Ça me frappe ces jours, cette écriture du journal très prosaïque. Elle m’interroge. Par quel besoin suis-je mu ? Pouvoir au moins avoir le goût de cette nécessité intime, puisque souvent le résultat n’est pas très intéressant : pas poétique, pas partageable, pas créatif, un peu plat. Un peu plat mais nécessaire, apparemment.
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#Creativite #Artiste #Introspection
Qu'on me félicite - Boris Dunand
Je ne voulais pas faire cette liste:Nuit complète et ciselée, comme le mal de tête du réveil.Comme la journée d’hier. La force était là, élan…
Boris DunandEt si ce n’est pas une réelle difficulté à accomplir, c’est le dénigrement de la chose faite. Ou sa minimisation. Être content ou enthousiaste est dangereux. Faut pas montrer, faut pas trop sentir non plus. Content de toi ? Tu te prends pour qui ?
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#Creativite #Artiste #Joie
Content de toi ? - Boris Dunand
Avant toute chose, c’est la sensation d’une lutte sans fin qui domine. Ce n’est pas tout à fait vrai. Mais. Partout la fatigue. Partout la…
Boris DunandFinir et publier un film, c’est parfois comme un acte de définition, d’apparition. Un je suis là. Prendre place dans le monde. Apparaître, me définir. La revendication de quelque chose, d’une légitimité à être, à exister.
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#Creativite #Art
La colère et la caresse - Boris Dunand
Finir et publier un film, c’est parfois comme un acte de définition, d’apparition. Un je suis là. Prendre place dans le monde. Apparaître, me définir.…
Boris DunandRien que de retrouver cette peur, oubliée au réveil, passée sous le tapis du matin-création-rien-d’autre, me permet déjà de retrouver un peu de mouvement. Je ne peux pas résoudre la tension de suite, mais de l’éprouver à nouveau, ça change quelque chose. Déjà, j’écris sur quelque chose qui m’importe réellement. Ça change tout.
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#Creativite #Ecrire #Art
Forcer ou consentir ? - Boris Dunand
par où commencer pour enclencher quelque chosej’aurais eu besoin d’une petite promenadeassez vite la pêche une fois sorti des brumesmais je ne connecte pas avec…
Boris DunandJ’ai pas envie d’arrêter. D’écrire comme ça. Si on me voit on doit se dire : il a pas l’air en forme. Ça a pas l’air d’aller bien. Pourtant, quelle délivrance, quel soulagement là, quel délice d’être ce corps tout flagada qui sirote son café, tire la gueule, déboule ses pensées dans tous les sens, écoute une musique triste et se délecte de son humeur, mélancolique, ému, présent.
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#Ecrire #Creativite

Sous les routines: la vie. - Boris Dunand
Les rituels, ça n’évite pas tant de penser que ça évite de se poser la question : de quoi j’ai envie, quel est mon désir là,…
Boris Dunandces envies qui butent contre un mur en verre : dessiner – ça sert à rien, c’est long, lent, faut sortir une grande feuille, les bras m’en tombent ; chanter le soir – faut se lever, faut prendre la guitare, faut soit trouver une assise confortable soit rester debout, faut pousser l’air, faut faire des sons, les bras m’en tombent… je voudrais écrire dans un énorme pouf, avec une projection de mon écran droit devant mes yeux et mes bras tenus par le coussin, mains sur le clavier
En terminant cette rencontre à travers nos écrans, j’étais habité par une joie toute simple et toute vraie. Je réalise, en les écrivant, les facilitations que ce dispositif opère, en ayant plutôt été jusque là en train de remarquer tout ce qu’il retire aux échanges. C’est vrai aussi, mais pas seulement : il y a aussi des bénéfices. Bonne nouvelle!
Tout grand merci @fbon !
Loin des questions de légitimité, d’identité, d’étiquetage : c’est de l’art, c’est pas de l’art ? – Mais alors, rien à battre. Ça ne m’effleure même pas. (La gêne me revient par contre de montrer que cette question existe encore quelque part en moi. Je la trouve vraiment débile – disons creuse, absurde, et de surcroît invalidante.)
Je fais. C’est tout.
#Creation #Journal #Art
Une sidération. Me voici visible, et attendu. Ça me fait exister, ou du moins me rend conscient que j’existe. Toutes les exigences se rallument. De quoi j’ai peur ? D’être surpris en flagrant délit d’usurpateur, de prétention, d’illégitimité.
Perdu un bout de tranquillité. Important de sentir ça.
Ça m’éclaire aussi sur la qualité tellement désincarnée du fantasme de succès ou même de validation institutionnelle simplement : je n’ai pas idée de la terreur dans laquelle je pourrais me trouver.
Ça s’assied en moi. Ça prend ses quartiers. Ça trouve ses marques. Ce n’est plus tant les idées, fantasmes, représentations que j’avais avant, qu’une pratique qui s’inscrit dans le quotidien et dans le corps. Et c’est comme si je pouvais en reconnaître l’importance. Ces activités sont importantes pour moi.
Je dois dire que d’en être extirpé par les nécessités du réel n’en est que plus douloureux. Ce divorce-là me semble de plus en plus difficile à endurer.
Vivement la retraite je te dis !