Je suis en fin de correction de dissertations explicatives en 601-102-MQ (cours de littérature au cégep, au Québec)...
Je me demande souvent si j'enseigne **suffisamment** bien. On peut toujours s'améliorer, oui, absolument ; mais de la même façon que les politicien-nes engagé-es s'impliquent pour leurs concitoyen-nes, un-e professeur-e s'engage pour les générations futures...
J'ai réalisé, grâce à une allumée étudiante, qu'il y a une grande fracture entre l'analyse littéraire en 601-101-MQ, qui est une rédaction qui sert à presque remplacer une première lecture (donc une lecture accompagnée), et la dissertation explicative, qui est sert plutôt de deuxième lecture (donc une postface sur une affirmation à défendre, un peu)... Déjà, je sais comment orienter ma prochaine grille d'autocorrection avec de meilleures questions! Je risque même de devoir m'en créer une toute nouvelle, une grille "au fil de la rédaction"...
Mais est-ce suffisant ?
Je ne réfléchis plus à mon département et à mes collègues qui suivent des bergers et bergères dans leurs petites cliques de politique interne, je m'engage seulement et simplement pour mes jeunes, car il n'y a que de l'énergie perdue à trop s'investir dans un département. Mieux vaut je trouve s'engager auprès des autres départements afin de s'inspirer de leurs méthodes, de leurs réalités pour toujours ajuster notre matière qui, finalement, est juste un outil de partage et d'analyse de la culture afin que nos jeunes s'intéressent à l'Art avec un grand A!
Je discute le plus possible avec mes étudiant-es de différents domaines afin d'aller chercher des notions qu'iels voient dans leurs cours spécifiques afin de compléter mes cours magistraux avec des détours sur les statistiques, l'économie, les réalités familiales, la géographie, les sciences, la politique autant locale qu'internationale, tout tournant autour des Arts...
Mais, encore une fois, est-ce suffisant ?
L'enseignement aux études supérieures est ou bien de la géniale hyperspécialisation pour pousser ses compétences et son domaine spécifique toujours plus loin, ou bien le fait de toujours étendre son filet plus loin pour intéresser plus de jeunes, ne serait-ce que pour activer leur Curiosité inhérente dans un monde d'hyperstimulation. J'en parle avec des collègues en mathématiques qui mettent plus l'accent sur la logique dans leurs cours afin que les jeunes développent cette compétence essentielles, et en philo, les profs misent beaucoup sur la fluidité et la complétion d'une réflexion...
On n'en fait jamais assez. Peut-être est-ce là la solution ? Ne pas arrêter, toujours réfléchir, observer, questionner... et sortir de son domaine ?
Bon, je suis débile, je retourne à mes copies. :' ))








