Si le Festival des accents vous intéresse, suivez ce fil ! je vais essayer de raconter quelques moments de cette journée au laboratoire Parole et Langage.
Vous trouvez plein d'informations sur le site: https://www.festivaldesaccents.org

Le festival a lieu pour la 2ème fois, il a été créé par des linguistes de différentes universités : Aix-Marseille Université (LPL), Université Jean-Monnet de Saint-Étienne (ECLLA), Université Jean-Moulin Lyon 3 (CEL), Université Paris Nanterre (CREA), Cergy Paris Université (LT2D), Université de Lorraine (IDEA), Le Mans Université (CREN). Ces universitaires sont associés à des auteurs/comédiens de L’Épallle Théâtre (La Ricamarie).

Ça commence d'ici peu (et le soleil est là !)

NB: c'est en laïve, je corrigerai par la suite les coquilles et imprécisions.

#festivalAccents #aixenprovence #linguistique #sociolinguistique #SHS

Festival des accents

Le Festival des accents est une manifestation de médiation scientifique et de science participative qui diffuse auprès d’un large public des recherches sur les accents. d’un évènement scientifique, artistique et culturel qui s’inscrit dans une conception de la science avec et pour la société.

Après m'être assurée que la représentation consulaire était là, j'ai pu trouver le Laboratoire!

(et constater que j'étais beaucoup trop en avance sur l'heure locale*)

(*promis, ce sera la seule vague blague sur la dimension interculturelle de mon séjour)

Maria Candea ouvre les "flashconf" avec:

Accent ou pluriphonie? Point de vue sociophonétique

#festivalAccents

On parle un peu de Lippi-Green et Le Mythe du non-accent.
Comment définir ce non-accent? Si on regarde le dictionnaire de l'Académie française de 1782 [?], il est clair que soit l'accent est "Provincial" soit de la capitale (il n'y a donc pas de non-accent, mais il y en a un qui est mieux considéré que l'autre).
Est-ce que "le style" serait pour les gens bien et l'accent pour les autres...? Quels sont les (en)jeux de minorisation?

[j'éditerai plus tard pour les références précises]

À quelle matérialité langagière correspond "l'accent"? Les chercheur-es en sociophonétique s'accordent plutôt pour dire que ça n'est pas stable, on ne peut pas le définir.
Quels traits de prononciation constituent "un" accent ?
Parmi d'autres recherches (français de Marseille, accent "de banlieue" etc), Marie Landick a essayé en 2004 de trouver des traits dans les discours de jeunes hommes normaliens d'Ulm, mais là aussi, il y a de la variabilité!

Sur les questions de vie professionnelle (notamment de doublage) et de rapports de race (whitisation), voir par exemple les travaux de Gaëlle Planchenault et de Suzie Telep.

Par ailleurs, plein de façons de prononcer n'ont pas de dénomination précise... Tout ça ne marche donc pas vraiment.

#festivalAccents

Alors que dire, si l'accent n'existe pas ou en tout cas qu'on ne peut pas le définir avec des critères stables ?
On est nombreuxses à "changer d'accent" selon les interlocuteurs et le travail/la famille...

Parler de nos phonostyles et de pluriphonie (voir les discussions de Maria Candea, Médéric Gasquet-Cyrus, Cyrille Trimaille, Gaëlle Planchenault).
Pluriphonie permet aussi de qualifier des situations, des régions. (comme plurilingue)

#sociophonétique #sociophonétchique

On continue avec Olivier Glain (Uni. Jean Monnet St Étienne)
Accent stéphanois, parler gaga: c'est quoi c't'affaire?

Caractéristiques :
- une forte influence du franco-provençal
- un accent lexical (qui implique des réductions dans les syllabes d'à côté, en gros: on "mange" certains sons. Toulmonde le fait, mais les Stéphanois-es le font mieux qu'ailleurs : un m'nuisier travaille dans son at'lier)
- des nasales qui diffèrent [je ne peux pas en rendre compte à l'écrit, mais il s'agit de réalisation intermédiaire entre vent et vin par exemple]
- et des voyelles plus ou moins ouvertes (par ex. feuille, vote)
- des variantes morpho-phonologiques (pour qu'ils soyent/être bien au chaud; les gens qui croillent/croire)
- le que restrictif (il boit que. = il ne fait que boire)
- certains emplois réflexifs (je me suis tombé dans les escaliers = tomber; se rendre = rentrer chez soi)
- inversion des pronoms personnels (donnez-lui le),
- le comparatif (lui il est mieux grand que son frère ; il a pris un an de mieux; mieux que tu montes, mieux il fait froid)
- marqueurs de discours/intensificateurs (ouilla [ortho approximative] = ouh la la; ouilla d'un mal de tête; fouilla d'une bagnole (o fermé!) = une sacrée voiture)

(et moi j'apprends en particulier que la cervelle de canut, autrement dit le sarassaôn si on essaie de rendre la nasale, ça s'appelle aussi fromage de babeurre! Et qu'on peut être en caisse, c'est-à-dire en arrêt maladie)

(et hop une blague: la différence entre un chat toulousain et un chat parisien ? Le chat parisien fait miaou! et le chat toulousain fait miaou, con!)

#stephanois #stephanoise #festivalAccents

@magcbertrand un collègue niçois comprenait pas quand un autre collègue (pas avec un gros accent) parlait des "barb'lés"
Sinon dans la plus belle ville du monde une voyelle + un N ça se diphtongue : "Mamaôn ! Atteônds !"
Sinon cervelle de canut c'est lyonnais, à Sainté et alentours c'est plutôt du sarassaôn, pardon, sarasson 😉
@Lamah ah merci, j'avais pas compris le nom local ! 😉 Je vais éditer après
@Lamah il a fait une présentation trilingue pour les gens qui comprenaient pas haha, Gaga, lyonnais, "français "