A Markowicz's world premiere with Jakowicz, Beethoven, Moniuszko & Puccini from Warsaw - Schedule // - www.worldconcerthall.com

Jakub Jakowicz, violin, and the Polish Radio Orchestra in Warsaw conducted by Michal Klauza play: Marcin MARKOWICZ: Violin Concerto, world premiere. BEETHOVEN: Symphony No. 1 in C major, Op. 21, excerpt. MONIUSZKO: 'Highlander Dances' from the opera ...

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Mais, dites, les ruines de l’Ukraine, c’est Zélensky qui les a provoquées ? Boutcha et les centaines (oui, les centaines, pas les dizaines, les centaines) d’autres massacres, ils ont été faits par qui ? Et les centres de torture, à travers tous les territoires occupés (là encore, des dizaines sont d’ores et déjà répertoriés), des centres de torture qui sont les répliques, trait pour trait, mais réellement, des centres de torture d’Assad, parce qu’ils ont été conçus par les mêmes personnes, construits par les mêmes personnes, avec les viols, systématiques, des femmes (les récits de ces tortures, il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour les trouver), et l’état, invraisemblable, dans lequel les prisonniers ukrainiens sont rendus aux leurs (ces photos que Zélensky avait commencé à montrer à Trump et Vance, – mais, plus encore, aux journalistes, et donc au monde). Et les dizaines de milliers d’enfants « désukraïnisés », c’est-à-dire rééduqués pour en faire des « patriotes russes » (et cela, tout seul, suffit pour définir le caractère génocidaire de ce qui se passe là-bas), bref, j’y reviens toujours, la doctrine Serguéïvstev, que l’on voit à l’œuvre, point par point : destruction physique des élites, rééducation des populations pour leur faire comprendre qu’ils sont russes et maintien des régions dans un état de ruines dans lequel le seul moyen d’existence possible est « l’aide humanitaire » (la phrase était, je le rappelle (nous en parlons, Jean-Marc Adolphe et moi, depuis que nous avons vu ce texte, début avril 2022 : « il faut qu’ils apprennent à manger dans notre main »). Et donc, ça, est-ce que c’est bonnet blanc et blanc bonnet ?

L’Ukraine est loin d’être un pays parfait, – surtout maintenant, avec la haine nationaliste qui s’est tellement réveillée, avec la guerre et les questions du service militaire, avec la corruption, endémique, soviétique, et j’en passe, mais… il y a un mais : les prisonniers russes, est-ce que, quand ils sont échangés, ils ont l’air de sortir de Buchenwald ? Et, encore, est-ce l’Ukraine qui, en février 2022, a envahi la Russie ?

Sur cela, Jean-Luc Mélenchon ne dit pas un mot. Juste, il n’en parle pas. Il continue de parler de l’équilibre des forces, et d’opposer deux systèmes, la Russie et l’Occident, en termes qui semblent géopolitiques. Ce faisant, il trahit l’essence même de l’engagement socialiste, qui est un humanisme. Non, Poutine et Zelensky, ce n’est pas la même chose. Il ne s’agit pas d’exalter les vertus des démocraties occidentales, il s’agit de tracer une limite, existentielle : dans les démocraties occidentales, si tu n’es pas d’accord avec le système, tu votes contre, tu manifestes contre, tu fais la grève, tu parles. Dans la Russie de Poutine, et dans les territoires occupés, si tu es contre, ou juste soupçonné d’être contre, – et si tu es une femme, tu es violée, systématiquement, jour après jour, tant que tu n’as signé tes aveux selon lesquels tu es une agente de la CIA et des bataillons Azov réunis, tu es détruit, jour après jour, et, pour qui n’est pas arrêté, tu dois vivre dans la peur et le mensonge. Oublier cette différence entre les deux systèmes, c’est, oui, favoriser la politique génocidaire du Kremlin. Passe encore que, cette politique génocidaire, elle soit défendue par Dupont-Aignan, Philippot ou Marine Le Pen (et il y a chez les LR un certain nombre de salopards semblables). Mais que ce soit ça, la ligne d’un mouvement qui se proclame de gauche, c’est inacceptable.

D’autant que, les exactions contre la population civile, LFI les dénonce quand il s’agit de ce qui se passe au Moyen-Orient. – J’ai perdu assez d’amis ici suite à mes chroniques sur la politique d’Israel, que j’ai dénoncée, grâce à un ami lecteur, dans Haaretz, pour ne pas avoir revenir dessus ici. Et, réellement, à la fin de cette chronique, je dis juste que l’attitude de LFI sur Gaza ne peut pas être traitée comme ça, au détour d’un paragraphe – j’en reparlerai, le moment venu. Non, ce que je veux dire pour finir, c’est qu’autant LFI dénonce ce qui se passe à Gaza (que je dénonce aussi, pas dans les mêmes termes), autant LFI se tait sur les exactions en Ukraine. Il y a des centaines de drapeaux palestiniens dans toutes les manifestations menées par LFI (même sur des sujets qui n’ont rien à voir), et pas un seul drapeau ukrainien. Comme si les droits humains, ou les valeurs humaines, n’étaient pas les mêmes dans un cas comme dans l’autre.

Et là encore, force m’est de constater une faillite, intellectuelle, politique et morale, de la France insoumise. Laquelle, dès lors, devrait changer de nom et enlever son « in ». Cette France insoumise-là est tout à fait soumise : à Poutine. Et cela, – je ne vois pas d’autre mot, – oui, c’est tragique.

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#Ukraine #Markowicz #Melenchon

Le deuxième point découle du premier. JLM, dénonçant les marchands de guerre, les belliqueux de toute sorte, en appelle à la paix maintenant, et au respect des traités internationaux. Ces deux points sont liés chez lui, et là est la faillite politique, –tragique. Si nous considérons qu’il faut respecter les traités internationaux (aujourd’hui mis à mal par Trump), force est de reconnaître que, ces traités, ce n’est pas l’OTAN, et ce n’est pas l’Ukraine qui les a violés. Alors que les traités de 1991 ont délimité les frontières de l’Ukraine – à l’époque acceptées sans réserve par la Fédération de Russie, – ils ont été violés constamment, par la Russie poutinienne : d’abord en 2008 en Géorgie (avec l’assentiment du monde, et, en premier pour l’Europe, celui de Sarkozy), puis, dès lors que l’agression contre la Géorgie passait comme une lettre à la poste, contre l’Ukraine – avec l’annexion de la Crimée (alors que les partis annexionnistes en Crimée avaient, aux élections précédentes, fait quelque chose comme 2% des voix), puis, dans une guerre active contre les provinces de l’Est de l’Ukraine. Nous savons aujourd’hui, il n’y a plus à y revenir, que la tactique dans les deux cas a été la même : ce sont des activistes (et, le fait est, là encore, avéré, des membres des mafias locales) qui se sont emparés du pouvoir avec l’aide active, concrète, immédiate de membres du FSB et de différents autres services russes (comme, par exemple, Guirkine – aujourd’hui en prison en Russie pour avoir critiqué la façon dont Poutine menait la guerre). Sauf qu’en Crimée, ça s’est passé sans bain de sang, sans résistance armée, et qu’au Donbass (et à Lougansk), il y a une réaction armée, – et une guerre. Bref, à chaque fois, les traités internationaux, Poutine s’est, pour rester poli, assis dessus. Comment imaginer que, d’un seul coup, arrivé à une position de force aussi indiscutable, il les accepterait ? Et lesquels, d’ailleurs ?… De nouveaux traités qui acteraient la partition de l’Ukraine et accepteraient l’annexion, interdisant au peuple ukrainien, dans l’avenir, par concensus légal, de se tourner ailleurs que vers l’Est – c’est-à-dire des traités qui violeraient des traités et la charte de l’ONU en tant que telle ?

Ce que je veux dire est qu’en appelant à la loi internationale et au respect des traités, JLM, dans les faits, concrètement, accepte le fait qu’ils n’existent que pour être violés. Cela, encore une fois, ce n’est pas seulement une faute, c’est tragique, parce que cela prive de son essence même le combat de la gauche qu’il porte. Si la loi est ineffective – si sa violation n’entraîne aucune conséquence – , alors, de fait, n’existe que le monde de Trump, – la loi du deal entre le fort et le faible.

C’est là que nous touchons, pour moi, à l’essentiel. – Dans plein de commentaires, dans plein de lettres que je reçois (j’en reçois, pour chaque chronique, un certain nombre pour ne pas dire un nombre certain, de gens que je ne connais pas pour la plupart du temps), et chez certains de mes amis (parce que j’ai des amis chez les partisans LFI, souvenirs d’autres combats), c’est qu’en fait, ils ne sont ni pour Zelensky ni pour Poutine, ni, surtout (le nom revient à chaque fois ou presque) pour Macron. Pour eux, les deux, Zelensky et Poutine, c’est blanc bonnet et bonnet blanc – et combien se précipitent pour diffuser les fake-news, russes, sur Zelensky, sa danse du ventre, ses achats immobiliers en Floride ou je ne sais plus où, bref, toutes ces saloperies montées par les trolls poutiniens et qui inondent la planète.

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#Ukraine #Markowicz #Melenchon

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a commencé le 24 février 2022. Mais vous vous souvenez peut-être du discours de Poutine, trois jours avant. Un discours insupportable ! L’invasion ne faisait alors plus guère de doute. Mélenchon a très vite réagi au discours de Poutine sur son blog, et ce qu’il dit aujourd’hui, c’est ce qu’il disait déjà (tout ça, c’est la faute de l’Otan, etc.). C’est après ce billet de blog que j’ai annoncé que je ne voterai jamais pour JLM à une présidentielle. Mélenchon n’a pas changé, et il ne changera jamais. Voici ce qu’en dit André Markowicz.

Melenchon et l’Ukraine : trois points et puis un quatrième par André Markowicz sur son Facebook

J’avais dit dans ma dernière chronique que, depuis que Poutine s’était emparé de la Maison Blanche, c’était silence-radio de la part des Lfistes. De nombreux lecteurs m’ont écrit pour me faire remarquer que ce n’était pas vrai, et qu’il y avait eu des déclarations. Force m’est de reconnaître que j’ai eu tort, et je le reconnais bien volontiers. De même est-il factuellement faux de dire que LFI ne condamne pas l’invasion de l’Ukraine. Si. Pendant le débat sans vote lié à la situation crée par Trump – l’orateur de la France insoumise (qu’il me pardonne, je ne le connaissais pas du tout et, au moment où j’écris, j’ai oublié son nom – mais ça montre aussi qu’aucun des ténors du groupe parlementaire de la France insoumise n’a estimé utile de prendre la parole sur cette question, pourtant très grave), a répété deux fois l’expression « l’agression de la Russie contre l’Ukraine ». Dont acte. Au moment où j’écrivais, je n’avais pas lu la chronique de Jean-Luc Mélenchon, publiée sur son blog.

Cette chronique me semble essentielle, et, plutôt que d’en citer des extraits, je la mets, tout entière, en premier commentaire pour permettre à mes lecteurs de juger de ce que j’en dirai. Je dis qu’elle me semble essentielle, – au sens où elle résume la position de Jean-Luc Mélenchon sur tout le conflit et sur ses conséquences. Elle me paraît, à dire vrai, tragique, parce qu’elle montre une faillite politique, intellectuelle et morale de celui qui est, factuellement, le leader de la gauche française.

Le premier point du texte de JLM est que finalement, – ce n’est pas dit explicitement, mais c’est dit – cette guerre, c’est une guerre provoquée par l’OTAN, et que Poutine a été comme contraint de se lancer dedans, à cause de la politique agressive des USA aux frontières de la Russie. – Il ne peut pas être question d’accepter l’Ukraine dans l’OTAN, parce que la Russie ne le permettra pas. – Cette position, qui est celle de JLM, n’est pas que la sienne : c’est, à vrai dire, la politique de l’OTAN elle-même, et de tous les leaders mondiaux. Non, la Russie ne peut pas permettre que l’OTAN soit à ses portes. – Pourtant, l’OTAN est aux portes de la Russie depuis un bout de temps, elle a intégré la Pologne (ancienne partie de l’empire russe), les pays baltes, et, aujourd’hui, la Suède et la Finlande (pays traditionnellement neutres) – et je ne parle pas de la Turquie. Mais la faillite intellectuelle de JLM me semble là : si nous partons du principe, fondamental, du droit des peuples à disposer d’eux mêmes, pourquoi la Russie, – un pays voisin – doit-elle dicter son avenir à l’Ukraine ? Acceptons-nous des exceptions à ce principe ? Et au nom de quoi ? Ou faisons-nous nôtres le récit de Moscou selon lequel, en général, l’Ukraine n’est pas un pays ? – Cela, encore une fois, ne concerne pas que LFI, mais force est de reconnaître que LFI adopte, contre ses propres principes, la position de la majorité. Cette position est la suivante : nous adoptons le point de vue de Moscou. (Dire que la guerre est provoquée par l’Ukraine, – ce que dit Trump, – c’est adopter non seulement le point de vue, mais le discours, les mots mêmes de Moscou.)

Si l’Ukraine veut adhérer à l’OTAN, ou, d’une autre façon, à l’UE, c’est son droit le plus strict, parce que les gens qui ont élu les dirigeants actuels de l’Ukraine – dans des élections que personne n’a remises en cause –, ils ont voté pour ça. Autre chose est de comprendre les conditions, économiques, sociales, de ces adhésions. Elles sont très importantes, mais secondaires. Le premier principe devrait être celui du droit des peuples.

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#Ukraine #Markowicz #Melenchon

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Il est clair aujourd’hui que nous avons deux ennemis (évidemment trois – puisque la Chine est toujours en retrait). Deux ennemis : Poutine à l’Est, et Poutine à l’Ouest.

Est-il possible, dès lors, d’éviter une guerre globale ? – Si Poutine parvient à imposer, aujourd’hui, un cessez-le-feu en Ukraine, alors, clairement, non.

Pourquoi ?

Parce que la Russie a fait un effort de guerre absolument inouï et orienté plus de 40% de tout son budget, de toutes ses richesses nationales, vers la guerre, vers la fabrication de matériel de guerre. C’est-à-dire qu’elle ne peut pas s’arrêter. C’est juste que c’est comme une machine lancée sur une pente, – elle ne peut pas ne pas continuer, sans quoi tout s’effondre, parce que le chiffre de 40 % de budget militaire implique une ruine totale de l’économie civile, des infrastructures non liées à la guerre, et que le pays est, objectivement, en ruine. Et ceux qui disent que l’économie russe est florissante sont soit des menteurs soit des imbéciles, parce que, oui, si les chiffres de la croissance sont, de fait, positifs, là encore, cette croissance n’est liée qu’à la seule branche militaire. Si cette branche militaire s’arrête, pour cause de paix, tout s’arrête. – Et donc, il ne peut pas y avoir de paix. C’est trop tard pour qu’il y ait la paix.

D’autant que les propagandistes russes, et les officiels (comme Patrouchev, il y a une petite semaine), tous, répètent, depuis 2022 que l’Ukraine n’est qu’une « étape » (j’en avais fait une chronique dès le mois de mars 2022), et que le but n’est pas du tout l’Ukraine. Le but, énoncé, est simple : il s’agit de rétablir les frontières non pas de l’URSS mais de l’Empire russe (en gros, ce sont les mêmes), et donc, il est absolument évident, indiscutable – et indiscuté – que, si l’Ukraine est vaincue – c’est-à-dire si les démocraties occidentales le sont – les suivants sur la liste seront les pays baltes et la Moldavie, – sachant que la Géorgie est déjà conquise, par des élections frauduleuses, que l’Arménie est réduite à quia, et que le seul salut de l’Azerbaïdjan a été d’être englobé, factuellement, dans la grande Turquie d’Erdogan. Se pose la question des républiques d’Asie Centrale, qui sont sous protectorat chinois.

Les pays frontaliers de la Russie seront conquis militairement. Verrons-nous les chars de Poutine sous l’Arc-de-Triomphe ? Ça paraît peu probable. Non, il s’agira d’un effondrement politique, – économique, social, lié au triomphe des populismes, de droite comme de gauche (à propos, quel silence que celui de ces belles âmes LFIstes qui insultaient Zélensky au prétexte qu’il était un agent américain et que la Russie luttait contre les USA, qui opposaient, honteusement, Navalny à Assange, etc. etc… d’un seul coup, silence radio, ils ont comme disparu, pas un mot, maintenant que, Poutine et les USA, c’est la même chose). Et il y a assez de populistes, dans toute l’Europe occidentale, qui sont prêts à jouer les Doriot.

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#Ukraine #Markowicz

Séries américaines par André Markowicz sur son Facebook

Ce qui me revient à l’esprit, c’est un feuilleton de science-fiction que j’avais vu je ne sais plus quand, – l’histoire d’une société humaine (je veux dire américaine, puisque le monde entier, pour les USA de la télé, et sans doute pas que pour la télé, a toujours été américain) qui est dirigée par des aliens et un groupe de collaborateurs humains, qui trouvent leur bénéfice à exercer un pouvoir de pacotille. – Que Trump est un « asset » , un agent, payé ou non, par Poutine, maintenant, je pense que c’est absolument clair, et qu’il n’existe pas, c’est aussi absolument clair, – je veux dire qu’il n’existe pas comme existence autonome, il est totalement, entièrement, la voix de son maître. Et c’est à ça que nous avons assisté, à la prise de pouvoir sur les USA par la Russie de Poutine, par les services de Poutine – sans coup férir, sans verser une goutte de sang russe sur le sol américain, les USA, ou plutôt sur tous les services vitaux de l’Etat fédéral, et, tout de suite, à l’effacement des traces de cette prise de pouvoir, puisque la première décision de l’attorney general, de la ministre de la Justice, nommée par Trump, a été de supprimer toutes les commissions liées, d’une façon ou d’une autre, au contrôle sur les influences étrangères aux USA, – oui, ça, c’était, si je comprends bien, sa première décision, le jour même de sa prise de fonction (j’allais dire de « pouvoir »). Oui, vraiment comme un feuilleton de science-fiction.

J’ai été sidéré, évidemment, par la scène dans le Bureau Ovale, mais ce qui m’a sidéré le plus, ce n’est pas l’attitude de Trump et de Vance avec Zélensky, non – ce sont les insultes lancées par les deux accolytes contre Biden et Obama, le traitant de « stupide », et, dans le ton, je n’ai pas entendu le mot, mais c’était clair que ça voulait dire ça, de connard. Je n’avais jamais entendu un président en fonction, devant la presse nationale et internationale, et en présence d’un chef d’Etat étranger, traiter son prédécesseur (qu’il pouvait haïr en privé, ça, c’est plus que fréquent) de crétin. Parce que la question n’est pas celle de la personne, mais de la fonction, et celle de l’État. Ce que disait cette haine ouverte, cette rage, écumante, contre Biden et Obama, est justement que, d’État, pour eux, il n’y en a pas. Il n’y en a plus, et que nous avions affaire à une scène de mafia, de rite d’aboubement, d’humiliation par lequel doivent passer tous ceux qui ont droit à une chaise sur le côté, – et il y a des chefs qui se sont fait insulter, et d’autres qui, d’une façon ou d’une autre, ont résisté. N’ont pas résisté, ou ont résisté le moins, ceux qui sont des hommes du sérail, des diplomates véritables, des hommes politiques, – et Macron a essayé de réagir, bien ou mal, peu importe en l’occurrence, mais il n’a pas laissé Trump dire tout ce qu’il voulait. Zélensky n’a rien laissé dire du tout. Il a cassé le rituel, en direct.

Bien sûr, il était en infériorité, – de toutes les façons, et aussi pour son anglais, mais, justement, c’est cette faiblesse, et cette fermeté, dans des circonstances pendant lesquelles, ce qui se jouait, c’était la vie de l’Ukraine (et sa vie même), – ce qu’il a montré, me semble-t-il, était une force et, je le dis, un héroïsme qui, oui, ont fait exploser Vance (Trump étant, par nature, hors jeu – Trump, encore une fois, n’existe pas, il est juste là pour être une baudruche des autres, les seuls qui comptent étant Musk et Vance), parce qu’il ne montrait pas de « reconnaissance » pour la puissance qui l’abandonnait et, en plus, le rançonnait pour prix de son abandon. Il ne venait pas baiser la main du « boss ». Ce qui a disparu, en l’espace de ces quelques minutes qu’a duré la réception dans le Bureau ovale, c’est l’État des USA. Pas seulement le sens de l’État. Non, l’appareil de l’État. Ce que Poutine a fait jouer à ses marionnettes, c’est la disparition, dans la haine et le ridicule, de la puissance américaine.

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#Ukraine #Markowicz

L’essentiel est de faire disparaître l’État régulateur, – l’État national, mais aussi l’État international (les lois communes). De les faire disparaître au nom de soi-disant identités originelles, avec, en perspective, et là aussi, maintenant, devant nos yeux, la chasse à l’étranger, d’abord celui de l’extérieur, puis, plus profondément encore, celui de l’intérieur, – celui-là même dont Vance dans son discours de Munich disait qu’il était l’ennemi principal, beaucoup plus que pouvait l’être la Russie.

Là est la revanche véritable. Pas celle de l’Empire russe contre son effondrement de 1917, pas celle de l’URSS contre 1989. Non, la revanche de l’Empire – russe ou pas russe – contre toute idée de démocratie. La revanche véritable, – celle qui explique les saluts fascistes, – c’est celle de 1945.

Le but est d’instaurer, dans l’ensemble des pays du monde, un seul régime, – celui qui fleurit en Chine. Celui de cette dictature particulière qu’est la dictature numérique.

La dictature, d’abord. D’ores et déjà, on voit les livres retirés des bibliothèques aux USA, selon les mêmes critères qu’ils l’ont été dans la Russie poutinienne (et, hélas, avec des critères différents, mais, au fond, identiques, dans les bibliothèques de l’Ukraine) : tout ce qui ne correspond au nouveau « récit identitaire » est supprimé, appelé « woke » ou « gauchiste », et, dans les deux pays, aux USA et en Russie, les ennemis « contre-nature » sont désignés et livrés à la foule, les homosexuels et, surtout, les trans.

Aujourd’hui, la dictature est numérique, parce que tout est numérique, et que tout se fait « en ligne ». La Chine est le modèle – de la terreur physique et de la surveillance par les ordinateurs.

Et j’ajoute autre chose. –

Ce qui me fait peur dans ce qui s’avance, c’est Musk. Et pas seulement Musk en tant que dictateur. Non, Musk en tant qu’ingénieur d’une « nouvelle » humanité. Ce qui me fait peur, c’est le chemin ouvert vers une nouvelle phase de guerre totale, parce qu’il est faux de croire que Musk nie, comme Trump, le réchauffement climatique ou, plus largement, les dangers qui menacent l’humanité dans son ensemble. Ce que je me demande, c’est de savoir si Musk ne considère pas, pour la survie de l’humanité, qu’il ne serait pas plus profitable que se concentrer sur la survie et le développement interplanétaire d’une élite, après avoir purgé la planète de ses miasmes, – de la plus grande partie de la population terrestre. L’impression que j’ai est que, dans la tête d’un homme pareil (totalement, cliniquement, dénué d’empathie pour ce qui n’est pas sa propre chair – et encore…), l’idée d’une nouvelle guerre, comme d’un nouveau déluge, ne pourrait pas être en train de se mettre en place. Et si, en dehors du fait d’être un nouvel Hitler (qui voulait, lui aussi, refonder l’humanité), il ne se verrait pas, lui, comme un nouveau Noé.

Me revient, au moment de publier, une blague juive bien connue sur Moïshe et le Déluge :

Il fait un rêve, Moïshe. C’est Dieu qui lui parle, et il lui dit, écoute, Moïshe, moi, l’humanité, j’en ai re-marre, je vais faire un nouveau déluge, mais, toi, bon, tu m’as toujours plu, alors je vais te sauver. Et, tout de suite, il y a une tempête pas possible, ça souffle de partout, ça emporte toutes les voitures dans la rue (oui, c’est maintenant que ça se passe), tout, et quand il entend l’ordre d’évacuation, lui, il ne part pas, parce que, n’est-ce pas « Dieu il m’a parlé, moi, je serai sauvé ». Bon, et il se retrouve chez lui, au premier étage, et l’eau qui monte toujours. Et il y a un canot pneumatique de pompiers qui arrive et qui essaie de le sauver, et non, il ne part pas, parce que « Dieu, n’est-ce pas, Dieu, il m’a parlé, je saurai sauvé ». Et l’eau monte toujours, et il se retrouve sur le toit, et il y a un hélicoptère qui arrive, et non, sans parler du fait que ’idée de monter comme ça, sur une corde… bref, non « Dieu il m’a parlé, je serai sauvé », et, hop, l’hélicoptère repart et, lui, il disparaît sous l’eau. Et il se retrouve devant Dieu. Et Moïshe, il proteste, il est indigné. Comment ça, il lui dit, tu m’as dit que tu me sauverais, et vlan, tu me noies ? Et Dieu lui répond : « C’est en chinois que je t’ai parlé ? ».

Si ça se trouve, nous en sommes juste aux nuages avant les inondations… et tout ce qui se passe, c’est du chinois.

2/2 #Markowicz

Le Déluge, André Markowicz sur FB

Ce qui se passe sous nos yeux, toujours à la même vitesse, est, évidemment, d’un ordre civilisationnel. De l’ordre du déluge.

Nous sommes témoins, en l’espace de juste un mois, de la disparition, là, sous nos yeux, concrètement, du pays du monde que l’on pensait le plus puissant, les USA : les USA n’existent plus. Ils ne sont plus qu’une sous-marque de la Russie, de la même façon que Trump n’existe pas, parce qu’il est un porte-parole, – j’allais dire un porte-flingue – du Kremlin, de Poutine, au point que toutes les revendications de Poutine, toutes, sans exception, à l’égard de l’Ukraine sont devenues aujourd’hui celles des USA. – Elles le sont devenues comme par un coup de baguette magique, sans contre-pouvoir aucun, avec l’appui du parti républicain, et donc du corps législatif. Comme en 1933, il y a coup d’État intérieur, et, comme en 1933, le processus qui a amené à ce coup d’État est, au moins extérieurement, démocratique : Trump a vraiment remporté la majorité des voix qui se sont exprimées.

Pour l’Ukraine, les choses sont simples : la guerre lancée par Poutine avait deux buts simultanés. D’une part, empêcher le développement d’une démocratie à ses frontières. D’autre part, s’emparer (ou se ré-emparer) des richesses naturelles du pays. Par une inversion poutinienne, reprenant mot pour mot, sans gêne aucune, le discours du Kremlin, Trump accuse Zelensky d’être un dictateur parce qu’il n’y a pas eu d’élections présidentielles (impossibles, constitutionnellement, et pratiquement, pendant la guerre). Pour les ressources naturelles, c’était sans doute le deal passé entre les deux équipes : tu me donnes l’Ukraine, je te laisse 50% des ressources naturelles, et, de toute façon, nous faisons des affaires communes, – Musk d’un côté, les Rotenberg (ou qui vous voulez) de l’autre, une joint -venture en quelque sorte.

Mais l’Ukraine n’est qu’une première étape de cette « joint-venture ». Il s’agit pour Poutine de se venger de l’effondrement de l’empire soviétique et du Pacte de Varsovie. Il s’agit, aujourd’hui, en miroir, une génération plus tard, de faire s’effondrer l’OTAN, et c’est un coup de maître : il n’y a pas de retour de la « guerre froide », puisque les deux ennemis supposés se sont unis, dans le discours et l’attitude de l’un et que tout l’appareil de l’État américain, quasiment sans résistance (en tout cas jusqu’à présent) s’est mis au service de l’ennemi héréditaire, de la Russie (ou de l’ancienne URSS). Et ce n’est pas l’URSS que Poutine est en train de reconstruire, mais l’Empire russe, là encore, en miroir : Alexandre II avait vendu l’Alaska, – Poutine a l’air d’avoir acheté Trump avec les ressources de l’Ukraine, mais comme Trump, c’est lui-même, il vend un pays qui n’est pas encore à lui, et en partage les dividendes (et, clairement, ce n’est pas pour « la Russie » qu’il fait ça, mais pour ses propres poches, ou celles de ses amis et de sa famille).

Le deal sur l’Ukraine sert à détruire l’OTAN, qui sera devenu une coquille vide à partir du moment où les USA s’en seront retirés, et auront retiré toutes les troupes qu’ils ont sur le territoire de l’Europe. La défense de l’Europe sera laissée à l’Europe, mais comme l’Europe elle-même a, pendant trois générations, laissé elle-même sa défense entre les mains des USA, eh bien, il n’y a quasiment pas de défense en Europe (à part, me dit-on, l’armée française). Bref, face à Poutine, il n’y a que la bombe atomique de la France. Et il ne s’agira pas de ça.

Ce qui va disparaître, ce n’est pas que l’OTAN. J’entends que des députés américains veulent déposer une demande officielle pour que les USA quittent non seulement toutes les organisations internationales (ça, c’est en train de se faire), mais aussi l’ONU en général, au prétexte que les USA en sont le financeur principal et que c’est devenu un repaire de marxistes, ou de wokistes, ou de ne je sais pas quoi, mais un repaire.

Le principe du blitz, appliqué par Trump et Musk, implique une escalade rapide, et je ne vois pas comment les institutions internationales nées de 1945 pourraient rester indemnes. L’idée sera toujours la même : le but est de remplacer le contrat collectif par un contrat de gré à gré. Toutes les lois internationales générales seront, de fait, caduques. Il n’y aura plus que des rapports de force bruts (ne me dites pas que c’était déjà le cas : oui, évidemment, sauf que ce qui vient frapper à notre porte – et je l’entends qui frappe – c’est encore d’une autre ampleur).

1/2 #Markowicz

André Markowicz

Le Déluge Ce qui se passe sous nos yeux, toujours à la même vitesse, est, évidemment, d’un ordre civilisationnel. De l’ordre du déluge. Nous sommes témoins, en l’espace de juste un mois, de la...