structures militaro-sécuritaires, le maintien du statu quo et l'éventualité de crises internes. Il examine également la possibilité d'une guerre civile, des bouleversements au sein des élites et l'impact de ces évolutions sur l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient.
Le déclenchement d'un conflit militaire de grande ampleur entre les États-Unis et Israël et la République islamique d'Iran, accompagné de frappes aériennes massives et de ciblage d'infrastructures militaires, est considéré comme l'une des crises géopolitiques les plus importantes de ces dernières décennies au Moyen-Orient. De telles situations soulèvent généralement des questions quant à la stabilité des États, la possibilité d'un changement politique et l'émergence d'un nouvel ordre régional.
Toutefois, il ne suffit pas d'analyser l'avenir politique de l'Iran uniquement sous l'angle de la compétition entre États. Les approches critiques, notamment anarcho-syndicalistes, s'efforcent d'analyser ces évolutions dans un cadre plus large de structures de pouvoir, de rapports de classes et d'organisation sociale.
Le début de la seconde guerre conjointe entre les forces militaro-sécuritaires américaines (Fureur épique) et israéliennes (Lion rugissant), et les bombardements intenses, destructeurs et meurtriers qui se poursuivent depuis le 9 Esfand 1404 (28 février 2026) jusqu'à ce jour, n'ont pas encore contraint le gouvernement islamique iranien à capituler. Peut-être ne pensaient-ils pas pouvoir forcer le régime à céder le pouvoir aussi rapidement et aussi facilement, sans impliquer plusieurs milliers de fantassins sur le champ de bataille, malgré l'élimination d'Ali Khamenei et de nombreux autres décideurs clés du gouvernement.
Ce que l'on observe dans les rues des villes iraniennes, c'est une sorte de loi martiale déguisée, instaurée par le Corps des gardiens de la révolution islamique et son bras armé, les milices Bassidj, afin de prévenir toute manifestation ou émeute. D'où la situation actuelle :
A - Peut-on imaginer des scénarios comme un coup d'État classique avec la coopération de l'armée et de certains politiciens opportunistes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays ?
B - Existe-t-il un risque de guerre civile généralisée dans un avenir proche ?
C - Une insurrection armée populaire visant à renverser l'ensemble du « système de la République islamique » est-elle possible ?
1- La possibilité de trois scénarios réalistes mais complexes en fonction des conditions de guerre actuelles
A) Concentration du pouvoir entre les mains des militaires
Dans de nombreux pays, lors d'un conflit armé à l'étranger, l'armée renforce son emprise politique. En Iran, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dispose d'une puissance militaire considérable, d'une vaste structure économique et sécuritaire, ainsi que d'un réseau politique influent au sein du gouvernement. De ce fait, le gouvernement peut fonctionner de facto comme un État militaro-sécuritaire, une sorte de « coup d'État larvé », sans déclaration officielle.
B) Coup d'État officiel
Ce scénario serait probable si la structure dirigeante venait à s'effondrer, ou si une grave scission survenait entre les institutions du pouvoir. Dans ce cas, des éléments des Gardiens de la révolution et de l'armée pourraient s'emparer du pouvoir pour « préserver le système » (ce qui, selon l'ayatollah Khomeini, est le « devoir le plus essentiel ») ou pour « sauver le pays ». Cependant, en Iran, les Gardiens de la révolution constituent le pilier central du système. Par conséquent, un véritable coup d'État contre le gouvernement est peu probable.
D) Maintenir le statu quo.
2- Une guerre civile est-elle probable ?
Bien que ce soit l'une des préoccupations les plus importantes, plusieurs conditions sont nécessaires pour qu'une guerre civile éclate.
Prelmière condition : Effondrement du gouvernement central
Tant que les Gardiens de la révolution, les milices Basij et les forces de sécurité pourront maintenir le contrôle du pays, une guerre civile restera improbable.
Deuxième condition : L’armement généralisé des forces sociales qui aspirent au renversement.
Étant donné que la classe ouvrière et les autres travailleurs en Iran ne sont actuellement pas largement armés, la probabilité d'une guerre civile similaire à celle de la Syrie ou de la Libye est plus faible.
Troisième condition : L'émergence de forces armées rivales
Dans certaines régions, comme le Kurdistan, le Baloutchistan ou d'autres zones frontalières, il existe des groupes armés, et si le gouvernement central s'affaiblit, il pourrait y avoir des conflits à l'échelle nationale (locale-régionale) et une sorte de soulèvement populaire armé, et non une guerre civile.
3- Les scénarios les plus réalistes pour l'avenir de l'Iran et du Moyen-Orient
Au vu des données disponibles à ce jour, voici les scénarios possibles :
A) Guerre courte et retour aux négociations
D'après les déclarations publiques faites jusqu'à présent, l'objectif principal des États-Unis et d'Israël est la destruction complète du programme nucléaire et de l'infrastructure balistique iraniens, et non nécessairement le renversement de l'État islamique au pouvoir ou l'instauration de la démocratie en Iran. Si cette position demeure inchangée, la guerre se poursuivra pendant quelques semaines ou quelques mois, avant qu'un cessez-le-feu ou de nouvelles négociations ne soient mis en place. Ce type de scénario est fréquent dans l'histoire du Moyen-Orient.
B) Affaiblir considérablement le gouvernement iranien tout en préservant le système
Dans ce cas, les infrastructures militaires et économiques sont gravement endommagées, mais le « système politique » reste solide et n'est pas renversé, un peu comme en Irak dans les années 1990, en Serbie sous Milosevic (pendant les guerres des Balkans) ou en Ukraine.
C) Crise intérieure et changement politique
Si une grave crise économique, une défaite militaire majeure et une scission au sein de l'élite dirigeante surviennent simultanément, un changement politique interne, voire une transition du pouvoir, est possible. Ce processus prend généralement naissance au sein même de l'élite, et non dans la rue.
E) L'avenir du Moyen-Orient
Si cette guerre se poursuit, elle aura plusieurs conséquences majeures potentielles :
– L’extension du conflit entre les forces régionales, notamment le Hezbollah au Liban, les Forces de mobilisation populaire en Irak, les Houthis au Yémen, etc., va se poursuivre.
– Choc économique sur le marché dû à une forte hausse des prix du pétrole et du gaz suite à la fermeture du détroit d'Ormuz dans le golfe Persique.
– L’affaiblissement de la souveraineté en Iran entraînera un changement dans l’équilibre des pouvoirs dans la région, et renforcera en revanche les gouvernements qui dirigent la Turquie, l’Arabie saoudite et Israël.
4) Résumé des scénarios
A - Dans de nombreux conflits, la « survie du régime par la concentration des forces de sécurité » est le scénario le plus fréquent. En effet, lorsqu'un pays est attaqué par une force étrangère, les forces de sécurité et militaires voient généralement leur pouvoir se renforcer, le climat politique se durcit et le gouvernement instrumentalise la « défense nationale » pour mobiliser ses troupes. Dans ce contexte, le Corps des gardiens de la révolution et l'armée peuvent jouer un rôle prépondérant dans la gestion du pays, la structure politique du gouvernement peut se transformer en un gouvernement militaro-sécuritaire centralisé, et des réformes et des changements superficiels peuvent être mis en œuvre pour contenir le mécontentement.
Le gouvernement est affaibli, mais il ne s'effondre pas. Exemples historiques similaires : les Balkans, l'Irak, l'Ukraine, etc.
B - Dans de nombreux pays, le changement politique ne survient pas nécessairement par le biais d'une révolution, mais plutôt au sein des puissantes élites dirigeantes. Dans l'Iran actuel, trois centres de pouvoir importants coexistent : les Gardiens de la révolution, l'institution dirigeante et les réseaux politico-économiques liés au gouvernement. Par conséquent, si la guerre se prolonge et que la crise s'aggrave, certains membres des élites pourraient conclure que, pour préserver le système, la direction ou la structure politique doit évoluer. Cette évolution peut prendre diverses formes, notamment le transfert du pouvoir à un conseil de direction, le renforcement du rôle de l'armée et la modification de la constitution. On peut citer comme exemples historiques les changements intervenus au sein du gouvernement soviétique après des crises et les transferts de pouvoir dans certains régimes militaires d'Amérique latine.
C - Si une défaite militaire, une grave crise économique et une scission au sein de l'élite surviennent simultanément, un effondrement du système en place devient possible. Dans ce cas, l'autorité du gouvernement central diminue et le risque de perte de contrôle de certaines régions augmente. Dans de telles conditions, il est possible que des groupes armés locaux ou régionaux, des partis ethniques et d'autres forces d'opposition deviennent plus actifs.
Il convient toutefois de noter que, dans le contexte géographique actuel de l'Iran, plusieurs facteurs, tels qu'un gouvernement central relativement fort disposant de quatorze à dix-sept institutions de sécurité ainsi que de ses forces armées (l'armée, les Gardiens de la révolution et les milices Bassidj), la répression sévère et impitoyable de toute voix dissidente émanant des conseils ouvriers et des institutions civiles, l'existence de divergences politico-idéologiques chroniques et d'une fragmentation au sein des forces politiques en lutte, l'absence d'une auto-organisation et d'une autogestion généralisées et durables, et surtout, le manque de désarmement populaire généralisé et cohérent au sein de la société, offrent la possibilité d'un effondrement du système en place, contrairement à la propagande trompeuse des médias dominants et des partisans royalistes sous la direction de Reza Pahlavi (fils de Mohammad Reza Shah, l'ancien dictateur), non pas rapidement, mais plutôt avec difficulté et progressivement.
D - Il arrive qu'une guerre étrangère débouche sur d'importantes négociations et un réalignement politique. Dans ce cas, un accord régional ou international peut être conclu. Le gouvernement iranien fait des concessions et, en contrepartie, sa sécurité ou des sanctions sont garanties dans une certaine mesure. On peut citer comme exemples historiques les accords ayant mis fin à la guerre Iran-Irak et les précédents accords nucléaires.
5) L'alternative réaliste du point de vue anarcho-syndicaliste
En général, aucun mouvement fondamental autre qu'une révolution socialiste-libertaire ne pourra, tel un puissant tsunami, démanteler les fondements du système capitaliste exploiteur et autoritaire, ainsi que tous ses agents et défenseurs hauts en couleur, et le laisser à l'histoire, comme les systèmes sociaux du passé.
Il est donc nécessaire de rappeler que l’« anarchisme » est un courant de pensée regroupant diverses branches politiques, mais partageant une racine commune avec l’anarchisme social, l’anarcho-syndicalisme, l’anarchisme communautaire, l’anarchisme individualiste, l’anarchisme féministe-queer, l’anarchisme écologique, etc. Cependant, plusieurs principes fondamentaux sont communs à la plupart de ces tendances :
A - S'opposer à tout « État-nation » (du plus petit et faible au plus grand et puissant) et combattre toute forme d'autorité et de recherche du pouvoir, telles que les structures hiérarchiques comme le parlement, l'armée, la police, la bureaucratie et les prisons, la torture et les exécutions.
B - Mettre l'accent sur la révolution et l'autogestion sociale en lien avec une économie participative et coopérative, l'auto-organisation horizontale et l'autogestion dans les communautés, la formation de comités et de conseils démocratiques locaux et régionaux (fédéralistes-confédéralistes), la solidarité, l'entraide et la coopération volontaire et libre.
Maintenant, compte tenu de tous les éléments généraux abordés jusqu'à présent, une analyse et une conclusion spécifiques peuvent être présentées du point de vue anarchiste :
En substance, les guerres, les coups d'État et les luttes de pouvoir entre États sont perçus comme la conséquence de structures étatiques centralisées. Autrement dit, les États rivalisent pour conserver leur pouvoir et leur influence. Or, ce sont toujours les classes populaires et les citoyens ordinaires qui paient le plus cher des crises, des guerres et des destructions qu'ils engendrent. L'anarchisme déplace donc généralement le centre du débat de la question « quel État l'emportera ? » vers celle-ci : comment les individus peuvent-ils s'organiser et gérer leur vie et leur société sans l'autorité des structures de pouvoir ?
La plupart des scénarios présentés ici s'inscrivent donc dans le cadre de structures étatiques centralisées, telles que les changements internes au sein du gouvernement, le régime militaire, la république réformée ou le système parlementaire. L'anarchisme, quant à lui, considère que même en cas de changement de gouvernement, le maintien d'une structure de pouvoir centralisée engendre toujours un risque de reproduction de l'autoritarisme, des inégalités et de l'oppression.
C - L'alternative que propose l'anarchisme :
Dans de nombreuses théories anarchistes, les alternatives proposées à l'auto-organisation et à l'autogestion horizontales sont les suivantes : conseils démocratiques locaux et régionaux, autogouvernements fédéralistes-confédéralistes, syndicats, institutions civiques et sociales indépendantes et libres, réseaux de coopération et de solidarité volontaires entre les différentes communautés ethniques, en lieu et place d'un État central puissant. En effet, dans un tel modèle, toutes les décisions au niveau local et régional sont prises de manière participative et le pouvoir du peuple est distribué de façon décentralisée et non hiérarchique.
Même de nombreux penseurs anarchistes reconnaissent que la transition vers une telle société est généralement possible au terme d'un processus long et progressif, se développant souvent en parallèle avec d'autres structures politiques. À court terme, leur principal enjeu réside donc dans le renforcement de la société civile, des réseaux locaux et régionaux et des institutions d'auto-organisation, ce qui réduira la dépendance totale de la société vis-à-vis de l'État.
6) Conclusion
Si l'on devait résumer toutes les discussions soulevées d'un point de vue anarchiste :
A) Les crises politiques et les guerres sont souvent le produit de la concurrence entre gouvernements centralisés.
B) Changer de gouvernement ne signifie pas nécessairement la fin des structures de pouvoir et d'autorité.
C) La solution à long terme réside dans l’expansion de l’autonomie sociale, la décentralisation du pouvoir, l’entraide, la coopération volontaire et la solidarité durable entre les travailleurs.
RE:https://anarchistfront.noblogs.org/post/2026/03/23/57678/%d8%a2%db%8c%d9%86%d8%af%d9%87-%d8%b3%db%8c%d8%a7%d8%b3%db%8c-%d8%a7%db%8c%d8%b1%d8%a7%d9%86/
#iran #iranunderattack #anarchie #anarchy #politique #politic
Les récents développements géopolitiques au Moyen-Orient, notamment l'escalade des tensions militaires entre les États-Unis, Israël et la République islamique d'Iran, soulèvent des questions cruciales quant à l'avenir politique de l'Iran et ses implications régionales. Cet article de recherche, s'appuyant sur le cadre théorique de l'anarcho-syndicalisme, examine différents scénarios possibles en temps de guerre. Plusieurs scénarios principaux sont analysés, parmi lesquels la concentration du pouvoir au sein des structures militaro-sécuritaires, le maintien du statu quo et l'éventualité de crises internes. Il examine également la possibilité d'une guerre civile, des bouleversements au sein des élites et l'impact de ces évolutions sur l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient.
Le déclenchement d'un conflit militaire de grande ampleur entre les États-Unis et Israël et la République islamique d'Iran, accompagné de frappes aériennes massives et de ciblage d'infrastructures militaires, est considéré comme l'une des crises géopolitiques les plus importantes de ces dernières décennies au Moyen-Orient. De telles situations soulèvent généralement des questions quant à la stabilité des États, la possibilité d'un changement politique et l'émergence d'un nouvel ordre régional.
Toutefois, il ne suffit pas d'analyser l'avenir politique de l'Iran uniquement sous l'angle de la compétition entre États. Les approches critiques, notamment anarcho-syndicalistes, s'efforcent d'analyser ces évolutions dans un cadre plus large de structures de pouvoir, de rapports de classes et d'organisation sociale.
Le début de la seconde guerre conjointe entre les forces militaro-sécuritaires américaines (Fureur épique) et israéliennes (Lion rugissant), et les bombardements intenses, destructeurs et meurtriers qui se poursuivent depuis le 9 Esfand 1404 (28 février 2026) jusqu'à ce jour, n'ont pas encore contraint le gouvernement islamique iranien à capituler. Peut-être ne pensaient-ils pas pouvoir forcer le régime à céder le pouvoir aussi rapidement et aussi facilement, sans impliquer plusieurs milliers de fantassins sur le champ de bataille, malgré l'élimination d'Ali Khamenei et de nombreux autres décideurs clés du gouvernement.
Ce que l'on observe dans les rues des villes iraniennes, c'est une sorte de loi martiale déguisée, instaurée par le Corps des gardiens de la révolution islamique et son bras armé, les milices Bassidj, afin de prévenir toute manifestation ou émeute. D'où la situation actuelle :
A - Peut-on imaginer des scénarios comme un coup d'État classique avec la coopération de l'armée et de certains politiciens opportunistes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays ?
B - Existe-t-il un risque de guerre civile généralisée dans un avenir proche ?
C - Une insurrection armée populaire visant à renverser l'ensemble du « système de la République islamique » est-elle possible ?
1- La possibilité de trois scénarios réalistes mais complexes en fonction des conditions de guerre actuelles
A) Concentration du pouvoir entre les mains des militaires
Dans de nombreux pays, lors d'un conflit armé à l'étranger, l'armée renforce son emprise politique. En Iran, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dispose d'une puissance militaire considérable, d'une vaste structure économique et sécuritaire, ainsi que d'un réseau politique influent au sein du gouvernement. De ce fait, le gouvernement peut fonctionner de facto comme un État militaro-sécuritaire, une sorte de « coup d'État larvé », sans déclaration officielle.
B) Coup d'État officiel
Ce scénario serait probable si la structure dirigeante venait à s'effondrer, ou si une grave scission survenait entre les institutions du pouvoir. Dans ce cas, des éléments des Gardiens de la révolution et de l'armée pourraient s'emparer du pouvoir pour « préserver le système » (ce qui, selon l'ayatollah Khomeini, est le « devoir le plus essentiel ») ou pour « sauver le pays ». Cependant, en Iran, les Gardiens de la révolution constituent le pilier central du système. Par conséquent, un véritable coup d'État contre le gouvernement est peu probable.
D) Maintenir le statu quo.
2- Une guerre civile est-elle probable ?
Bien que ce soit l'une des préoccupations les plus importantes, plusieurs conditions sont nécessaires pour qu'une guerre civile éclate.
Prelmière condition : Effondrement du gouvernement central
Tant que les Gardiens de la révolution, les milices Basij et les forces de sécurité pourront maintenir le contrôle du pays, une guerre civile restera improbable.
Deuxième condition : L’armement généralisé des forces sociales qui aspirent au renversement.
Étant donné que la classe ouvrière et les autres travailleurs en Iran ne sont actuellement pas largement armés, la probabilité d'une guerre civile similaire à celle de la Syrie ou de la Libye est plus faible.
Troisième condition : L'émergence de forces armées rivales
Dans certaines régions, comme le Kurdistan, le Baloutchistan ou d'autres zones frontalières, il existe des groupes armés, et si le gouvernement central s'affaiblit, il pourrait y avoir des conflits à l'échelle nationale (locale-régionale) et une sorte de soulèvement populaire armé, et non une guerre civile.
3- Les scénarios les plus réalistes pour l'avenir de l'Iran et du Moyen-Orient
Au vu des données disponibles à ce jour, voici les scénarios possibles :
A) Guerre courte et retour aux négociations
D'après les déclarations publiques faites jusqu'à présent, l'objectif principal des États-Unis et d'Israël est la destruction complète du programme nucléaire et de l'infrastructure balistique iraniens, et non nécessairement le renversement de l'État islamique au pouvoir ou l'instauration de la démocratie en Iran. Si cette position demeure inchangée, la guerre se poursuivra pendant quelques semaines ou quelques mois, avant qu'un cessez-le-feu ou de nouvelles négociations ne soient mis en place. Ce type de scénario est fréquent dans l'histoire du Moyen-Orient.
B) Affaiblir considérablement le gouvernement iranien tout en préservant le système
Dans ce cas, les infrastructures militaires et économiques sont gravement endommagées, mais le « système politique » reste solide et n'est pas renversé, un peu comme en Irak dans les années 1990, en Serbie sous Milosevic (pendant les guerres des Balkans) ou en Ukraine.
C) Crise intérieure et changement politique
Si une grave crise économique, une défaite militaire majeure et une scission au sein de l'élite dirigeante surviennent simultanément, un changement politique interne, voire une transition du pouvoir, est possible. Ce processus prend généralement naissance au sein même de l'élite, et non dans la rue.
E) L'avenir du Moyen-Orient
Si cette guerre se poursuit, elle aura plusieurs conséquences majeures potentielles :
– L’extension du conflit entre les forces régionales, notamment le Hezbollah au Liban, les Forces de mobilisation populaire en Irak, les Houthis au Yémen, etc., va se poursuivre.
– Choc économique sur le marché dû à une forte hausse des prix du pétrole et du gaz suite à la fermeture du détroit d'Ormuz dans le golfe Persique.
– L’affaiblissement de la souveraineté en Iran entraînera un changement dans l’équilibre des pouvoirs dans la région, et renforcera en revanche les gouvernements qui dirigent la Turquie, l’Arabie saoudite et Israël.
4) Résumé des scénarios
A - Dans de nombreux conflits, la « survie du régime par la concentration des forces de sécurité » est le scénario le plus fréquent. En effet, lorsqu'un pays est attaqué par une force étrangère, les forces de sécurité et militaires voient généralement leur pouvoir se renforcer, le climat politique se durcit et le gouvernement instrumentalise la « défense nationale » pour mobiliser ses troupes. Dans ce contexte, le Corps des gardiens de la révolution et l'armée peuvent jouer un rôle prépondérant dans la gestion du pays, la structure politique du gouvernement peut se transformer en un gouvernement militaro-sécuritaire centralisé, et des réformes et des changements superficiels peuvent être mis en œuvre pour contenir le mécontentement.
Le gouvernement est affaibli, mais il ne s'effondre pas. Exemples historiques similaires : les Balkans, l'Irak, l'Ukraine, etc.
B - Dans de nombreux pays, le changement politique ne survient pas nécessairement par le biais d'une révolution, mais plutôt au sein des puissantes élites dirigeantes. Dans l'Iran actuel, trois centres de pouvoir importants coexistent : les Gardiens de la révolution, l'institution dirigeante et les réseaux politico-économiques liés au gouvernement. Par conséquent, si la guerre se prolonge et que la crise s'aggrave, certains membres des élites pourraient conclure que, pour préserver le système, la direction ou la structure politique doit évoluer. Cette évolution peut prendre diverses formes, notamment le transfert du pouvoir à un conseil de direction, le renforcement du rôle de l'armée et la modification de la constitution. On peut citer comme exemples historiques les changements intervenus au sein du gouvernement soviétique après des crises et les transferts de pouvoir dans certains régimes militaires d'Amérique latine.
C - Si une défaite militaire, une grave crise économique et une scission au sein de l'élite surviennent simultanément, un effondrement du système en place devient possible. Dans ce cas, l'autorité du gouvernement central diminue et le risque de perte de contrôle de certaines régions augmente. Dans de telles conditions, il est possible que des groupes armés locaux ou régionaux, des partis ethniques et d'autres forces d'opposition deviennent plus actifs.
Il convient toutefois de noter que, dans le contexte géographique actuel de l'Iran, plusieurs facteurs, tels qu'un gouvernement central relativement fort disposant de quatorze à dix-sept institutions de sécurité ainsi que de ses forces armées (l'armée, les Gardiens de la révolution et les milices Bassidj), la répression sévère et impitoyable de toute voix dissidente émanant des conseils ouvriers et des institutions civiles, l'existence de divergences politico-idéologiques chroniques et d'une fragmentation au sein des forces politiques en lutte, l'absence d'une auto-organisation et d'une autogestion généralisées et durables, et surtout, le manque de désarmement populaire généralisé et cohérent au sein de la société, offrent la possibilité d'un effondrement du système en place, contrairement à la propagande trompeuse des médias dominants et des partisans royalistes sous la direction de Reza Pahlavi (fils de Mohammad Reza Shah, l'ancien dictateur), non pas rapidement, mais plutôt avec difficulté et progressivement.
D - Il arrive qu'une guerre étrangère débouche sur d'importantes négociations et un réalignement politique. Dans ce cas, un accord régional ou international peut être conclu. Le gouvernement iranien fait des concessions et, en contrepartie, sa sécurité ou des sanctions sont garanties dans une certaine mesure. On peut citer comme exemples historiques les accords ayant mis fin à la guerre Iran-Irak et les précédents accords nucléaires.
5) L'alternative réaliste du point de vue anarcho-syndicaliste
En général, aucun mouvement fondamental autre qu'une révolution socialiste-libertaire ne pourra, tel un puissant tsunami, démanteler les fondements du système capitaliste exploiteur et autoritaire, ainsi que tous ses agents et défenseurs hauts en couleur, et le laisser à l'histoire, comme les systèmes sociaux du passé.
Il est donc nécessaire de rappeler que l’« anarchisme » est un courant de pensée regroupant diverses branches politiques, mais partageant une racine commune avec l’anarchisme social, l’anarcho-syndicalisme, l’anarchisme communautaire, l’anarchisme individualiste, l’anarchisme féministe-queer, l’anarchisme écologique, etc. Cependant, plusieurs principes fondamentaux sont communs à la plupart de ces tendances :
A - S'opposer à tout « État-nation » (du plus petit et faible au plus grand et puissant) et combattre toute forme d'autorité et de recherche du pouvoir, telles que les structures hiérarchiques comme le parlement, l'armée, la police, la bureaucratie et les prisons, la torture et les exécutions.
B - Mettre l'accent sur la révolution et l'autogestion sociale en lien avec une économie participative et coopérative, l'auto-organisation horizontale et l'autogestion dans les communautés, la formation de comités et de conseils démocratiques locaux et régionaux (fédéralistes-confédéralistes), la solidarité, l'entraide et la coopération volontaire et libre.
Maintenant, compte tenu de tous les éléments généraux abordés jusqu'à présent, une analyse et une conclusion spécifiques peuvent être présentées du point de vue anarchiste :
En substance, les guerres, les coups d'État et les luttes de pouvoir entre États sont perçus comme la conséquence de structures étatiques centralisées. Autrement dit, les États rivalisent pour conserver leur pouvoir et leur influence. Or, ce sont toujours les classes populaires et les citoyens ordinaires qui paient le plus cher des crises, des guerres et des destructions qu'ils engendrent. L'anarchisme déplace donc généralement le centre du débat de la question « quel État l'emportera ? » vers celle-ci : comment les individus peuvent-ils s'organiser et gérer leur vie et leur société sans l'autorité des structures de pouvoir ?
La plupart des scénarios présentés ici s'inscrivent donc dans le cadre de structures étatiques centralisées, telles que les changements internes au sein du gouvernement, le régime militaire, la république réformée ou le système parlementaire. L'anarchisme, quant à lui, considère que même en cas de changement de gouvernement, le maintien d'une structure de pouvoir centralisée engendre toujours un risque de reproduction de l'autoritarisme, des inégalités et de l'oppression.
C - L'alternative que propose l'anarchisme :
Dans de nombreuses théories anarchistes, les alternatives proposées à l'auto-organisation et à l'autogestion horizontales sont les suivantes : conseils démocratiques locaux et régionaux, autogouvernements fédéralistes-confédéralistes, syndicats, institutions civiques et sociales indépendantes et libres, réseaux de coopération et de solidarité volontaires entre les différentes communautés ethniques, en lieu et place d'un État central puissant. En effet, dans un tel modèle, toutes les décisions au niveau local et régional sont prises de manière participative et le pouvoir du peuple est distribué de façon décentralisée et non hiérarchique.
Même de nombreux penseurs anarchistes reconnaissent que la transition vers une telle société est généralement possible au terme d'un processus long et progressif, se développant souvent en parallèle avec d'autres structures politiques. À court terme, leur principal enjeu réside donc dans le renforcement de la société civile, des réseaux locaux et régionaux et des institutions d'auto-organisation, ce qui réduira la dépendance totale de la société vis-à-vis de l'État.
6) Conclusion
Si l'on devait résumer toutes les discussions soulevées d'un point de vue anarchiste :
A) Les crises politiques et les guerres sont souvent le produit de la concurrence entre gouvernements centralisés.
B) Changer de gouvernement ne signifie pas nécessairement la fin des structures de pouvoir et d'autorité.
C) La solution à long terme réside dans l’expansion de l’autonomie sociale, la décentralisation du pouvoir, l’entraide, la coopération volontaire et la solidarité durable entre les travailleurs.
RE:https://anarchistfront.noblogs.org/post/2026/03/23/57678/%d8%a2%db%8c%d9%86%d8%af%d9%87-%d8%b3%db%8c%d8%a7%d8%b3%db%8c-%d8%a7%db%8c%d8%b1%d8%a7%d9%86/
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