« La figure du beauf a Ă©tĂ© inventĂ©e par la gauche Â»

L’extrĂŞme droite prĂ©tend reprĂ©senter la « France des oubliĂ©s Â» en surfant sur l’abandon des territoires ruraux dĂ©laissĂ©s par l’État et les partis. Comment riposter ? Notre Ă©mission spĂ©ciale Ă  Auxerre avec Rose Lamy, autrice d’« Ascendant beauf Â», la sociologue Clara Deville, Agnès Cluzel du Mrap 89 et la journaliste Pauline Maucort.

Mediapart
Je viens de terminer l'essai de Rose Lamy, Ascendant Beauf et j'ai beaucoup aimé. L'autrice y parle de la stigmatisation des gens d'origine populaire (sujet que je connais étant moi-même fils d'ouvrier·ères), comment leurs goûts sont dénigrés etc. Elle met le doigt sur plein de choses auxquelles je n'avais jamais pensé. Le genre d'essai (simple à lire) qui me fait avancer ! Sur le même sujet (mais beaucoup moins accessible), si vous ne l'avez pas lu je vous conseille Retour à Reims de Didier Éribon. #roselamy #preparezvouspourlabagarre #Seuil #Ascendantbeauf

"Dans son livre Ascendant Beauf, Rose Lamy démontre que la figure du beauf est surtout un outil de domination et de fabrique du mépris social. En se moquant des beaufs, on se moque aussi des classes populaires, on se désensibilise de leur sort."

Rose a grandi dans le Cher et exprime très bien par exemple le fait d'être exclue de l'accès aux grandes écoles de par ses origines modestes.

Une des meilleures interview de Paloma Moritz :
https://video.blast-info.fr/w/m6yytAKHrHMtPXBK8KxR3C
#beauf #AscendantBeauf

Le mythe du beauf ou comment sortir du mépris de classe

PeerTube

#Tulisquoimonchat ?
Un essai - témoignage à la 1ere personne qui renvoie dans le pif les questions de classes et les expériences de mépris social. Des choses qu'il est bon de dire et de faire entendre dans les milieux de gauche en ce moment, qui obligent à se situer un minimum socialement - on est svt lea beauf de quelqu'un-e, on trouvera tjs + beauf que nous, et donc? Une étape vers un peu + de socio dans nos vies? Et de Joe Dassin aussi.

#ascendantbeauf
#vendredilecture
#chat
#catsofmastodon

Rester beauf avec Rose Lamy

L'essayiste Rose Lamy publie "Ascendant beauf" aux éditions du Seuil.

France Culture
J’ai lu le nouvel essai de Rose Lamy qui vent de paraître il y a peu aux éditions du Seuil et qui s’intitule Ascendant beauf. L’autrice s’intéresse cette fois au mépris envers les classes populaires dans un ouvrage qui mêle l’intime et le politique et invite à réinviter la lutte des classes au sein de nos luttes quotidiennes. J’ai trouvé ça très réussi et je vous en parle plus en détails sur le blog : https://yuyine.be/node/1319

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Ascendant beauf

PubliĂ© en avril aux Ă©ditions du Seuil, Ascendant beauf est le nouvel essai de Rose Lamy, autrice du compte (et du livre) PrĂ©parez-vous pour la bagarre. Dans ce troisième ouvrage, Rose Lamy s’intĂ©resse au qualificatif de beauf pour explorer la question du mĂ©pris de classe. Et voici ce que j’en ai pensé… Extrait: « Je m’étonne d’avoir, sans maĂ®triser leur sens et leur portĂ©e employĂ© ces mots qui dĂ©valorisent et assignent de manière nĂ©gative. Ces mots qui m’apparaissent pour ce qu’ils sont: des outils de domination.» Rose Lamy est partie d’un constat : ses goĂ»ts, notamment musicaux, sa manière d’être, ainsi que son origine, la classent probablement du cĂ´tĂ© des beaufs. Ă€ partir de lĂ , en regardant son histoire personnelle, elle constate le mĂ©pris constant exercĂ© envers ces classes populaires qui n’aiment pas ce qu’il faut, qui sont souvent qualifiĂ©es de vulgaires, de sous-Ă©duquĂ©es, ou encore de rustres. Elle tisse alors, un essai tout autant intime que politique, dĂ©montrant avec brio combien ces classes populaires mĂ©prisĂ©es n’ont jamais la parole dans le dĂ©bat public. De lĂ , elle dĂ©voile Ă©galement la trahison qui s’exerce par les partis de Gauche, historiquement pourtant du cĂ´tĂ© de cette partie de la population, et de la rĂ©cupĂ©ration qui en est faĂ®te par l’extrĂŞme-droite. Entre deux morceaux de Cabrel et de Joe Dassin, Rose Lamy invite Ă  revoir nos biais Ă  leur Ă©gard, Ă  les inclure de nouveau et en urgence, dans le dĂ©bat politique, Ă  leur laisser la parole et le droit de s’exprimer. Bref, Ă  arrĂŞter de les considĂ©rer uniquement sous le prisme du regard des classes dominantes bourgeoises. Extrait: « Les beaufs ne sont ni des ĂŞtres infĂ©rieurs Ă  diaboliser et Ă  Ă©craser, ni des figures moralement ou culturellement supĂ©rieures, supposĂ©es plus vraies ou authentiques que les classes dominantes. Ils mĂ©ritent d’être traitĂ©s comme n’importe quels autres individus, sans survalorisation ni mĂ©pris.» Parfaitement accessible mais bien sourcĂ© et pertinent, Ascendant beauf propose ainsi de dĂ©placer notre point de vue pour stopper cette tendance mĂ©prisante dont nous n’avons mĂŞme plus conscience, de la mĂŞme manière qu’on tente de rĂ©frĂ©ner nos biais racistes et sexistes. C’est d’ailleurs une invitation logique Ă  l’intersectionnalitĂ© des luttes dont devraient pleinement s’emparer les partis de Gauche. L’autrice Ă©voque d’ailleurs de nombreux sujets et domaines dans cet essai. Elle nous parle en effet de reprĂ©sentation culturelle, de dĂ©sertification mĂ©dicale et sociale, de travail aliĂ©nant, de relations de couple ou encore de la mort prĂ©maturĂ©e, autant de sujets qui mĂ©ritent d’être réétudiĂ©s sur la scène politique depuis le point de vue des mĂ©prisĂ©s. Le tout sous la plume très agrĂ©able de Rose Lamy qui arrive merveilleusement bien allier le lĂ©ger et le grave, l’intime et le sociologique, la chanson populaire et l’émotion. Petit bonus qui ne gâche Ă©videmment en rien mon plaisir : un peu de piques bien senties et de punchlines satisfaisantes. Je regrette peut-ĂŞtre que le sujet soit gloablement si brièvement traitĂ© mais Ascendant beauf permet dĂ©jĂ  de prendre en considĂ©ration l’état de fait du mĂ©pris de classe et invite Ă  poursuivre la rĂ©flexion au-delĂ  de ses pages, dans la sphère du politique comme de l’intime. Extrait: « Quand j’aurai besoin de dĂ©signer un homme mĂ©prisable, bĂŞte et de moralitĂ© douteuse, je dirai qu’il est un macroniste.» En bref, Rose Lamy signe encore une fois un très bon essai en s’intĂ©ressant, cette fois, Ă  la question du mĂ©pris de classe. Elle mĂŞle formidablement bien l’intime et le politique dans cette invitation Ă  s’intĂ©resser au point de vue des classes populaires et Ă  repenser plus globalement l’intersectionnalitĂ© de nos luttes. L’essai se lit sans peine et invite Ă  prolonger la rĂ©flexion au-delĂ  de ses pages. RĂ©sumĂ©: « Comment se sent-on lorsque les chansons qu’on aime, les films qui nous font rĂŞver, les artistes qu’on admire sont jugĂ©s et moquĂ©s ? Qu’éprouve-t-on lorsqu’on rĂ©alise que ce mĂ©pris est la face visible d’un continuum de domination bien plus grand ? Revenant sur son histoire, Rose Lamy raconte le coĂ»t d’une existence dĂ©terminĂ©e par la classe sociale. La mort prĂ©maturĂ©e, les emplois aliĂ©nants, les dĂ©serts sociaux et mĂ©dicaux… Elle montre tout ce que la figure du beauf et ses avatars permettent d’invisibiliser. Avec Ascendant beauf, Rose Lamy tisse un rĂ©cit de la domination culturelle, mais cĂ´tĂ© dominĂ©e. Films, Ă©missions de tĂ©lĂ©vision, livres, souvenirs, elle interroge les formes et les fonctions de ce mĂ©pris, portĂ© aussi parfois par le camp politique historique des classes populaires : la gauche. Un essai puissant pour se libĂ©rer de cette domination et cesser de (se) trahir.» (Couverture : conception graphique Éric Deleporte d’après © pialhovik/Getty Images)    

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