Un gamin a voulu poignarder sa prof.
Il a raté. Il s’est planté lui-même.
C'est tragique de bout en bout.
Une prof de 66 ans qui enseigne encore. Rien que ça, déjà, c’est insupportable. Elle devrait être en train de profiter d’une retraite bien méritée, pas à se prendre la faillite des institutions en pleine figure. Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit : une faillite, massive, prolongée, et qu’on repeint à chaque drame avec la même peinture écaillée.
Ici on sort la carte de l'enfance malheureuse et c'est vrai qu'avant de péter son câble, avant de se réfugier derrière la svastika, le minot, il avait morflé. Or soyons honnêtes : si le gosse avait été musulman, et tout aussi frappadingue, on n’aurait pas eu droit au chœur compassionnel. Pas d’« enfance malheureuse », pas de « système défaillant ». On aurait eu droit au combo habituel : la menace, l’ennemi intérieur, le danger pour la République. C’est là qu’on voit la hiérarchie des excuses et le nuancier épidermique.
Reste le fond du problème : la santé mentale des mômes. On se contente de bricoler deux heures de « sensibilisation » et quelques cellules d’écoute en catastrophe après le drame.
Alors que la génération actuelle est plongée dans un bain d’anxiété que les boomers n’ont jamais connu. Les mêmes boomers qui, bien planqués dans leurs pavillons payés au prix d’un tricot, viennent vous expliquer que c’est la faute aux parents et à l'immigration.
Alors que tout concourt à broyer les gamins : climat, guerre, réseaux sociaux saturés de violence, école transformée en usine à cases. Et une psy scolaire pour mille élèves, quand elle n’est pas en burn-out.
Pendant ce temps, les écoles privées, grasses de subventions publiques, se permettent de refuser les filles dans leurs lycées ou d’encourager la prière en classe comme ce bahut vendéen.
Autrement dit, elles sucent le fric du public, notre putrin de fric ou plutôt ce qui nous reste après que les ultrariches se soient gavés, pour s’asseoir tranquillement sur la laïcité et l’égalité, le tout en se drapant dans leur vertu de « choix éducatif ».
Et après ça, on viendra encore nous chanter que « l’école tient debout ». Debout, oui, comme une baraque pourrie rafistolée au chatterton. Les profs tiennent au café, les gosses aux cachetons, et tout le monde fait semblant que ça roule. Mais ça pue la moisissure, ça craque de partout, et il suffirait d’un pet de travers pour que tout explose, la preuve.
Et personne ne bouge, parce que la main qu’il faudrait tendre a déjà été bradée pour combler le déficit, lui-même creusé par les cadeaux mirifiques faits aux ultra riches.
Résultat, l’école crève pendant que les yachts se payent des piscines et des ponts supplémentaires.




