Bonjour !
Je profite d'un moment où je me sens un peu mieux malgré la chaleur ici pour vous parler un peu de #JimQueen, le film insolemment gay de Marco Nguyen, Nicolas Athane et le studio Bobbypills.
J'ai eu la chance d'assister à une avant-première à Liège avec la présence des réalisateurs et une séance de questions-réponses à chaud.
Si le film, selon moi, est une réussite au sens où on se bidonne de bon coeur et le parallèle avec une autre épidémie est limpide, il y avait peu de représentation diversifiée en dehors de mecs cis gays blancs, et d'autres représentations que certaines personnes présentes ont jugées suffisamment problématiques pour poser des questions dessus aux réalisateurs.
Comme j'ai vu passer les mêmes questions ici-bas, je peux en répercuter les réponses.
En gros : vu le budget très limité, les réals ont dû faire des choix narratifs qui ont abrégé certaines scènes et représentations, dont certaines foireuses de toute manière (on a échappé à pire, il y a eu des bricolages qui ont permis de les éviter). De leur propre aveu, avec le travail de relecture sensible effectué par d'autres personnes LGBTQ+, ils ont compris qu'ils feraient mieux de retirer de l'histoire des représentations foireuses qui auraient risqué en plus de disperser l'attention des spectataires, et de ne garder que ce qu'ils connaissaient.
Quant aux représentations incluant du chemsex, c'est l'expression de l'opinion des réalisateurs, qui estimaient qu'il leur fallait être clairs sur les dangers que la pratique représentait, surtout auprès des jeunes non informés des risques encourus. En gros, une représentation qui va droit au but et ne laisse aucune ambigüité : un repoussoir.
Donc on se retrouve avec un film qui peut paraître imparfait et/ou incomplet, mais qui ne se voulait ni un documentaire sur l'entièreté de la communauté, ni une histoire qui part dans tous les sens et faisant de la représentation pour de la représentation.
Personnellement, je pense que c'est une bonne chose [edit+] d'avoir fait ces choix, le film se concentre sur une histoire claire et dégagée de """distractions""", et c'est ce qui à mon sens en fait un film d'animation qui fera date. Pour autant, je souhaite aussi [/edit+] que ce film permette d'en lancer d'autres, qu'il s'agisse d'une série comme initialement envisagé, ou d'autres films avec certains personnages communs, abordant d'autres problèmes. Au hasard, la LGBTQphobie dans le sport, la place des mecs trans parmi les cis gays, une histoire de gym queen qui transitionne en muscle mommy, la biphobie, les paniques morales transphobes, etc.
Les sujets ne manquent pas, et méritent que les histoires qu'on raconte autour ne partent pas dans tous les sens, et que les budgets suivent plus facilement. Il a fallu huit ans pour que Jim Queen existe, et on ne peut qu'espérer qu'il en faudra moins pour mettre d'autres projets aussi importants en chantier.
Voilà pour mes deux sous d'avis.