Roux, l'étrange obsession, avec Michel Pastoureau, dans Concordance des temps de JN. Jeanneney https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/concordance-des-temps
Concordance des temps : podcast et émission en replay | France Culture

Cette émission offre sur l'actualité l'éclairage des précédents historiques, rappelle des épisodes et des mutations qui trouvent, par les temps qui courent, des résonances inattendues.

France Culture
@RichardMonvoisin
Rien à voir avec le sujet de cette émission en particulier, mais à propos de son producteur #JeanNoëlJeanneney je trouve quand même important de connaître cette critique de sa pratique d'historien par #AnnieLacroixRiz :
– On a évoqué les archives ? Moi je vais parler de Jean-Noël Jeanneney, je vais vous donner un exemple de deux pratiques historiques. Dans sa thèse sur #FrançoisDeWendel, il se voit confronté à un moment à une source qui montre que #FrançoisDeWendel soutient des organisations fascistes ou que le #ComitéDesForges dont il est le président, c'est-à-dire la grosse organisation de la sidérurgie, qui est en quelque sorte la force dominante, non seulement de la société, mais des gouvernements, je dirais de l'ensemble français, donc ce #ComitéDesForges possède des journaux, et que notamment d'ailleurs le #ComitéDesForges possède #LeTemps qui est considéré comme, par ailleurs, la voie officieuse du Quai D'Orsay. Il a des sources qui le lui disent. Et il oppose à ces sources une déclaration de 1946 de #FrançoisDeWendel disant : « Non non mais tout ça est faux ! ». Il choisit. Mais un historien ne peux pas choisir quand il a plusieurs sources...

– Il choisit la dénégation contre la preuve.

– Voilà. Quand vous avez des sources, beaucoup de sources concordantes, et je peux vous dire pour connaître bien les sources de l'intérieur, les sources de la préfecture de police, qu'on ne peut pas se tromper sur des dizaines de courriers concordants, sur le rôle de #Wendel en matière de soutien des organisations fascistes et en matière de contrôle de la presse. Non, nous ne sommes pas libres, nous, historiens vis-à-vis des sources. Et c'est cette liberté vis-à-vis des sources depuis 30 ans, nourrie par une campagne sur l'idiotie positiviste des crétins qui passent leur temps aux archives alors que nos grands historiens n'ont pas besoin d'y aller, c'est ceci qui a généré un brouillage des pistes.
https://youtu.be/c7_KzTgM7LM?t=1084

Voir la thèse de #JeanNoëlJeanneney « François de Wendel en République - L'argent et le pouvoir (1914-1940) », Sixième partie - UNE PUISSANCE INSTALLÉE. CHAPITRE II - D’autres claviers. 1929-1932. 1. Le rachat du « Temps » sur la Z-Library (via Tor).

Enfin, l’opération restera aussi secrète que possible, Louis Mill figurant officiellement, aux yeux du public et de la rédaction, le propriétaire des actions Hébrard

[...]
« Rien ne permet de dire, écrit Wendel à ce propos quinze ans plus
tard, que si cette opération avait été soumise à l’ensemble des Forges et des Houillères, il se serait trouvé une unanimité pour la réaliser (22. Lettre à Goedorp du 4 mars 1946 citée)… »

[...]
Et s’il est excessif d’affirmer, comme fait Jacques Chastenet, que « jamais Wendel par la suite n’exerça aucune pression sur lui (28) » — on en verra plus loin quelques exemples éclatants (29), et surtout lorsqu’il s’agira de contrer Peyerimhoff (30. Une note de police du 14 mars 1932 est ici intéressante, parce qu’elle évoque à juste titre les dissentiments qui existent entre Wendel et Peyerimhoff, mais elle en exagère la portée pratique au journal. Il y aurait accord entre les deux Comités sur l’indépendance à laisser au Temps en politique étrangère, mais désaccord sur l’intérieur. Les Houillères voudraient que le Temps, en liaison avec Tardieu, gardât la tradition Hébrard « en ménageant les hommes politiques susceptibles d’être demain à la tête du gouvernement ». Les Forges souhaiteraient au contraire une offensive très violente aux prochaines élections contre les leaders des partis de gauche… (APP, dossier « Temps », 2100-488).) —, il est vrai qu’il s’en tiendra assez généralement à la réserve ainsi promise dès les origines mêmes du duumvirat.

Au demeurant ces restrictions importent peu pour le développement de son image dans une opinion publique plus que jamais persuadée que le Comité des forges est le seul maître du Temps, et que Wendel y règne sans partage au nom des « munitionnaires (31) ».

Il faut dire qu’en choisissant de siéger rue de Madrid et en chargeant Lambert-Ribot des négociations avec Hébrard sur les modifications des statuts, le consortium n’a rien fait pour décourager de telles interprétations. Et dès l’Assemblée générale extraordinaire du 10 décembre, où François- Albert, ancien ministre radical et actionnaire du Temps, dénonce lesnouveaux maîtres du journal (32), la légende peut prendre son vol — avant qu’au cours des mois et des années qui suivent la presse de gauche se charge de la diffuser (33).
LE FASCISME FRANÇAIS - ANNIE LACROIX-RIZ

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@julm Ah ouais... Et je ne doute pas d' A lacroix-riz. Que penses-tu que JnJ répondrait si on lui demandait ?
@RichardMonvoisin probablement rien s'il n'y est pas contraint par une crise d'actualité, certainement rien de convaincant vu les archives accablantes sur #FrançoisDeWendel, et encore moins un mea culpa vu ses précédentes persistances dans les crises précédentes, notamment en 2011 après son aval à une « célébration nationale » de #LouisFerdinandCéline et en 2018 après son aval à une « commémoration nationale » de #CharlesMaurras, dont il avait confié la rédaction de la notice à #OlivierDard, historien notoirement connu comme proche de l' #ActionFrançaise.

Ainsi #JeanNoëlJeanneney s'est-il simplement abstenu de répondre à #EmmanuelLaurentin qui lui demandait pourquoi cette notice de « commémoration » de #CharlesMaurras ne rappelait pas son antisémitisme.

En effet, cette notice « oubliait » son antisémitisme viscéral et létal (sous l’ #Occupation) et certifiait son statut intangible d’« antiallemand », mensonges longuement dénoncés par #AnnieLacroixRiz dans Symptôme de la fascisation : Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras :
#CharlesMaurras, symbole de la réaction cléricalo-monarchiste, de la haine contre « la Gueuse », « les métèques » et les « rouges », et de l’antisémitisme « français » : faut-il rappeler qu’il participa à la Ligue d’ #ActionFrançaise dès sa naissance, 1898 (et à sa revue éponyme, fondée en juillet 1899) déchaînée contre #AlfredDreyfus, arcboutée contre la révision du procès du capitaine et vouée à la préservation de « l’honneur de l’armée » ?

[...]
Last, but not least, l’« antinazi » #Maurras avait, dès décembre 1942, peu après l’installation des Allemands à #Lyon, reçu de la section lyonnaise de « la #Gestapo », autorité de tutelle directe désormais, autorisation du « renouvellement [du] port d’arme » qu’il avait sollicité et obtenu de #Bousquet (autre « germanophobe et antinazi »?) pour lui-même et toute la direction de l’ #ActionFrançaise. Les Allemands l’appréciaient fort, non seulement pour sa délation et sa prose publique contre les rouges, les juifs, les gaullistes, les francs-maçons, etc., mais aussi pour son « attitude anti-anglaise et anti-américaine dans ses articles de journaux ». Ils lui accordèrent volontiers, en octobre 1943, « le renouvellement [annuel de ce] port d’arme »[25]. Car, chacun le sait, l’occupant allemand distribuait libéralement les permis de port d’armes aux « germanophobes et antinazis », pour leur permettre de libérer leur patrie au plus tôt, à #Lyon et ailleurs.

Tentative de désinformation historique qui n'a valu à #JeanNoëlJeanneney aucune critique ni sanction de la part de #FrançoiseNyssen, alors ministre de la Culture :
Le travail et l’expertise des membres du Haut-comité ne sont évidemment pas en cause.

Mais bon, il faut dire que #JeanNoëlJeanneney est un #HistorienDuConsensus très « compréhensif » :
Qu’on écoute l’échange distingué, sur le thème « Être député sous la #TroisièmeRépublique » du 21 juillet 2012, entre #JeanNoëlJeanneney, responsable de l’émission « #ConcordanceDesTemps » sur #FranceCulture et héraut, comme tout l’ #IEP, de « l’autonomie du politique », et #JeanGarrigues, professeur à l’université d’Orléans et président du Comité d’histoire parlementaire et politique, pour mesurer l’interdit académique qui pèse sur l’arrosage politique patronal : « la collusion » ou « la proximité des députés avec le monde des affaires », qui eût dû, au vu des archives, constituer l’essentiel du sujet, ne fut qu’effleurée.

L’auditeur fut rassuré au surplus par l’affirmation de l’invité que, si la question s’était –à peine – posée alors, il y avait en revanche aujourd’hui des « garde-fous » (54). « Garde-fous » que contredit le dossier, un moment émergé, bientôt enterré, de la corruption de syndicats, d’universitaires, publicistes, hommes politiques, etc., pour un montant « 16,5 millions d’euros, retirés en liquide du compte de l’ #UIMM entre 2000 et 2007 » par #DenisGautierSauvagnac, délégué par le syndicat patronal à « la fluidification des relations sociales » (55).
Symptôme de la fascisation : Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras – par Annie Lacroix-Riz

Chers amis, Vous trouverez dans le texte « Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras » un exemple de la

INITIATIVE COMMUNISTE
@julm Dans mon souvenir, j'avais associé Jeannenay à la lignée de son père, conservateur mais éclairé, qui a soutenu Neuwirth sur la contraception, des réformes pas toutes déconnantes sur l'assurance maladie, etc. Mais en y réfléchissant, ce n'est pas vraiment contradictoire (et puis tel père, tel pas fils)

@RichardMonvoisin Hmm, concernant l’assurance maladie moi j’ai surtout retenu les « réformes » « déconnantes » de son père, les plus infâmes arrivant sous le gouvernement #DeGaulle / #PompidouIV où avec l’appui du syndicat patronal #CNPF et du syndicat étatsunien (sic) #CGTFO, #JeanMarcelJeanneney, ministre des Affaires sociales, laissera son nom en 1967 à une série d’ordonnances (ie. forcant le Parlement) qui ont :

  • scindé le #RégimeGénéral, la plus symbolique des institutions ouvrières, en trois branches (santé, famille, vieillesse) ;
  • augmenté de 25% à 50% le poids du patronat dans les caisses primaires ;
  • et parachevé la sape de la « démocratie sociale » en supprimant les élections des présidents des caisses (elles reviendront discrètement et ponctuellement une dernière fois en octobre 1983 suite à une promesse électorale de #FrancoisMitterrand, vichyste demandeur et récipiendaire (tardif) en 1943 d’une des 2600 francisques, marque d’allégeance au personnage et aux idées de #PhillippePétain).
  • Je ne sais pas pour le soutien à Neuwirth, peut-être l’évoque-t-il dans https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/concordance-des-temps/la-pilule-histoire-d-une-liberte-3914100

    Alternativebit