https://youtu.be/wrUPCqqaEo8?si=tTyGDVrQIjS5AqNV

Outre le fait qu’elle était une excellente actrice, ce que je retiens de Nathalie Baye, c’est qu’elle était discrète… Si discrète que peu savaient qu’elle était malade…
Cette semaine, je reverrai : « Une Étrange Affaire », « La Balance », et certainement « Vénus Beauté »…
Merci Nathalie !

#nathaliebaye #philippeleotard #labalance

Philippe Léotard - La Balance (1982) ♥♥♥

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🎬 La balance [The Informer] (1982)

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🎞 IMDb https://www.imdb.com/title/tt0083611/

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#LaBalance #Crime #Thriller #FilmNoir #BobSwaim #FrenchCinema #ClassicCinema #PoliceDrama

---=== La Balance - Épilogue ===---

Je suis gros.
Je ne suis pas un poids.

Je suis gros.
Je ne suis pas « lourd ».

Je suis gros.
Ça fait partie de ma personnalité.

Rond, girond, dodu : oui, c’est gentil, mais je préfère « gros », parce qu’il n’y a rien de mieux que le vrai mot. Qui ne devrait pas être une insulte. « Gros » n’est pas le contraire de « petit ».

Je ne suis pas un gros porc bien gras. Ni un gros fainéant. Ni un gros bourgeois.

Quand vous utilisez ces expressions pour qualifier quelqu’un, c’est vous qui êtes lourds.

Quand vous dites ou écrivez ça, vous alimentez la phobie des gros : non seulement vous me manquez de respect quand bien même je ne vous ai rien fait, mais aussi, vous me déniez le simple fait d’être qui je suis en me chosifiant.

Et s’il vous plaît : ne me servez pas l’argument « mais on peut plus rien dire »…

Vous n’imaginez pas les dégâts que vous causez, dès l’enfance. A des filles comme à des garçons ; plus tard, à des femmes comme à des hommes.

Vous alimentez (c’est drôle, hein ?) un énième refus d’une différence ; une différence immédiatement visible : on ne peut pas cacher qu’on est gros. Pourtant, même si ça ne nous empêche en rien dans notre vie personnelle, on est réduits à ça, on est empêchés par vous, dans notre vie professionnelle et sociale. On se permet tout, face à nous.

Alors arrêtez avec l’argument de « l’imaginaire populaire du gros bourgeois » : on n’est plus au XIXème siècle. On est en 2024. Le « bourgeois », aujourd’hui, il est mince ! Parce que dans sa famille, le gros est fustigé, donc lui-même ne doit pas l’être au risque d’une exclusion par ses pairs, pour des raisons idéologiques ; parce qu’il peut se permettre une alimentation plus saine et un meilleur équilibre de vie, aussi.

S’il y a une épidémie mondiale d’obésité, ce n’est pas uniquement parce que des centaines de millions de personnes ont la flemme de se bouger et préfèrent regarder des séries en bouffant des chips ou du chocolat et en buvant des sodas devant leur écran. Mal bouffer, manger des pâtes et des patates à longueur de temps, c’est bien moins cher que bien bouffer. Boire, pareil : au Mexique, le Coca est moins cher que l’eau ; en France, au bistro, la bière est moins chère que l’eau minérale !

Et certaines personnes peuvent se permettre de s’empiffrer de trucs pas sains à longueur de temps sans prendre un gramme ; pour d’autres, ça aura l’effet inverse.

Je ne dis pas que ça n’existe pas. Mais j’affirme qu’on ne se complaît pas là-dedans. Personne. Juste, on n’a pas tous le même métabolisme. Les mêmes maladies. Les mêmes traitements médicaux.

Quand on est gros, l’accès à l’emploi est aussi plus difficile et on n’a pas forcément le même poste qu’un candidat mince.

C’est politique et idéologique, aussi : le gros va à l’encontre de toute une conception dont les principes cardinaux sont le Travail, l’Effort, le Dépassement de soi, et par-dessus tout : la Compétition. La Concurrence. Le gros, par son apparence, s’en démontrerait incapable.

Pourtant, l’expérience montre qu’on ne réussit jamais aussi bien qu’en coopérant, avec nos différences, car celles-ci alimentent l’ouverture, la créativité, l’inventivité, l’efficacité.

C’est d’ailleurs cette même conception, cette même idéologie qui promeut le culte du corps et ses canons esthétiques : « mens sana in corpore sano » ; la minceur pour les femmes, les muscles saillants pour les hommes. Et tout ça monte en puissance et revient très fort, cent ans après les temps les plus sombres de l’Humanité.

N’alimentez pas ça, de grâce.

Je suis gros.
Arrêtez d’être lourds.
Or depuis dix ans, vous l’êtes de plus en plus. Et ça ne s’arrête jamais, vous en inventez toujours de meilleures : je ne compte plus les fois où on ne vient pas s’asseoir à côté de moi dans les transports en commun ; ou alors on s’avance, puis on me regarde, puis on se ravise et on reste debout. Pourquoi ? J’ai cherché, j’ai trouvé : « un gros, ça pue ». Une affaire de transpiration dans les plis du corps, sans doute…

Chacun devrait avoir le droit d’exister tel qu’il est. C’est de moins en moins le cas. Les réseaux sociaux n’y sont pas étrangers : on peut y agresser quelqu’un sans filtre et sans risque. Mastodon moins que d’autres, mais quand même. S’il vous plaît : avant d’écrire, demandez-vous : « et si c’était moi » ? Car, oui, gros, si on ne l’est pas, on peut le devenir. Et ça peut aller très vite.

Ensemble, soyons juste meilleurs.

#LaBalance

---=== La Balance - Acte II : 2022 ===---

Bonjour, on ne s’est pas vus depuis un an ; rappelez-moi : quel âge avez-vous ?
- 51 ans, maintenant.
- Veuillez monter sur la balance, que je voie où vous en êtes. Avez-vous bien suivi les préconisations que je vous avais données lors de la dernière consultation ?
- A la lettre.
- Bien. Vous avez, au moins, stabilisé votre poids. L’équipe pluridisciplinaire s’est réunie et a statué sur votre cas.
- Alors ?
- Alors, on a validé le schéma en deux temps qu’on vous avait proposé : d’abord une sleeve, puis une dérivation bilio-pancréatique.
- Ah ? D’accord !
- …Mais il faut que je vous dise… La sleeve que vous allez avoir, c’est une opération qui coûte 10 000 euros. L’Assurance Maladie la prend intégralement en charge, parce que financièrement, c’est plus favorable que les suites médicales que vous risquez si on ne fait rien.
- Heu… C’est-à-dire ?
- C’est-à-dire que si on ne fait rien, vous serez diabétique d’ici cinq ans maximum et vous risquez de faire un AVC, entre autres. Donc vous imaginez les suites… Vous risquez d’être dépendant de traitements à vie, ou bien de devenir dépendant tout court en cas d’AVC dont les conséquences peuvent être dramatiques. On fait donc ça pour votre santé, mais aussi parce que c’est finalement plus économique pour la collectivité !
- …
- Bien. Alors… Douze jours avant l’intervention (pas plus, de toute façon vous ne tiendriez pas…), vous devrez faire un régime sans graisses ni sucres : le matin, 2 laitages natures ; à midi, 100 g de viande ou poisson cuit à l’eau ou à la vapeur et 200 g de légumes, mangés sans matières grasses, et 2 laitages natures ; au goûter, 2 laitages natures ; au dîner, 200 g de crudités ou légumes cuits vapeur ou à l’eau, mangés sans ajout de matières grasses, et 2 laitages natures.
- Ah ?
- Oui. Seules boissons autorisées : eau plate, éventuellement aromatisée ; thé, café, tisane sans sucre ; bouillon de légumes. Bien sûr, vous pouvez utiliser sel, poivre, épices, citron, vinaigre, moutarde pour relever tout ça ! On n’est pas des tortionnaires, quand même !
-…
- Oui, c’est important : ça m’évitera d’utiliser certains instruments comme l’écarteur à foie et donc, ça facilitera les suites de la chirurgie ! C’est « gagnant-gagnant » !
-…
- Je vais réduire la taille de votre estomac à celle d’une canette de soda. Ça, ce sera le premier temps opératoire. Vous devriez perdre environ 40 kilos, mais vous n’aurez que 18 mois pour ça : après, votre estomac recommencera à grossir progressivement. C’est pour ça qu’on vous fera alors le « super by-pass » : la dérivation bilio-pancréatique. Elle vous permettra de perdre encore 40 kilos…
- Alors, justement, j’avais une question…
- Oui ?
- Est-ce que ce n’est pas un peu risqué de « shunter » une grande partie de l’appareil digestif jusqu’au côlon ?
- Effectivement, il y aura malabsorption des aliments, d’où des risques de carences importantes. Vous devrez prendre des vitamines et compléments à vie, avec des bilans sanguins réguliers. Il y aura aussi des désagréments : vous irez aux toilettes plus souvent, vos selles seront liquides, malodorantes… Mais vous ne voulez tout de même pas finir gravement malade, si ?
Mais on n’en est pas là. D’abord, la sleeve. Vous serez opéré avec un robot Da Vinci, vous verrez, c’est épatant ! Et puis je vous rappelle que vous avez été volontaire pour vous engager dans le processus. Vous avez aussi signé un engagement de suivi à vie, c’est en échange de ça que tous les coûts sont pris en charge. Bien. Ma secrétaire vous recontactera pour fixer la date. A bientôt !

#LaBalance

---=== La Balance - Acte I : 1979 ===---

- Alors, mon petit, quel âge as-tu ?
- … hui… huit ans…
- Monte sur la balance.
Ah ! Vous noterez l’obésité gynoïde chez ce jeune patient, qui lui confère un bassin et des cuisses hors norme, regardez bien, on n’en voit pas si souvent.

C’est vraiment à cet instant, alors que le mandarin palpait mes cuisses en s’adressant à un aréopage d’internes dans cette chambre décrépie de l’Hôtel-Dieu, que je ressentis pour la première fois ce que pouvait éprouver un animal de foire.

Il poursuivit, toujours parlant de moi à la troisième personne, comme si je n’étais pas présent dans la pièce :

- L’indication, ici, est un régime hypocalorique, hypoglucidique et hyposodique drastique.

Les internes, tous, opinèrent du sous-chef.
Je n’avais pas la moindre idée de la signification de ces mots en « ique », mais ils m’en inspiraient un autre qu'à mon âge, je connaissais : « panique ».

L’homme, à la stature très fine - était-ce pour montrer un hypothétique résultat futur - et dont la taille me paraissait démesurée, daigna enfin s’adresser à moi :

- Tu veux maigrir, n’est-ce pas, mon petit ?

Comme la réponse ne venait pas, mais comme j’étais hospitalisé dans le service d’endocrinologie et que j’étais donc là précisément pour cela, maigrir, il poursuivit :

- Tu ne veux pas pouvoir jouer comme les autres garçons de ton âge, courir, faire du vélo ?

C’était là, précisément, ce que je faisais depuis toujours ! Certes, j’étais « hors norme », mais jamais cela ne m’avait empêché en quoi que ce soit. Je restai donc figé alors que son regard fixait le mien. Il dut penser que j’étais impressionné, c’était le cas, mais j’étais aussi dubitatif, sentiment non perceptible.

Il asséna alors, pour en finir :

- Tu ne veux pas être en mauvaise santé plus tard, n’est-ce pas ? Tu ne veux tout de même pas vivre comme un malade toute ta vie !

- N… non, monsieur…
- Ah ! Donc tu es d’accord pour faire un régime ?
- Ou… oui, monsieur…
- Bien !
(S’adressant aux internes) Vous voyez, il ne faut pas laisser le patient dans le doute : il n’y a qu’une seule solution, il doit l’admettre ; il l’admet et l’accepte.

Je ne sais comment cet échange si compliqué est resté gravé dans ma mémoire si longtemps après ; sans doute était-il fondateur, et révélateur. De quoi, au juste ? A l’époque, je l’ignorais ; je m’en apercevrais bien assez tôt…

#LaBalance

—= L’Echec =—

Long fil, suite du triptyque #LaBalance.

1er juin 2022.
Le 1er jour du reste de ma vie.
À 51 ans, je vais « avoir une sleeve ».
On ne dit pas « subir », on ne dit pas « je vais être opéré de l’estomac », on dit : « Je vais avoir une sleeve », comme on reçoit un cadeau d’anniversaire.

Il faut dire qu’une chirurgie bariatrique, ça se mérite ! On ne l’obtient pas « comme ça » !
C’est l’issue - voulue heureuse - d’un long parcours…

#LEchec

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——-= La Balance - Épilogue =——

Je suis gros.
Je ne suis pas un poids.

Je suis gros.
Je ne suis pas « lourd ».

Je suis gros.
Ça fait partie de ma personnalité.

Rond, girond, dodu : oui, c’est gentil, mais je préfère « gros », parce qu’il n’y a rien de mieux que le vrai mot. Qui ne devrait pas être une insulte. « Gros » n’est pas le contraire de « petit ».

#LaBalance

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——-= La Balance - 2022 =——-

- Bonjour, on ne s’est pas vus depuis un an ; rappelez-moi : quel âge avez-vous ?
- 51 ans, maintenant.
- Veuillez monter sur la balance, que je voie où vous en êtes. Avez-vous bien suivi les préconisations que je vous avais données lors de la dernière consultation ?
- A la lettre.
- Bien. Vous avez, au moins, stabilisé votre poids. L’équipe pluridisciplinaire s’est réunie et a statué sur votre cas.
- Alors ?

#LaBalance

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