Charon scande, Dionysos rame, la barque avance. Le Chœur des grenouilles du Styx entre en scène et chante, d’abord doucement, puis de plus en plus fort.
LES GRENOUILLES.
Brékékékex, coax, coax !
Brékékékex, coax, coax !
Humides filles des fontaines,
Vocoaxcoacalisons
–flûtis suave et harmonieux –
les clameurs de notre cantique,
que dans le quartier du marais,
au moment de la fête des Marmites sacrées,
nous modulons pour faire honneur
à Dionysos, dieu nysiaque,
quand, ivrognante et festivante,
vient déferler sur notre fief la foule humaine !
Brékékékex, coax, coax !
DIONYSOS. Et moi, je commence à avoir mal au cul, coax coax !
LES GRENOUILLES. Brékékékex, coax, coax !
DIONYSOS. Mais vous, bien sûr, ça vous laisse froides !
LES GRENOUILLES. Brékékékex, coax, coax !
DIONYSOS. Crevez-en donc, sacrées pécores, de vos coax ! Coax, coax, connaissez qu’ça !
Aristophane, "Les Grenouilles", traduction Victor-Henry Debidour (1965)
#theatre #humour #politique #grenouilles #frog #GrèceAntique #Aristophane #mythologieGrecque
Tracklist: Disc 1: 1. Πρόλογος (Αν Κανείς Σας Ω Θεατές Μας); Πέταγμα Πουλιών; Η Αηδόνα 2....
"Aristophane l’intrépide."
Il y a quelque deux mille cinq cents ans, sous ce même ciel qui aujourd’hui voit son pays vendu à la découpe, un poète grec truculent et irrévérencieux attendait anxieusement de découvrir l’accueil réservé à ses « Oiseaux » : Aristophane, né dans un siècle à la fois brillant et belliqueux.
Il y a quelque deux mille cinq cents ans, sous ce même ciel qui aujourd’hui voit son pays vendu à la découpe, un poète grec truculent et irrévérencieux attendait anxieusement de découvrir l’accueil réservé à ses « Oiseaux » : Aristophane, né dans un siècle à la fois brillant et belliqueux.