Je relis le livre de Sarah Durieux #MiliterAToutPrix pour en faire un résumé sur mon blog.
Alors autant vu que je suis enfin dans un RER je vais commencer ici
Je relis le livre de Sarah Durieux #MiliterAToutPrix pour en faire un résumé sur mon blog.
Alors autant vu que je suis enfin dans un RER je vais commencer ici
Chaque chapitre reprend un trait de la Culture de la Domination (inspiré du livre Dismantling racism : a workbook for social change groups )
Chapitre 1 : la culture de l'échelle et de l'impact
Ce que tu fais n'as d'importance que su c'est gros. Tu dois avoir un gros réseau, beaucoup de followers sur insta sinon tu ne comptes pas.
J'en vois un exemple dans le cadre du collectif dans lequel je m'investis en ce moment : l'une des personnes veut absolument qu'on ouvre le plus vite possible au plus de monde possible
Et moi je m'oppose car je veux un truc où on crée des relations de confiance et on se connait et on crée un cadre et après on ouvrira !
Sarah cite l'expérience d'une association qui a grandit très vite, puis s'est effondrée et qui en a fait un rapport d'expérience, ce qui est génial.
Donc je dévie de l'objectif de résumer le livre pour lire le rapport.
J'adore la démarche : on a merdé, on a désigné deux personnes extérieures pour enquêter sur pourquoi on a merdé, et on fait un rapport pour que vous ne fassiez pas les mêmes erreurs que nous.
VOici les 8 key lessons
1️⃣ Interrogate why and how you want to grow or scale
2️⃣ Embed a culture of learning at the heart of your organisation
3️⃣ If everyone says “you’re amazing”, ask “why?”
4️⃣ Prioritise nurturing and maintaining good relationships at all levels of your organisation
5️⃣ Diverse teams that include marginalised staff may need more structure than you might assume
6️⃣ Prioritise the backend of your organisation from the beginning
7️⃣ Make governance an organisation-wide endeavour by being leaderful and well-led
8️⃣ Don‘t be afraid of the end
Et donc le premier point, comme dans le livre de Sarah Durieux, c'est la croissance à tout prix.
Doit-on croitre à tout prix ?
Qu'est-ce que cette ambition révèle de nous ?
Et le document renvoie vers un site qui explore les composantes de l'idéologie suprématiste blanche, et en particulier de la culture de la croissance et de l'expansion
https://www.whitesupremacyculture.info/progress--quantity.html
la suite du rapport sur la croissance d'une organisation pointe le risque de tourner tout le temps à 100% de nos capacités, ce qui fait qu'en cas de coup de bourre, tout le monde doit tourner à 150% ce qui n'est pas possible / ou ultra couteux pour celleux qui rencontrent d'autres challenges dnas leur vie...
En gros c'est validiste, classiste, etc...
Je reviens au livre de Sarah.
Un de ces problèmes vient aussi du fait qu'on donne plus facilement de l'argent aux gros. Donc ça pousse à devenir gros.
Donc ya un aspect structurel au problème.
Mais ya aussi un aspect individuel. Pour Sarah, une partie du problème tient au fait que bcp d'entre nous sommes en manque de reconnaissance.
On n'a pas eu assez d'amour sous forme de reconnaissance dans nos familles par exemple (elle cite les 7 formes d'amour de bell hooks), et du coup on recherche de la reconnaissance dans notre implication.
Et dans notre société, on donne surtout de la reconnaissance à ceux qui sont les premiers, les plus grands, les plus forts, les plus gros... etc. Donc on court après ces sirènes, au détriment du soin et du collectif qu'on veut construire.
Un des points cités dans le livre de Starhawk sur l'organisation de collectifs qui vont bien, c'est de travailler un système de reconnaissance au sein du collectif qui ne soit pas basé sur la performance et l'impact...
[EDIT] un peu plus loin dans le livre, Sarah parle en lien avec le concept d'archipel, de diversifier les sources de reconnaissance et de ne pas tout centrer autour d'un même leadership, d'une même personne qui donne toute la reconnaissance.
Un des remèdes selon Sarah à ce problème est
👉 de ne pas chercher à devenir le plus gros (le plus gros mouvement pour le climat, l'association avec le plus de membres, l'association qui aide le plus de personnes)
mais
👉 de chercher à travailler en coalition avec d'autres collectifs.
Remplacer la compétition par la collaboration.
Sarah met en garde sur le fait que ça n'est pas si simple de faire coalition.
L'idée est de faire cause commune. De partager les ressources et le pouvoir.
Sarah fait le lien avec le concept d'archipel fondé sur la pensée d'Edouard GLissant (qu'évidemment je ne connaissais pas...)
Sarah reprend quelques questions qui sont posées dans le rapport Bootcamp pour les organisations :
👉 Que sommes nous bien placés pour faire ?
👉 Où allons nous gêner ou dupliquer qqch qui existe déjà ?
👉 Sommes nous les meilleures personnes pour faire ce travail ?
👉 Devrions nous nous mettre en retrait pour créer un espace pour que d'autres personnes puissent prendre le leadership ?
👉 Comment aider les autres à rentrer dans le cadre que nous créons ?
Chapitre 2 : prendre, accaparer et exploiter au nom de la cause
On (= un collectif) accumule de l'argent et on ne le dépense pas au cas où
On (une personne) est réticent à partager ses contacts
Et ça revient un peu au point précédent, si on est dans une logique de croître et de dépasser les autres, on n'est pas dans une logique de partager
Il y a aussi l'idée que si c'est pour la cause, alors ça doit être gratuit.
On ne fait pas payer ses compétences si on est engagé.
Et du coup qui peut s'engager ? Celleux qui ont les ressources économiques et le temps pour le faire gratuitement.
Il y a aussi quelque chose autour de la culture de la rareté qui fait son je partage pas selon Sarah Durieux
Mais ça me semble aller à l'encontre de l'idée qu'on partage davantage en période de pénurie que d'abondance 🤔
Quelles solutions ?
Créer des communs militants : cagnottes communes ? Annuaires partagés ? Formations mutualisées ?
Exemple : vox public
Chapitre 3 : ce qui ne se mesure pas n'a pas de valeur.
Comment prouver qu'on a de l'impact quand on demande des financements sans perdre ce qui compte vraiment ?
@mathieugenois tellement...
Et hier je visitais le nouveau campus de paris saclay sur le plateau et j'avais tellement l'impression de vivre dans une dystopie...
Dans ce domaine, la collapsologie (sérieuse) apporte un éclairage intéressant sur le lien entre croissance et effondrement...
Elle nous dit que la croissance amène la complexité (communication ralentie, multiculturalisme induisant de la mécompréhension, éloignement du décideur du terrain, moindre adhésion > moindre tolérance au dysfonctionnement...)
Cette complexité induit un besoin de sur-administration qui pénalise l'efficacité et peut se révéler fatale en cas de crise, car les décideurs sont alors aveugles sur les effets collatéraux de décisions prises dans l'urgence.
Décisions délétères incompréhensibles localement > sédition > chute
grande entreprise, fonction publique : "trop de paperasse", "trop de gens qui controle vs qui font", "coût de structure trop élevé"... le sentiment d'être sur-administré apparaît quand le décideur disparaît des yeux, du quotidien...
avec le sentiment de travailler pour la structure plus que pour le client/élève/patient se perd me sentiment d'utilité : quand ton reçoit de ordres venus de nulle part pour faire des trucs qui servent que le système... le produit n'apparait plus être la finalité... or c'est lui qui donne sens au travail
alors la structure se replie puis implose, elle perd tout sens de l'extérieur
j'ai autrefois bossé dans la sécurité énergétique : les compagnons étaient innondés d'indicateurs de performance, AUCUN ne parlait du nombre de vies sauvées (but des produits fabriqués)
j'ai participé à cela 😳
avec la marketingisation (la satisfaction du client n'est plus la finalité mais l'augmentation des parts de marché), puis la financiarisation (le marché n'est plus la finalité mais le profit), le travail opérationnel a été vidé de toute raison d'être.La seule finalité résiduelledu travail qui reste est un maigre salaire dépensé en vains inutiles. L'adhésion est morte.
Aujourd'hui l'énergie et les ressources manquent : le pouvoir d'achat baisse
Le travailleur productif qui a déjà été privé de tout le reste, se trouve acculé.
Alors ceux qui le peuvent économiquement, psychologiquement et intellectuellement partent vers des métiers qui font sens : artisanat, agriculture, ess, scop... pour retrouver les sens de l'utilité à l'autre et l'agilité structurelle
Ils fuient les conséquences de la sur-croissance...
Ceux qui ne peuvent pas fuir sentent la colère monter mais restent silencieux... jusqu'à la mauvaise décision entrepreunariale, politique) de trop...
Regarde du coté de la décapole Alsacienne
Elle était une organisation de collaboration/solidarité/défense, de cités politiquement et économiquement indépendantes (le berceau de la démocratie sur l'actuel sol français)
Rester petit et solidaire avait permis une prospérité rare à cette époque : l'Alsace touristique d'aujourd'hui est la réussite de la décapole d'hier.
On ferait bien de s'en inspirer aujourd'hui, en ne centralisant que l'essentiel à l'échelle Européenne : la monnaie et la défense.