#Lectures2026, épisode 01
Hop.
12 janvier.
Ouverture du fil des lectures 2026.

Il commence cette année avec un cadeau d'anniversaire en forme de clin d'œil et de poisson – mon foie comprendra. "Seul l'horizon" donc, ou les déboires d'un étudiant ricain au seuil des années 90, contraint d'aller pêcher harengs et saumons en Alaska pour payer sa troisième année dans une fac chic. Un roman bien taillé, qui fait froid, pas dans le dos, mais un peu partout tant la pluie et les vagues y déferlent sans cesse.
C'est bien simple, depuis que je l'ai fini ce week-end, j'ai toujours l'impression que mes fringues sentent le poisson.

Matt Riordan – Seul l'horizon (2022)

#Lectures2026, épisode 02

On en a profité pour terminer ce week-end également la lecture du catalogue de l'exposition "my name is ORSON WELLES" qui se tenait à la Cinémathèque Française en cette fin d'année et dont j'ai déjà parlé par ici.
Un ouvrage collectif, collage d'articles et de contributions, qui revient sur l'histoire du génie d'Hollywood, mais pas que : ses grandes heures de gloire au théâtre et à la radio, ses conflits avec les studios, son obsession du montage.
En explorant l'oeuvre – grandement inachevée – d'Orson Welles, on pointe encore ce qu'est réellement la création : une pulsion. Un besoin.

Collectif – my name is ORSON WELLES (2025)

#Lectures2026, épisode 03

Tract Gallimard dont le titre a immédiatement attiré mon œil, sur les étals de la librairie Spicilèges de Lagny-sur-Marne (mon dealer officiel).
Si l'exercice proposé par Jean-Marie Schaeffer est plaisant – remettre à jour les Mythologies de Roland Barthes à l'heure du numérique – il atteint rapidement ses limites : oui, l'intelligence artificielle ne "crée" pas vraiment ; oui, les réseaux sociaux nous enferment à coup d'ultracrépidarianisme ; oui, l'accès à la connaissance universelle via le Web est un mythe…
Des vérités déjà (d)énoncées.
Bonnes à rappeler, mais déjà énoncées.

Jean-Marie Schaeffer – Mythologies Web (2025)

#Lectures2026, épisode 04
(#VendrediLecture par la même occasion)

Elle est belle, cette biographie de la grande (dans tous les sens du terme – Fred Astaire et Gene Kelly demandaient à ce qu'elle ne porte pas des talons trop hauts lors de leurs numéros de danse) Rita Hayworth.
Elle est surtout émouvante parce que la vie de Rita elle-même est émouvante. Abusée par son père, exploitée – quel autre verbe ? – par ses maris successifs, éloignée des caméra par un Alzheimer précoce et partie, forcément, trop tôt. Pourtant, en 30 ans de carrière, Rita aura crevé tous les écrans. Et ça, Gaël Lépingle le raconte merveilleusement.

Gaël Lépingle – rita hayworth (2022)

#Lectures2026, épisode 05
Merde.
C'est beau.

William Shakespeare – La Tempête (1610)

#Lectures2026, épisode 06.
Dispo en ce début d'année, "Cinématech" est signé par deux professeurs de l'Univ. de Namur : A. Simonofski et B. Vanderose. Dans la lignée de leur podcast "Pop-Code" (là → https://podcast.ausha.co/popcode), ils analysent dans ce petit opus la façon dont le fiction cinématographique et hollywoodienne, principalement, dépeint les travers, les orientations et les risques de la technologie : réseaux sociaux, algorithmes, IA, robotique, etc.
On y retrouve les clichés du genre (Terminator, HER…) mais aussi quelques pas de côté (Moneyball). Une belle base sur la lecture des imaginaires.

Anthony Simonofski et Benoît Vanderose – Cinématech (2025)

#Lectures2026, épisode 07.
Voilà. Surprise. Une sorte de version écrite d'un film d'Arnold Schwarzenegger.

On y chute d'un avion dans l'océan, combat des requins, fait exploser des hélicoptères, affronte dans un brouillard épais des races préhistoriques et cherche à s'extraire du joug pesant d'êtres immortels dominant le monde depuis des temps immémoriaux. Bref, la totale.
Avec ce qu'il faut de sang, de testostérones et de réflexions profondes sur ce qui fait notre humanité : oui, les hommes préhistoriques ne comprennent pas la poésie de Shelley ou de Joyce, mais combien d'humains, la comprennent réellement ?

Philip José Farmer – Lord of the Trees (1970)

#Lectures2026, épisode 08.
Celui-là mérite sa place quelque part entre le "Into the Wild" de Jon Krakauer et les écrits de Carl Sagan ("Cosmic Connection", quelque-part dans la bibliothèque). Surtout, il mérite d'être lu, comme finalement tous les volumes "Pour une nouvelle alliance" d'Acte Sud.

Olivier Bleys se lance, sur quelques 300 pages, dans une course aux étoiles. Une quête d'un ciel obscur qui permettrait d'en observer le plus grand nombre. Loin, si possible, de la pollution lumineuse des villes, mais malheureusement toujours sous les reflets de myriades de satellites.
Une belle aventures californienne.

Olivier Bleys – La marche aux étoiles (2025)

#Lectures2026, épisode 09.
Il était là, seul, m'attendant malicieusement sur l'une des tables de la librairie dans laquelle j'ai mes habitudes. Comment aurais-je pu lui résister ? J'avais déjà succombé aux échos de "La montagne magique" deux ans plus tôt.

L'histoire est connue, ne serait-ce que par la légende que l'adaptation de Visconti fait encore résonner ici et là. C'est celle d'un homme vieillissant qui tombe sous le charme d'un jeune adolescent dans une Venise en proie à une dangereuse épidémie.
La magie des mots et des atmosphères, comme seul Thomas Mann en a le secret. Un instant suspendu.

Thomas Mann – La mort à Venise (1912)

#Lectures2026, épisode 10.
Difficile de résister à Bikepunk et à @ploum quand on est sur le Fédiverse et que l'on creuse, explore la thématique solarpunk.
Bikepunk est-il solarpunk d'ailleurs ?

Bikepunk en tout cas est solide. C'est déjà beaucoup. Il se joue de quelques codes ici ou là. Et c'est pas mal non plus. Il dessine un espoir dans le chaos. Ce qui est très bien. Alors on le rangera dans une bibliothèque de SF qui commence à compter de plus en plus d'imaginaires positifs : pas loin d'Eutopia, de Visite, de Becky Chambers et de quelques autres.

Mais quoi ? Ce n'est pas comme s'il restait des gens à convaincre par ici. Si ?

Ploum – Bikepunk (2024)

#Lectures2026, épisode 11.
Quand la pollution rend impossible sa reproduction, l'être humain n'a d'autre choix que de se cloner. Ainsi est créé Adams, le premier clone, dont les pouvoirs vont surpasser de loin tout ce que ses parents adoptifs et les scientifiques responsables de sa naissance ont pu imaginer.

Récit jeunesse, lesté de nombreuses définitions, Adams reste résolument positif quant à la capacité de l'homme à inventer le meilleur. Même, parfois, involontairement.
Disons que tout cela est une sorte de fable.

Isabelle Duthillier – Adams Le premier clone (2015)

#Lectures2026, épisode 12.
Une sorte d'Évangile selon Saint-Mark ?
Ben Wardle revient sur la vie de Mark Hollis, fondateur et leader de Talk Talk (mais oui, vous savez, "Such a Shame"), créateur – quelque part – du post-rock, et disparu dans un silence qu'il avait lui-même tissé en 2019. Pourtant, loin de dresser une hagiographie, l'auteur ne tait aucun des travers de l'artiste et détricote ici ou là les légendes qui ont fleuri sur son parcours, comme celles liées à l'enregistrement de son magnum opus : Spirit of Eden.

Pour un fan de musique comme moi, chaque page est un sourire. Un émerveillement.

Ben Wardle – Mark Hollis, a perfect silence (2024)

#Lectures2026, épisode 13.
On trouve, toujours, de jolies choses dans les boîtes à livres. Comme cette belle édition du "Typhon" de Joseph Conrad, traduite par André Gide et produite en 1955 par le Club du Meilleur Livre. Bel objet ? Bel objet.

Mais rien comparé au texte de Conrad qui décrit avec une justesse incroyable la réaction des vivants face à l'impossible : la paralysie ou la détermination, la panique, la surprise qui révèle les hommes ou les abat. Cet équipage d'un vapeur chargé de coolies, pris dans l'étreinte d'un typhon est d'une actualité brulante. Les lames ne sont plus les mêmes, mais la stupeur est identique.

Joseph Conrad – Typhon (1904)

#Lectures2026, épisode 14.
Rattrapons-nous donc sur les grands classiques de l'anticipation politique.
"1984", je l'avais lu il y a très longtemps. Et il m'avait marqué comme tout le monde, je pense. Un moment fondateur de la pensée et de la culture dystopiques que je commençais tout juste à me bâtir. Pas loin du "Meilleur des Mondes" d'Huxley.

La Ferme des Animaux, je ne l'avais jamais lu. Je savais la teneur de la fable politique, mais j'ignorais la malice des tournures et des portraits. Je l'ai dévoré. Presque littéralement.

(Les boîtes à livres du coin recèlent d'autres merveilles pour les semaines à venir.)

George Orwell – Animal Farm (1945)

#Lectures2026, épisode 15.
Il n'y a aucune tromperie sur la marchandise. Ce livre est écrit comme un sketch. Ou plutôt comme une succession de sketches.
Tantôt délirant, tantôt totalement inventé, tantôt poignant et tantôt sincère, les scènes de la vie anglaise des années 1960 et 1970 s'y succèdent, David Niven en prend pour son grade et John Cleese, Eric Idle et le reste des Monty encaissent ce qu'ils peuvent de tendresse de celui qui restera le Python le plus dingue après Terry Jones.
J'ai envie de revoir "La Vie de Brian".

Quelle connerie que Graham Chapman soit parti si tôt.

Graham Chapman – Autobiographie d'un menteur (1980)

#Lectures2026, épisode 16.
C'est beau dans les mots et c'est beau dans les traits.
Voilà, on a craqué pour le "FredZine n°5" de @fredsochard, mettant en encre les poèmes de Robert Desnos, et qui fait du bien. Vraiment. Beaucoup.

On a besoin de beau.
On a besoin de passion et de quotidien.
On a besoin de résistance et d'encre noire.
On a besoin de gentils illustrateurs et de poètes au cœur battant.
De papier.
De petits feuillets qui peupleront nos bibliothèques demain.
De choses légères et de choses graves.

Merci. :-)

(si vous en voulez votre dose, il est ici : https://www.etsy.com/fr/listing/4465958373/fredzine-5-desnos)

Robert Desnos & Fred Sochard – FredZine n°5 : Desnons Sélavy (2026)

#Lectures2026, épisode 17.
Lecture (très) rapide.
Méphisto est un chat, qui devient fou furieux quand il boit du whisky. C'est parfois dangereux. Mais cela rend parfois service... quand il y a des cambriolages par exemple.

Merci Méphisto.

Paul Thiès – Pas de whisky pour Méphisto (1990)

#Lectures2026, épisode 18.
J. G. Ballard, c'est toujours un grand moment de lecture.
Moins "malaisant" que Crash – pour moi en tout cas, car moins porté sur les instincts sexuels et plus sur la désagrégation des conventions sociales –, "I.G.H.", Immeuble de Grande Hauteur, est l'histoire d'un de ces blocs de béton emblématiques des années 60 et 70 dont la vie interne tombe soudainement dans le chaos.
Une sorte de retour à l'âge tribal à l'heure des vide-ordures et des ascenseurs.

Ce n'est pas glaçant, et si c'est violent, c'est insidieux. Doucement. Cela dit surtout de notre capacité à faire société, peut-être malgré tout.

J. G. Ballard – I.G.H. (1975)

#Lectures2026, épisode 19.
Aussi bien dans la forme que dans le fond, ce livre est une petite beauté.
Éric Vuillard, en quelques brefs chapitres, parle de Billy The Kid, de sa courte existence et de son statut de légende de l'Ouest américain.

Enfin, peut-être que The Kid n'est qu'un prétexte ? Peut-être qu'Éric Vuillard n'en parle que pour évoquer la façon dont une société naissante – capitaliste ? oui capitaliste – peut écraser, broyer les sans grades après les avoir exploités.
Un conte des laissés-pour-compte.

"Les orphelins", oui, ce bouquin porte vraiment bien son nom.

Éric Vuillard – Les orphelins (2026)

#Lectures2026, épisode 20.
(tiens, un mois que je n'ai pas mis à jour ce fil. pas que je n'ai pas lu, plutôt que je n'ai pas lu régulièrement. on va donc rattraper ces semaines de lecture en commençant par…)

Un Romain Gary que je n'avais pas lu, trouvé comme dans une boîte à livres.
Humain et troublant comme un Romain Gary.
Ce qu'est l'Europe et son éducation, ce qu'est d'être humain, ce qu'est de résister. Ça et les histoires qui nous font nous sentir ensemble.
C'est tout ça, Gary, toujours, en plus des éléphants, des pommes-de-terre, des escaliers et des forêts où il fait froid.
Et c'est beau. Toujours.

Romain Gary – Éducation Européenne (1956)

#Lectures2026, épisode 21.
Il traînait depuis longtemps dans une bibliothèque Ikea, il a occupé quelques soirée et faire germer quelques idées. "The Tea Book" est un joli livre illustré, anglais comme il se doit, qui fait le tour du thé : ses origines, son histoire, ses rituels, la lecture de l'avenir dans ses feuilles.
On apprend des choses.
On en oubliera beaucoup,
on se souviendra de certaines,
et ça sera bien comme ça.

Serena Hardy – The Tea Book (1979)

#Lectures2026, épisode 22.
On touche aux lectures de vacances donc. Retour à Los Angeles et à Laurel Canyon après avoir dévoré tant de biographies et d'histoires du rock.

Arnaud Devillard commet donc, en 2016, ce petit guide touristique sur Laurel Canyon, quartier de Los Angeles situé au nord du Sunset Boulevard, pas loin des collines d'Hollywood, qui a vu la naissance du California Sound. On y croise Joni Mitchell, Stephen Stills, David Crosby, les Doors, Frank Zappa et beaucoup, beaucoup d'autres. C'est bourré d'anecdotes que l'on connaissait déjà mais que l'on a plaisir à relire. Alors, pourquoi se priver ?

Arnaud Devillard – Laurel Canyon (2016)

#Lectures2026, épisode 23.
On a continué l'aventure en musique avec ce "Jazz" signé Philippe Hucher. On s'attendait à un hommage vibrant à une musique vivante (ou l'inverse), et on s'est retrouvé avec un un texte expliquant que le jazz échappe à toutes les définitions académiques tout en essayant d'en donner une définition très très académique.
Ce qu'est, et n'est pas le jazz. Et Coltrane. Et Coltrane. Et Coltrane.

Je pensais que ce bouquin allait m'émerveiller comme la biographie de Charlie Parker il y a quelques mois, cela m'a surtout donner envie de ne pas découvrir plus loin une musique que je connais mal. Too bad.

Philippe Hucher – Le jazz (2007)

#Lectures2026, épisode 24.
Alors, on s'est rabattu sur un truc qui traînait dans notre boîte email depuis longtemps : un vieil atlas des plantes hallucinogènes trouvé en PDF je ne sais plus (l'original coûte une fortune).
On y a appris des choses qu'on ne mettra pas en pratique immédiatement, ni sans doute plus tard.

Mais on a marqué quelques pages. ;-)

Richard Evans Schultes – Atlas des plantes hallucinogènes (1976)

#Lectures2026, épisode 25.
Et puis, pour rester dans le mood, on a terminé ce magnifique recueil posthume des poèmes de Jim Morrison (les Doors), trouvé et commencé il y a fort longtemps et qui n'attendait que son heure pour être dévoré.
Ce qu'il me fallait, aussi, en ce moment, pour plein de raisons.

De belles phrases, une édition bilingue à laquelle il ne manquait que la musique.

Non, vraiment, c'était bien ces lectures du mois d'avril. Vraiment. Vraiment.

Jim Morrison – Wilderness (1988)

#Lectures2026, épisode 26.
C'est l'histoire d'un type qui s'écoute trop.
J'avais adoré "La Délicatesse", aimé "La mystère Henri Pick", alors j'ai pris "Je vais mieux" dans l'étagère de la librairie sans réfléchir.

Et c'est vrai qu'en démarrant la lecture, j'ai retrouvé l'écriture de David Foenkinos et que ça faisait du bien. Et à mi-lecture, je me suis dit que quelque chose n'allait pas.
"Je vais mieux" est simplement l'histoire d'un type qui s'écoute trop et qui ne prête plus aucune attention au monde qui l'entoure. Qui finalement ne dialogue plus. Un mec (!), qui tourne le dos au monde. Putain, que ça a mal vieilli.

David Foenkinos – Je vais mieux (2023)

#Lectures2026, épisode 27.
Tiens, un beau volume des années Pilote retrouvé dans les étagères en vidant la maison de beau-papa, à ranger avec les "Histoires Fantastiques" de Dargaud. :-)

Lob et Gigi reviennent donc sur tous ces moments, juste après la Seconde Guerre Mondiale, où les populations américaines ont croisés lueurs, soucoupes, cigares volants et vu atterrir des êtres éthérés porteurs de messages d'espoir ou de sombres prophéties. C'est documenté, habillement dessiné, et bien inscrit dans son époque entre imaginaires spatiaux et rêves de transcendance.
Bref, c'est vraiment bien.

Jacques Lob & Robert Gigi – Le dossier des soucoupes volantes (1972)

#Lectures2026, épisode 28.
On trouve des merveilles dans les boîtes à livres, preuve cette première édition du "Rêve de Feu" de Françoise d'Eaubonne.

On s'y interroge sur l'importance et la bienvenue du progrès, sur la place de la nostalgie, sur – ce qui fera écho plus tard chez Ursala K Le Guinn – la cueillette, la chasse et le feu. Regrette-t-on toujours le passé, spécialement celui que l'on n'a pas connu et qui n'a, peut-être, jamais existé ? Faut-il bannir le progrès ?
On pense à Barjavel et Ravage, au Solarpunk et au Low-Tech. On pense à plein de choses.

Et on rêve aussi, parce que c'est vachement bien écrit.

Françoise d'Eaubonne – Rêve de Feu (1964)

#Lectures2026, épisode 29.
Elle est décidément très belle, la petite collection RéciFs+ de chez @argyll.
Cette petite novella pleine de blues, de hantise (encore ?), d'esprit Lovecraftien, de Nouvelle-Angleterre et d'un peu de Stephen King aussi, se dévore le temps d'un voyage en train. De train lent, si possible. Un TER par exemple.

Et si la musique qui nous dévore – la musique est une histoire comme une autre – nous sauvait du monde et sauvait le monde ? Après tout, ça ne serait pas plus idiot qu'autre chose. Il faut bien le sauver, ce monde, parfois. Quel qu'en soit le prix.

Cassandra Khaw – Chanter le silence (2017)

#Lectures2026, épisode 30.
"La nostalgie camarade…"
Les aventures de ce vieillard dans un Paris sans jeunesse laissent dubitatif. Parce qu'on y trouve une certaine crasse lié à son époque : le sexisme, le racisme, le temps des colonies… C'est rétrograde ? Oui, et il n'est pas certain que ce soit innocent. Parce que ce discours colle finalement bien avec la nostalgie du héro.

La nostalgie ? C'est le souvenir d'une époque qui n'a jamais existé. Elle était présente dans "Rêve de feu" qui fantasmait un monde d'avant la première étincelle. Elle dégueule ici dans le rêve d'un monde d'avant, sans science ni progrès.
Un rêve bourgeois.

Jean Dutourd – 2024 (1975)