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ARTICLE DE LA RELEVE ET LA PESTE
Espagne : la taxe sur les superprofits a financé l’une des politiques sociales les plus ambitieuses d’Europe
En 2022, le gouvernement de Pedro Sánchez a fait un choix que la plupart des pays européens ont refusé : taxer les banques et les énergéticiens qui engrangeaient des profits records en pleine crise. Quatre ans plus tard, les résultats sont là. Plusieurs milliards d'euros ont été collectés.
En parallèle, l'Espagne a déployé un arsenal de mesures sociales et écologiques parmi les plus protecteurs du continent.
Un décryptage de Julien Laurenceau.
Quand l’inflation dépassait 10 % en 2022 et que les factures d’énergie explosaient, deux types de réponses ont émergé en Europe.
D’un côté, des gouvernements qui ont choisi de subventionner les ménages en creusant leur déficit. De l’autre, l’Espagne, qui a décidé de faire payer ceux qui profitaient de la crise pour financer ceux qui la subissaient.
Une logique de redistribution assumée, portée par la ministre des Finances María Jesús Montero avec une formule restée célèbre : « Il est maintenant temps de se serrer les coudes. »
6 milliards récupérés sur les superprofits
La loi 38/2022 a créé deux prélèvements exceptionnels. Le premier vise les entreprises énergétiques, avec une taxe de 1,2 % sur leur chiffre d’affaires. Le second cible les banques, avec un prélèvement de 4,8 % sur leurs revenus nets. Ces taux peuvent sembler modestes, mais appliqués à des secteurs qui affichaient des bénéfices records, ils ont produit des recettes substantielles.
Pendant que ces recettes entraient dans les caisses de l’État, le gouvernement Sánchez déployait un ensemble de mesures sociales d’une ampleur inédite. Le contraste avec d’autres pays européens, notamment la France, est saisissant.
La TVA sur les produits alimentaires de base a été supprimée. Pain, lait, œufs, fruits et légumes sont passés à un taux de 0 %. Les pâtes et l’huile ont vu leur taux réduit à 5 %. Ces mesures, prolongées à plusieurs reprises, ont contribué à contenir l’inflation alimentaire qui frappait durement les ménages modestes. Les transports publics ont bénéficié d’un soutien massif. Les abonnements aux trains de banlieue et régionaux ont été rendus gratuits pendant plusieurs mois. Les communautés autonomes ont été incitées à réduire le prix des transports urbains, avec un cofinancement de l’État central.
Le caractère temporaire de ces taxes pose également question. Conçues pour deux ans, elles ont été prolongées mais restent juridiquement exceptionnelles. Les entreprises concernées ont engagé des recours judiciaires, même si celui de Repsol a déjà été rejeté. Malgré ces limites, l’expérience espagnole démontre qu’une autre politique est possible.
Là où d’autres gouvernements ont refusé de taxer les superprofits au nom de la compétitivité, l’Espagne a fait un choix différent. Les recettes ont été collectées. Les politiques sociales ont été déployées.
Les effets sont mesurables : un chômage au plus bas depuis 2008, un salaire minimum en hausse de 61 %, une inflation mieux contenue qu’ailleurs. Affirmer que les taxes sur les superprofits ont directement causé ces résultats serait excessif. Affirmer qu’elles n’y ont pas contribué le serait tout autant.
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