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Deux pannes, deux réactions très différentes.

Outlook hors service à cause d'un bug Teams → frustration, mais l'outil n'est pas remis en cause.

Souci de config sur un logiciel libre → verdict immédiat : "on aurait dû rester sur Microsoft."

Ce n'est pas une question de qualité technique. C'est une question de biais cognitifs.

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Deuxième biais : l'asymétrie de responsabilité.

Il existe une phrase non officielle mais très répandue dans le monde IT : "Personne n'a jamais été viré pour avoir choisi Microsoft."

Quand Microsoft plante, c'est la faute de Microsoft. Quand un outil libre plante, c'est le choix de cet outil qui est questionné et donc la personne qui l'a recommandé.

Choisir l'alternative, c'est prendre une responsabilité que l'outil dominant n'impose pas.

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Troisième biais : le biais du statu quo.

L'outil en place bénéficie d'une tolérance implicite que l'alternative n'a pas. On a appris à contourner la complexité des outils propriétaires sans même s'en rendre compte. Un accroc sur un outil alternatif, lui, devient immédiatement visible.

Le familier rassure, même quand il dysfonctionne.

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Ces trois biais combinés ont un coût réel : ils faussent les décisions, pénalisent des solutions souvent robustes et indépendantes, et placent ceux qui les défendent dans une position d'asymétrie permanente.

Un bug reste un bug, quel que soit le logo dans le coin de l'écran.

#logiciellibre #opensource #souveraineténumérique #biaiscognitif

@ezeo Analyse parfaite qu'on retrouve avec tous les logiciels dominants.
@ezeo c'est une analyse vraiment parfaite de la situation et édictée clairement et simplement. Merci
Ça pourra toujours me resservir dans l'avenir
@ezeo et c'est le même mécanisme pour le sexisme et pour le racisme : les informaticiennes et les informaticiens non blancs existent, malgré ce qu'on observe dans les sociétés d'informatique
@ezeo 💯

@ezeo cas typique : la compatibilité du matériel.

Le périphérique ne fonctionne pas sous Linux : "linux c'est de la merde, faut changer"
Le périphérique ne fonctionne pas sous windows : "le périphérique c'est de la merde, faut le changer"

les décideurs

Le but du décideur n'est pas que ça marche mais qu'on ne puisse pas le blâmer pour les pannes Stéphane Bortzmeyer - FRnOG

gregR ☯ - /usr/share/images
@gregr Exactement ça et c'est bien triste. Parmi les intégrateurs de logiciels libres qu'on côtoie, c'est un sujet qui revient souvent.
@gregr @ezeo Concept de base du décideur, quelque soit la décision prise, pouvoir se défausser sur un tiers en cas de turbulences.
@erimas42
Du *mauvais* décideur, dont la profusion est alimentée par le système enclin lui-même à chercher des coupables plutôt qu'à se questionner pour progresser.
@gregr @ezeo
@erimas42 @gregr @ezeo ... quelle que soit la décision ...

@ezeo Ça me rappelle un bon mot de @bayartb (je ne sais plus où je l'ai entendu dire ça) :
La différence entre un responsable et un directeur, c'est que le responsable, il n'est pas directeur, mais surtout que le directeur il est pas responsable.
Il y a beaucoup de directeurs. Déléguer la responsabilité à un gros machin rassurant (pour un directeur) comme Microsoft, ça permet de rester directeur sans être tenu pour responsable de ce qu'il pourrait arriver.

(j'ai l'impression que mon pouet est un peu embrouillé. Oh well. J'ai fait du SQL toute la journée, j'ai les jointures fatiguées)