les murmurations

@lesmurmurations
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*murmuration /myʁ.my.ʁa.sjɔ̃/ nom féminin
du latin murmurationem, de murmurare “murmurer”.
1. Action de murmurer.
2. (anglicisme) Regroupement important d’oiseaux en vol, nuage d’oiseaux.
3. Maison d’édition dédiée aux livres d’artistes et à leurs écrits, à l’expérimentation littéraire et plastique. Les murmurations croient au livre comme objet sensible, sensuel et collaboratif.
https://editionslesmurmurations.com/
Pour finaliser le sommaire, nous cherchons des technicien·nes des médias :
• ingénieur·e du son
• maquilleureuse
• éclaira­giste
• etc.
L’idée est qu’ielles témoignent de leur travail, et de ses mutations, au sein de médias non indépendants, par le biais d’une contribution écrite de +/- 15 000 signes ou d’un entretien.
Vous pouvez vite nous faire un mail d’ici le 10 juin : [email protected]
Il s’agit d’une contribution rémunérée qui peut se faire anonymement.

"Les dictatures brûlent les livres, les marchés les noient"

L'édition indé, c'est un pari permanent. Mais ce pari se joue dans un marché de + en + concentré, où quelques grands groupes contrôlent l'essentiel de la chaîne : de la fabrication à la distribution et ce jusqu’à la visibilité en vitrine

Le 6 mai, Ground Control invite @EditionsAgone à explorer ces questions avec Jeannot se livre, @assoecologiedulivre , WhoISBN et la librairie Charybde

https://www.groundcontrolparis.com/project/rencontre-editions-agone/

#Livre #MastoLivre

rencontre-éditions-agone - Ground Control

Ground Control
Eux ils ont pas des gueules à lire, ça se voit direct. Eux ils ont des gueules de pas-lisant. En même temps, on les comprend les pas-lisant, pourquoi qu'ils lisent plus, vue la tronche des livres, vue la surface déprimante de l'imprimé, vue la production écrite du jour. Facile à dire, "écrite". Et tout ça génère plutôt du pas-lire qu'autre chose. Le pas-écrit génère du pas-lire et même ce n'est pas tout à fait ça, ça n'est pas du mal-écrire, mais du ressemble-à-tout, à tout ce qui est déjà pareillement écrit, publié, puis pilonné. Alors, forcément, ça soule. Forcément ça travaille pas les pas-lecteurs. Ils ont l'impression qu'un livre quand on l'a lu on les a lu tous pareillement. Tous les livres sont pareillement écrits alors on a maintenant pareillement des pas-lisant en face. Des pas-lisant qui font front contre tout le pas-écrit. Ils se sont refilé le mot, comme on dit ! C'est qu'ils sont loin d'être bêtes les pas-lecteurs. Ils s'en tapent des livres si tous les livres ont été écrits d'une seule et même main. C'est même pas une main, ou alors c'est pas humain. C'est une main de pas-humain qui nous a tous refaits, et surtout la littérature. Déjà le mot! C'est maintenant plutôt litté-sans-ratures ! Seuls les lisants sont rayés. Les lisants c'est comme des gisants, rayés de la chose écrite. Barrés du monde des lettres. Et eux aussi du coup, entre les qui lisent plus, ils se refilent le mot.
Ils sont donc entrés les pas-lisant, avec leurs bébés, chacun le sien. Le jeune type le bébé sur le bide la mère idem. Des faces de vacanciers, des apaisés écolos qui entrent dans le bar communal où on vend des bouquins.
Faudrait écrire sur ceux qui lisent! dit la libraire, pas que des écrivains, mais ceux qui restent encore vaillants, qui vont au rendez-vous des livres debouts. Ceux qui s'imaginent le prochain livre, comme on rêve d'un langage. Un lecteur c'est comme un musicologue, un genre de mélomane mais dont on ignore la pensée. Car la pensée ne vient que du livre qu'ils lisent. La pensée, c'est le livre qui gère tout ça et pas le lectorat. Lui il est bon qu'à lire, alors qu'un bon mélomane des mots, en vrai, c'est quelqu'un qui, s'il manque le bouquin, tout comme un bouquet, il en inventerait le style, le parfum. C'est comme un amoureux qui est pris de désir, prêt à inventer le livre si celui-ci tarde à venir. Et tous les livres tardent à venir pour un vrai lecteur. Tous les livres ont tardé, mais lui le lecteur a su attendre, contrairement à l'écrivain.
C'est encore plus impatient un écrivain, ça veut atteindre le bout du langage, la fin des signes. Le lecteur c'est le signe renouvelé, c'est ça qui le fait poireauter. L'écrivain lui ne poireaute pas: il rate son poireautement. Il le rature par ses écrits. Il comble ou il troue, c'est selon. Il y a ceux qui comblent et qui rebouchent, qui re-tuent le langage par un discours d'écrivant et ceux qui creusent, qui tentent de vider l'absence même.
Le lecteur lui il dit : "chercher en moi l'endroit où je ne mets pas mes sales pattes". Et le livre c'est l'endroit sans ses sales pattes.
Tandis que l'écrivain ne cherche que ça, l'endroit où il a mis ses sales pattes, et pas que les siennes! Surtout celles des autres que les siennes même. L'endroit où tous ils ont mis leurs sales pattes! Ou plutôt leur langage. L'écrivain cherche le langage de tout autre. Il cherche à reconstituer le rêve d'un langage pur. Mais tout en y foutant ses sales pattes.

🖊️ Chèr·es auteur·ices,

À vous qui quittez aujourd’hui Grasset avec bruit et fracas.

👉A lire sur @lundimat1 : https://lundi.am/Cher-es-auteur-ices

En octobre, nous publiions « Chèr·e Auteur·ice », une lettre qui encourageait les auteur·ices à déserter Hachette et donc l’empire Bolloré.

Tout le pataquès autour du limogeage d’Olivier Nora et l’annonce par de nombreux auteurices de leur volonté de quitter Grasset méritait bien une nouvelle missive.

Qui sait, déserter pourrait être un premier pas vers désarmer ?

👉Également sur désarmer bolloré : https://desarmerbollore.net/news/a-vous-qui-quittez-aujourd-hui-grasset-avec-bruit-et-fracas/

📚 Les idées reçues sur l’édition.
🔗 https://actualitte.com/article/130935/humeurs/10-idees-recues-sur-l-edition-qui-sabordent-votre-projet-de-livre

Dix idées fausses circulent chez les auteurs. Elles orientent mal les choix et freinent les parcours éditoriaux.
La filière doit composer avec ces biais.

#Edition #Livre

10 idées reçues sur l’édition qui sabordent votre projet de livre

Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village. 

ActuaLitté.com

Je viens de publier sur la typothèque @byebyebinary un revival post-binaire de Neuland (originellement dessinée par Rudolph Koch et publiée en 1923 par Klingspor).

👉🏻 https://typotheque.byebyebinary.space/fr/fontes/bbb-palissandre

#typedesign #typeface #font #revival #neuland #typography #postbinary #nonbinary #queer #byebyebinary

6/6 Reste désormais à voir où les 130 exilés trouveront refuge: pas trop d’inquiétude à avoir pour Despentes et d’autres têtes de gondole, mais le mercato littéraire va assurément se trouver perturbé et il n’est pas certain que ce soit unebonne chose pour les auteurs et autrices émergents (on a déjà assisté cette année à une baisse nette de la publication de «premiers romans»). Ce pourrait en revanche être une vraie grande nouvelle si certains et certaines des ex-Grasset rejoignaient des éditeurs indépendants, dont l’abnégation est remarquable, qui construisent souvent des catalogues formidables — tant sur le plan des textes qu’ils publient qu’en ce qui concerne la matérialité des objets qu’ils prennent soin de composer — et qui ne bénéficient pas de la visibilité des grandes structures. C’est notamment à une coalition d’éditeurs indépendants qu’on doit l’excellent livre ‘#DéborderBolloré’, qui revient sur la trajectoire et la politique tentaculaire de l’homme d’affaires; il circule depuis plusieurs mois, c’est une lecture éclairante et on peut le trouver en libre téléchargement par ici: https://deborderbollore.fr
Déborder Bolloré

Dans le contexte de la campagne Désarmons Bolloré, et en emboîtant le pas au boycott appelé par les « libraires antifascistes », nous, éditeurices indépendant·es, coéditons collectivement le recueil *Déborder Bolloré* pour prendre part depuis notre secteur à la réflexion générale sur le démantèlement de l’empire Bolloré.

Déborder Bolloré
5/6 J’ai bien conscience de rejouer fréquemment une partition excessivement vertueuse (alors que j’écris moi-même ceci sur un support possédé par un milliardaire tout aussi méprisable), mais nombre de réponses apportées à cette occasion par les auteurs et autrices contactés m’avaient interpellé par leur relativisme, leur facilité à se dédouaner, parfois d’une manière qui me semblait cynique — j’étais moins déçu que conforté dans l’idée que le militantisme peut aussi se révéler une posture «bankable» et qu’il n’est parfois qu’une façade.
Sorj Chalandon, lui, avait répondu ceci, de façon très claire: «Mon patron s’appelle Olivier Nora et non Vincent Bolloré. Mon livre raconte la Gauche prolétarienne [note : il s’agissait de son dernier, ‘Le Livre de Kells’]. Je n’ai eu aucune difficulté à inscrire ce nouveau texte dans le répertoire de Grasset après les onze premiers. En revanche, si du mal était fait à Nora ou à son équipe, j’en tirerais les conséquences.» Dont acte.
4/6 Mais il n’y a évidemment pas que ceux-là chez Grasset, où on trouvait aussi des figures phares situées à l’autre bord sur le plan politique: #VirginieDespentes en tête (qui est dans le catalogue depuis ‘Les Jolies choses’), mais aussi #SorjChalandon ou #DavidDufresne, ce que je ne comprenais pas. Je ne suis pas le seul: il y a quelques mois, #Lundimatin publiait les réponses à une enquête menée par des lecteurs et des lectrices auprès d’une série d’auteurs et autrices qu’ils appréciaient et qui consistait à leur demander, en gros, «qu’est-ce que vous foutez ?» - par ici : https://lundi.am/Cher-e-Auteur-ice -
L’enquête ne concernait pas uniquement les auteurs et autrices Grasset, mais d’autres semblant accepter sans trop de problème le paradoxe consistant à publier des textes censés véhiculer des valeurs progressistes, voire carrément militants, chez des éditeurs appartenant à Bolloré (Fayard, Stock, JC Lattès, Calmann-Levy, etc.).
« Chèr·e Auteur·ice » - Bilan d'étape d'une campagne pour encourager les auteur·ices à déserter Hachette et Bolloré

Bilan d'étape d'une campagne pour encourager les auteur·ices à déserter Hachette et Bolloré

lundimatin