https://www.charles-pennequin.com/contenu/le-regard-est-dans-la-mainLe peintre, son regard est dans la main. Il est là le paysage, dans son creux. Il est à chercher là, à partir de la main du peintre, c’est par là qu’il va trouver la peinture et creuser dedans pour faire apparaître le paysage. Se trouver dedans aussi. Il ne sait pas dans quel paysage il pourrait se trouver, il ne sait même pas, tout en peignant, s’il est dans un quelconque paysage. Il reproduit des paysages avec son regard, mais c’est un regard aveugle, un regard de main sans yeux. C’est un regard de doigts qui parcourt la peinture, un regard qui tourne et qui trace, un regard qui est physique, qui touche. C’est comme ça qu’on regarde les textes aussi. On les touche avec les mains ; on ne les lit pas d’un premier abord, on touche au texte, comme on touche au paysage du peintre avec avant tout la main. La sienne de main. Et le peintre ne les montre pas forcément ses paysages dessinés ou peints. Il ne les affiche pas forcément. Il n’accroche pas tous les paysages pour nous inciter à nous y promener. Avant toute chose, les paysages peints du peintre sont dans des boîtes ; ils sont dans des endroits noirs, en dehors de toute vue. Ils s’entassent là, car le peintre n’a pas encore trouvé l’endroit, n’a pas trouvé le bon cadre où il se trouve lui-même dans tel ou tel peinture de paysage. Et ce n’est pas le corps du peintre qui doit se trouver quelque part, mais son regard aveugle et enfermé dans sa main de travail. Sa main qui peint. Et ce n’est pas sa première main, sa main dite naturelle, mais c’est sa main longitudinale, sa main qui prolonge la main naturelle. Sa main comme un outil de découpe transversale et longitudinale, sa main latérale et transverse. Et cette main longitudinale ou transversale est la règle ; cette main longidudinale ou transversale c’est le pinceau ; cette main de peintre c’est la peinture tracée, c’est l’énergie de la pensée tracée du peintre qui sort à plein tube, qui accumule les recherches par les différents paysages peints. C’est dans la recherche du paysage, un paysage qui se trouverait au bord d’une fenêtre, une fenêtre que le peintre ouvre dans sa propre tête et qu’il voudrait aussi ouvrir de ses mains naturellement ; il voudrait trouver cette nature peinte en ouvrant machinalement des feuilles de papier, mais les feuilles de papier il va falloir les travailler, il faut travailler au corps tous ces papiers, ces toiles découpées, il lui faut trouver toute sorte de matière pour trouver le paysage. Il lui faut tous les supports qu’il peut trouver. Il lui faut aussi ouvrir ses boîtes de médicaments, les aplatir pour pouvoir dessiner ou peindre dessus. C’est un acharné, il lui faut ouvrir tout ce qu’il permettrait de trouver par le geste un paysage dedans. Un paysage où le peintre pourrait s’y trouver.
le regard est dans la main
Le site de Charles Pennequin
Eux ils ont pas des gueules à lire, ça se voit direct. Eux ils ont des gueules de pas-lisant. En même temps, on les comprend les pas-lisant, pourquoi qu'ils lisent plus, vue la tronche des livres, vue la surface déprimante de l'imprimé, vue la production écrite du jour. Facile à dire, "écrite". Et tout ça génère plutôt du pas-lire qu'autre chose. Le pas-écrit génère du pas-lire et même ce n'est pas tout à fait ça, ça n'est pas du mal-écrire, mais du ressemble-à-tout, à tout ce qui est déjà pareillement écrit, publié, puis pilonné. Alors, forcément, ça soule. Forcément ça travaille pas les pas-lecteurs. Ils ont l'impression qu'un livre quand on l'a lu on les a lu tous pareillement. Tous les livres sont pareillement écrits alors on a maintenant pareillement des pas-lisant en face. Des pas-lisant qui font front contre tout le pas-écrit. Ils se sont refilé le mot, comme on dit ! C'est qu'ils sont loin d'être bêtes les pas-lecteurs. Ils s'en tapent des livres si tous les livres ont été écrits d'une seule et même main. C'est même pas une main, ou alors c'est pas humain. C'est une main de pas-humain qui nous a tous refaits, et surtout la littérature. Déjà le mot! C'est maintenant plutôt litté-sans-ratures ! Seuls les lisants sont rayés. Les lisants c'est comme des gisants, rayés de la chose écrite. Barrés du monde des lettres. Et eux aussi du coup, entre les qui lisent plus, ils se refilent le mot.
Ils sont donc entrés les pas-lisant, avec leurs bébés, chacun le sien. Le jeune type le bébé sur le bide la mère idem. Des faces de vacanciers, des apaisés écolos qui entrent dans le bar communal où on vend des bouquins.
Faudrait écrire sur ceux qui lisent! dit la libraire, pas que des écrivains, mais ceux qui restent encore vaillants, qui vont au rendez-vous des livres debouts. Ceux qui s'imaginent le prochain livre, comme on rêve d'un langage. Un lecteur c'est comme un musicologue, un genre de mélomane mais dont on ignore la pensée. Car la pensée ne vient que du livre qu'ils lisent. La pensée, c'est le livre qui gère tout ça et pas le lectorat. Lui il est bon qu'à lire, alors qu'un bon mélomane des mots, en vrai, c'est quelqu'un qui, s'il manque le bouquin, tout comme un bouquet, il en inventerait le style, le parfum. C'est comme un amoureux qui est pris de désir, prêt à inventer le livre si celui-ci tarde à venir. Et tous les livres tardent à venir pour un vrai lecteur. Tous les livres ont tardé, mais lui le lecteur a su attendre, contrairement à l'écrivain.
C'est encore plus impatient un écrivain, ça veut atteindre le bout du langage, la fin des signes. Le lecteur c'est le signe renouvelé, c'est ça qui le fait poireauter. L'écrivain lui ne poireaute pas: il rate son poireautement. Il le rature par ses écrits. Il comble ou il troue, c'est selon. Il y a ceux qui comblent et qui rebouchent, qui re-tuent le langage par un discours d'écrivant et ceux qui creusent, qui tentent de vider l'absence même.
Le lecteur lui il dit : "chercher en moi l'endroit où je ne mets pas mes sales pattes". Et le livre c'est l'endroit sans ses sales pattes.
Tandis que l'écrivain ne cherche que ça, l'endroit où il a mis ses sales pattes, et pas que les siennes! Surtout celles des autres que les siennes même. L'endroit où tous ils ont mis leurs sales pattes! Ou plutôt leur langage. L'écrivain cherche le langage de tout autre. Il cherche à reconstituer le rêve d'un langage pur. Mais tout en y foutant ses sales pattes.
Kawabe se dressa contre le mur
Il dit à Mashita je me dresse contre un mur
Je suis debout, je me lève, je fais tout contre le mur
Mashita dit quoi, tu fais quoi contre le mur
Je me dresse, je suis contre, je suis mur, dit Kawabe
Je suis contre car je suis debout
Je me lève et je reste dressé, je suis face à lui, je me lève et je ne bouge plus de ma vie
Plus jamais de ma vie je n’oublierai le mur, voilà ce que je veux dire, je veux dire que tout peut être debout et immuable mais moi je serai plus immuable que l’immuable
Tu dis n’importe quoi. C’est Mashita.
Mashita : Tu n’as pas le langage suffisant pour te dresser dans la vie tout le temps
Te dresser contre les murs ou contre autre chose, même une tomate
Le langage est plus fort, c’est lui qui se dresse dans ta bouche, c’est lui qui t’empêche de parlter
Tu parle tout contre un mur ou contre le vent c’est pareil
C’est le langage qui t’épuise plus qu’une brique
Et ta gueule dans le mur
Car il manque une brique !
Kawabe ne l’écoutait plus, ou c’est lui-même qui ne s’écoutait plus
Qui ne l’écoutait plus ? Le mur était mur mais Mashita ressemblait à lui
Et lui c’était Kawabe. Il dit : j’ai avalé ma brique, elle descend tout au fond
Je suis au fond de moi. je me dresse depuis les fondements
On ne savait plus qui était un mur et qui était quelqu’un. Est-ce que quelqu’un peut être deux secondes un mur ?
...
On vit comme si on n’avait pas envie, dit Kawabe.
...
Il faut laisser venir les choses, dit Mashita
Il faut que ça creuse, que le vent vienne te creuser dedans. Que ça te pénètre mais par le vide, l’absence de toi. C’est comme ça que tu peux être vivant, c’est quand le rien s’empare de toi
C’est après tout que tu pourras être deux secondes mur si au moins tu laisses l’absence t’habiter.
Que la parole de toi me remplisse ? demande Kawabe
Mais tu m’écoutes trop
Si tu t’énervais contre ta propre écoute tu pourrais entendre ce qui se dit jamais dans ce que je dis et que tu pourrais développer lentement, comme quand on nappe de béton une première rangée de parpaing pour recevoir au-dessus la suivante.
Kawabe fait comme si Mashita ne pensait plus à rien, en tout cas au problème dont il lui parle tout le temps et exige des réponse. Ça me repose, dit-il. Kawabe fait comme si ça pensait plus à tout ça, que lui, Mashita avait oublié de penser, qu’il ne pensait plus au fait qu’il le fallait et que Mashita pense à ce qu’il pensait lui, car lui a dit : si je pense que tu as pas l’air de penser, alors je suis moins à me dire qu’il faudra que je fasse comme si j’y pensais et alors, du coup, ça me repose.
Mais sans doute est-ce Mashita qui veut se reposer de sa phrase. Car il dit je n’ai pas fini ma phrase. Il regarde la télé et voit un vieillard puis après il en voit un deuxième et alors il ne sait plus qui est qui.
De toute façon c’est ainsi, j’ai toujours eu besoin d’un papa.
Kawabe lui dit alors que c’est comme une fiancée, on ne sait plus qui est qui ; le visage de la fiancée a disparu lui aussi dans l’écran.
...
On ne sait pas qui on est
On doute de qui on est
On a la parole facile
On doute facilement
Au creux du si
Elle veut bien que j’écrive sur elle, elle aime mon silence écrivant, elle pense que si j’écris je suis plus silencieux en elle et aussi en moi, si en moi ça pense ça fait pas silence, mais si j’écris c’est la pensée qui sort en mots, et la pensée qui sort en mots dans l’écrit c’est du silence dit-elle, elle dit que sinon je pense trop, il y a trop de mots qui bloquent dans ma tête dit-elle et elle les entend, elle entend un texte monter qui ne vient pas, il ne fait que monter dans le volume de la pensée, la pensée c’est des mots qui font un volume au bout d’un temps et ça ne donne rien à l’écrit, elle veut que je tape les mots, que je tape l’écrit, que je tape pour faire silence dans la pensée, que la pensée s’écoule en tapant, que la pensée devienne du tapage mais dans le silence de ma tête, elle veut que j’ai une tête remplie de silence voilà ce qu’elle veut, elle veut que ma tête ne soit plus rien que tapage au dehors d’elle, que les mots se vident au dehors et qu’il n’y ait plus de bruit, ce qu’elle dit par bruit c’est les mots qu’on n’a pas scié dans le silence, par le silence du tapage, que ça tape pour une bonne fois faire silence en moi et que je continue le plus possible, qu’il y ait plus de mots jamais qui viennent bloquer une pensée et que cette pensée monte, qu’elle monte en volume même en elle, que le volume l’empêche de respirer, que ça l’étouffe, tandis qu’un bon tapage en règle de mots ça lui fait silence, elle sait que ça s’échappe de moi et si ça s’échappe par le tapage ça fait silence en elle, voilà ce qu’elle sait du silence, c’est ce silence là dont elle me parle, pas du silence de l’autre, celui qui la couvre non pas de mots mais de baisers.
Qu’est-ce qui faut que je vive, que j’aille aller vivre, que je parte de vivre qu’est-ce que c’est, que c’est qui faut que j’aille et où, où ça que j’aille, où que j’aille je vis, que j’aille où jeter tout ce trop vivre, dis-moi, mettre à la jaille ? faut que je jette le tout dans la vive, mon eau vieille ? qu’est-ce qui faut bazarder de son vivant ? Que je jette de moi ma voix ? Que je me jette en voix, comme en quatre, pour me couper en tranche, que je me coupe de ce bruit qui t’envahit ? Que je jaille la bouche ? Que ma bouche ne soit plus écrite, qu’elle soit bouche bouchée, couturée ? Qu’est-ce qui faut que je jette de moi pour me garder, et te garder aussi toi, nous garder nous, sans trop de bruits de moi aux alentours de toi, de ce nous, le silence que tu appelles en toi, que je doive faire silence alors qu’il t’endormait le bruit de moi avant, qu’il te berçait. Je peux m’arracher de tout pour ça, même de moi, de ma voix, mes bruits. Je peux m’arracher vivant du langage.
j'ai tous ces frères qui parlent comme moi, le même accent, les tremblements dans la voix, ces bizarres intonations qu'on possède, pour montrer qu'on ne possède pas, même ma soeur à cette voix qui redoute l'air tout autour, qui met du temps pour avancer, comme un âne qu'on voudrait sortir de l'enclos. Rien à faire le baudet est réticent, il ne veut rien fréquenter, ne pas user sa salive dans le monde courant. Rester à l'intérieur de sa propre voix, ses vacillements. Ces mêmes façons de s'écrouler à chaque moment où on avance une idée, et puis des silences trop long qui font croire qu'on réfléchit alors que parler nous a déjà démoli la cervelle.
La voix, c'est notre accident.
Cet edito de Fabula consacré à @charles_pennequin
Occasion de rappeler l'existence des actes du colloque "Charles Pennequin : Poésie tapage" également sur Fabula, et bientôt le collectif !
#poésiecontemporaine #poésieperformance
https://www.fabula.org/actualites/132287/l-ecriventure-19-02.html

L'écriventure
C’est en moi qu’il y a ça. Ce quelqu’un. Il y a ce quelqu’un qui est là, à l’intérieur. Il devrait être là. Il faut que je le trouve. Je peux le chercher. Je trouve...
FabulaIl faut réhabiter le corps de l'écrit quand on lit
Il faut revenir à ce corps
Sinon on ne comprend pas le texte, on n'est pas dedans
Il faut être dans le texte quand on lit, et on ne peut pas l'être avec le corps du quotidien
Le corps du quotidien est sourd
Il est bouché
Il a perdu l'écrit dans la vie de tous les jours
C'est un corps noyé
Et non écrit
Il faut revenir à soi par le texte
Sinon on se laisse happer par tout ce qui nous remplit et nous vide du même coup
Il faut être en bute face à ce corps là
Mais pas que son corps bien sûr
Le corps sociétal et social
Le corps qu'on nous impose
Il faut trouver l'écriture c'est-à-dire le tunnel sous la vie
Le père la nuit se réveille en sursaut. C’est sans doute la mère qui le réveille en se rendormant, car elle a tiré sur les couvertures tout en se retournant et le père a pris froid. Le père se retourne alors pour caresser la mère, mais la mère se met à geindre et à grogner. Alors le père comprend que ce n’est pas le moment et se retourne. La mère se retourne à son tour car elle pense qu’elle a sans doute trop geint ou trop grogné. Elle s’approche du père et veut l’entourer avec son bras. Le père ne bouge pas d’un iota. La mère s’approche encore plus en se collant au dos du père. C’est après s’être collée à lui qu’elle lui demande si elle peut se coller à lui. Elle entend alors une sorte de grognement provenant du père et l’interprète comme un oui. Elle se colle encore plus fort au père et lui prend sa seule main disponible en la tenant fermement. Elle sent que le père résiste car le père boude. Elle tente de s’endormir sur le dos du père, mais le père veut rester éveillé grâce à le bouderie. La mère tente de maintenir bien serrée la main du père qui se dérobe pour attraper un truc hors du lit. Sa main fouille ainsi l’air, seulement il n’y a aucun truc à attraper, alors le père remet sa main dans la main de la mère qui la serre immédiatement très fort. Puis ils font semblant de dormir. Mais le père n’arrive toujours pas à dormir alors il enlève sa main et la projette dans le vide pour attraper à nouveau quelque chose. Il finit par prendre une bouteille au vol et parvient à s’extraire du bras de la mère et se lever à demi découvert pour boire au goulot de la bouteille. Puis il se remet dans sa position initiale pour que la mère s’agrippe à nouveau et s’endorme. Puis la mère, n’en pouvant plus lui claque un bisou dans le dos et se retourne. Le père ne sait pas quoi faire, il tâte encore hors de son lit, sur le sol cette fois, pour trouver quelque chose et finit par saisir une lampe frontale. Il enfile le bandeau élastique autour de sa tête, se lève, allume le phare et part dans la nuit.
Les hommes la mère ils sont tous venus la voir. Ils ont cru qu’elle allait tout faire. Et elle a fait la mère. Elle a même tout fait. Les hommes ensuite ont disparu et elle est restée. La mère elle a continué à faire la mère, longtemps après eux. Eux ils sont tous partis, puis les femmes aussi. les femmes qu’elle renvoyait dans leurs pénates. Et les hommes qu’elle a envoyés sous terre. Et les femmes qu’elle faisait manger, boire. Et fumer. Tout ça a dégagé et elle a continué, bon an mal an la mère, à trucider la vie. En étant au service de tous. Tout le monde a réclamé son dû. Et elle a donné, elle a tout permis. Qu’on vienne chez elle, affamés, et qu’on en reparte les quatre fers en l’air. Écœurés de tout. Qu’elle s’use ainsi à servir la mère, jusqu’au dégoût d’aimer. Qu’elle se crève à aimer pour toujours. À chérir du plus petit au plus grand. Du presque rien au grand mourant. Qu’on y vienne tous à sa table, pour y crever un jour. Et il n’y en avait jamais assez pour la mère. Alors elle allait voir les vieux, elle soignait les petites vieilles. Pour envoyé tout ça ad patres. Tout ça qui dégagera, Bon débarras ! Qu’elle disait. Elle le disait en dedans d’elle-même la mère. Jamais dehors, au grand jour. Jamais au grand jamais, disait sa sœur, son ennemie intime. Car dehors c’était mamie-bonheur. Mamie-gâteau. Mamie-cookies. Tout le monde l’aimait. Tout le monde se rassemblait autour de sa chair. Profitait du feu de l’amour. Le seul véritable dans tout ce froid existentiel. Jusqu’à en crever. Ils en ont tous profité. Même si, en fait, ils se détestaient avec toute la cordialité nécessaire. Et qu’ils l’auraient aussi laissée crever la mère, comme un chien. D’ailleurs c’est ce qu’elle disait toujours, quand une bouche s’ouvrait, et qu’elle enfournait un bout de marron dedans. Quand on veut plus de son chien, on dit qu’il est enragé.
(& Pouet! la nouvelle année!)