Golem

@mandragorastragale
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À l'aube, une poétesse pour conjurer le crépuscule d'un incertain monde
Médée par Nancy PeñaLe jardin des délices par Jérôme Bosch

maintenant est dans une poche ne s’embarrasse d’aucune exactitude fait des trous dans le temps quand ça lui chante et je chante.

...

mon prénom oublié s’est réfugié sur une chaloupe en pleine mer le naufrage avait eu lieu dans une autre histoire un autre maintenant.

...

l’île était au rendez-vous. il y a toujours une île au rendez-vous pour recueillir les filles perdues les filles aux prénoms perdus.

Juliette Penblanc
#Poésie

Sauve ce peu de vrai
qui reste.

Demande
— sans voix —
avec les os
et avec les fleurs
d’être habitée.

Te voilà réconciliée
miséricorde primordiale
au passage fatal
du résidu.

Te voilà pour instruire
l’abeille
qui te regonfle.

Je te regarde mais
je ne te sauve pas.

Par la fenêtre
tu me rends
à un destin
de pauvres créatures.

Maria Bochicchio
#Poésie

METTRE DE L’UNIVERS
DANS LES RACES PRESBYTÈRE
S’APPUYER SUR L’ORÉE D’UN GRAND FLEUVE
POUR CHANGER NOS PETITES PÉTASSES
EN UN DAIM ARGENTÉ
RENDRE INÉVITABLEMENT
LES MASSES ÉCLAIRES
PLUS SORDIDES QUE LES VIVANTS

...

AVEUGLE ET NU

JE VOYAGE SILENCIEUSEMENT
DANS LA ROBE DU VIVANT
MATRAQUÉ D’UNE SOIE INCONFORT
DE LA MILICE DÉSARGENTÉE
DANS UNE RÉPUBLIQUE DE PITIÉ

LES VILLAS TRÉBUCHENT
DES FRACTIONS DE MA ROUTE
MALAXÉE AU POSSIBLE

LE SEIN VIDE
LE CŒUR À MOITIÉ DÉVALISÉ

Margot Bogaerts
#Poésie

Je cours, de mes rêves dévêtue.

Je cours, cadran solaire, je cours, lune solitaire.

Je cours sillon d’hiver sous les neiges brulées.

Je cours comme on oublie, en regardant ailleurs.

Je cours avec mon corps qui pèse sur mes pieds, la plante de mes pieds pressée sur les cailloux, les cailloux retournés ouvrant la terre en deux, et la terre fendue m’accueillant à l’envers.

J/e bascule.

...

J/e tombe comme on oublie, d’oublis en insomnies.

Isabelle Alentour
#Poésie

J'irai nuit nue
Rompre aux mains rouges
À tes oreilles aveugles
Flamme d'agenouillée
J'armerai ton long calme
Seins ouverts deux consonnes poussées
J'arriverai, dents de fille et lait
Tes épaules doigts de fennec
Je crierai sans couleur

...

Viens chercher ma voix
Viens chercher la voix et après
Le corps

Souviens !
Les os libres
Des siestes nues

...

Manque,
J'enfonce ma langue
Dans ton ombre

Aime-moi même
À la fin
Comme on s'éloigne d'une fête

Milène Tournier
#Poésie

Je ne veux rien
Je ne veux plus rien
Sinon être folle dans un immense jardin
Mieux en forêt plaine chute et galet
M’imprimer d’un mouvement constant
N’être accrochée à rien rien rien

...

Je veux ma nudité dans un abîme où valser
Mourir l’hiver bourgeonner mon sexe aux grandes chaleurs et à nouveau dépérir
Faner renaître continue

...

Je ne veux plus rien
Plus rien rien rien
Que le sourire
de nous savoir
Envie
Dans la ronde qui grandit
Sous nos pas
Incendies

Laura Lutard
#Poésie #Revuehelas

Pour ta bonté quand tu collais les papiers
j’ai imaginé pour nous la folie
qui ne s’aperçoit jamais de rien
et quand la force se coagule en incendie
le jour fouille et je meurs heureuse.
Plus loin, dans les mots seulement écrits
et les mots donnés, un souffle lève cette douleur
éclatée, cette joie divine du sang
quand il pleut et que nous sommes invisibles, écrasés
l’un sur l’autre et une nuit se finit
ici sur ton passé, sur ce combat
immobile.

...

Giovanna Sicari
#Poésie

Et je cuisine des ronces oubliées
pendant qu’il pique le futur
Dans la souillarde occitane
La carte postale est décédée et les plantes malades me
regardent à l’ombre
Dans le cercueil, des odeurs de faux, de bruits de pas, de
fouillis chaud et humide

On chemine vertical entre les guêpes et les amoureux,
les amoureux et les guêpes, et puis une entaille de trop et
hop
On avoue.
Aveu louable mais seul
Louable mais silencieux

De toute façon la vie, c’est souvent du silence

Hortense Raynal
#Poésie

toi toute seule tu te vis porte à s’ouvrir et se fermer sur quelque chose circule comme un reste de toi de part et d’autres

toi toute seule voit bien nous sommes en dedans-dehors de mondes entiers et d’hommes et de femmes dans le voisinage d’oiseaux aux alentours des penchants et des penchés des pensées

toi toute seule regarde, garde encore, garde et tu penses savoir qu’autre chose s’est passé s’est retiré qui ne se vit pas avec les yeux (...)

Corinne Le Lepvrier
#Poésie

Parce que leurs noms étaient trop larges pour leurs corps d’étrangers
ils se taillèrent des noms de voyage dans le tissu rêche des chemins.

Des noms pliables sous la peau
pour les villes qui fument leurs hauts fourneaux pour oublier les prairies asphaltées.

Sur les cils de la lune il y a de la poussière disent-ils
et ils frappent aux portes des femmes pour retrouver une patrie.

Vénus Khoury-Ghata
#Poésie