Allez, c'est parti pour mon 1er #vendredilecture de 2026 !
Cette semaine, j'ai terminé Une brève histoire de la transmisogynie : Pour une lecture anti-impérialiste de la transféminité, de Jules Gill-Peterson, édité en français aux éditions SHED, dans une traduction de Mihena Alsharif & Nesma Merhoum !
Acheté cet été à Montpellier, j'ai attendu d'être dans le train de retour des fêtes pour commencer à le lire et -- quelle claque !! Ça faisait un moment que je n'avais pas lu de théorie trans et -- aaaaaaaaa les mots me manquent !
(Bon et, oui, Gill-Peterson est historienne et ce qu'elle théorise ne sort pas de nulle part mais bien de travaux de recherche ; mais je trouve qu'il y a quand même un move un peu similaire à ce qu'ont pu proposer d'autres théoriciennes transfèms telles que Julia Serano.)
J'ai pas tout compris (lol, on commence à être habitué·e) -- jpense en particulier à la thèse générale du bouquin que j'aurais du mal à expliquer --, mais j'ai appris PLEIN de trucs -- des trucs qui m'ont retourné le cerveau, genre, wow 🤯
Gill-Peterson propose une histoire de la transmisogynie en 3 temps, et toujours en faisant des allers-retours entre le passé et le présent. Ainsi, elle commence par raconter la mondialité de la transmisogynie, profondément liée à la colonisation et au racisme ; puis elle s'intéresse à l'intrication entre travail du sexe et transféminité, à partir de l'histoire de Mary Jones en particulier. Enfin, l'historienne se penche sur le mouvement gay post-Stonewall et sur la manière dont les homos se sont distancié·es des transfèms, et ce alors qu'elles faisaient partie des mêmes réseaux et se battaient pour toustes ; avant de conclure sur la mujerisima sud-américaine et ses perspectives pour le futur de nos luttes.
Comme je l'ai sous-entendu plus haut, c'est pas le livre le plus facilement compréhensible du monde, même s'il se lit très bien ! C'est un livre très vivant, qui donne de vraies couleurs aux fantômes qu'il convoque ; dur souvent, mais dont la lecture me parait nécessaire -- et pas juste côté transfèm ! Je vais y revenir dans les mois qui viennent, c'est sûr ; organiser des arpentages autour, ne serait-ce que pour mieux en saisir les théories au contact d'autres camarades et --
J'ai oublié de dire que ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est la base matérialiste de l'analyse de Gill-Peterson ! Une base qui permet d'appréhender la transféminité non pas juste comme l'expression d'une sorte d'essence intérieure, mais également comme condition résultant d'opportunités sociales. Je trouve ça hyper convaincant ! Mais bon, je suis pas très objective : Gill-Peterson développe des idées dont j'ai déjà eu l'intuition et donc, forcément, je suis d'autant plus prompte à aller dans son sens que ça flatte un peu mon égo.
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