@charles @charles Tout le monde le sait, je pense pas que ce soit ça qui va arrêter qui que ce soit. Embaucher un salarié se fait aussi aux risques et périls de son employeur. Les erreurs sont admises tant que la productivité (à court terme) augmente. Il va falloir encore un petit moment avant que la mesure soit prise de l'impact de l'IA sur la qualité à moyen terme. Et ça ne signera certainement pas sa fin. Cette nouvelle clause est un non-événement.
Il faut que tout le monde prenne conscience qu'on ne raisonne pas des capitalistes et des managers avec des arguments rationnels. Je vois pas beaucoup d'entreprises rentables ne pas utiliser l'IA massivement à court terme.
@aegirs @charles Les humains font aussi des erreurs, si sur certaines tâches données l'IA surpasse les humains qualifiés moyens en fiabilité (c'est déjà le cas) l'argumentaire anti-IA fondé sur cette seule fiabilité devient irrecevable.
Les conséquences graves ne sont pas tant dans ce qu'elle produit directement que dans l'édifice social qu'elle requiert/retisse. Attaquer sur la qualité c'est se limiter à une défense un peu corporatiste ("payez-moi plutôt qu'un ordi pour faire cette tâche") et écarte les questions centrales de l'accumulation et de l'exploitation.
Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas avoir de discussion sur la qualité de ce que l'IA produit, simplement faut pas se leurrer : la plupart des évolutions techno se sont faites sur l'acceptation de baisse de qualité d'un produit donné, en contrepartie de sa production en masse. Si demain les sites web sont tous un peu merdiques mais que chacun peut vibecoder le sien, alors l'économie en sera sûrement satisfaite.
@aegirs @charles je ne prétends pas être juge de cette question à l'échelle de mon expérience, et encore moins vis-à-vis d'éventuels progrès futurs. Simplement la seule hypothèse que l'IA puisse nous surpasser sur certaines tâches ne doit pas invalider notre discours critique.
Je prends un exemple con : l'IA est plutôt bonne pour reconvertir des pdf en table. On peut gagner 1 heure de taff sur un pdf de 10 pages. Les équipes dont c'est le cœur de métier de remplir des formulaires papier dans des bases vont très vite faire le calcul abo IA vs salaire à payer. Et tant pis pour les 3 erreurs sur 1000, on laisse quelqu'un relire 5 minutes et on aura gagné 55min/10pages avec une machine 10 fois moins chère.
De ce point de vue l'IA ressemble à n'importe quel machine/innovation technologique. Le métier à tisser, c'est pas de la broderie, et si on le laisse sans surveillance ça peut être une cata, il n'en reste pas moins que le tissage à la main est devenu des plus marginaux sur le marché...