Hier soir avec le chéri, on a eu un long débat un peu chaud sur un sujet (pas si) bizarrement clivant que je ne saurais pas trop résumer en qlq mots mais essayons : je trouve la fiction insatisfaisante. Et de fait j'en lis / regarde / écoute assez peu en regard de tout le reste, quand lui ne lit / regarde / écoute quasiment que ça.

Il a été question de militance, de flemme, d'élitisme, de devoir moral... je vais essayer de retracer le débat et j'aimerais bien avoir vos opinions là-dessus.

C'est un sujet qui revient souvent, pas qu'avec lui, je trouve toujours étrange que les sourcils se froncent quand je dis que je ne lis pas de romans. Genre, bizarre comme position de principe, ok, mais en fait ça n'en est pas une. J'ai presque un peu honte en le disant.

En fait j'ai pas décidé de ne pas lire de fiction, j'ai plutôt décider de lire autre chose.

Je pensais tenir la bonne explication hier soir, pour me faire comprendre. On venait de finir BlacKkKlansman, de Spike Lee.

Pour moi, ça représentait très exactement ce que je reproche à la fiction : ouais, ok, ça te fait vivre des trucs, mais ça tape toujours à côté.

Le film est tiré d'une histoire vraie : celle de Ron Stallworth, un jeune officier noir du Colorado, qui a infiltré le Ku Klux Klan à la fin des années 70. Sauf qu'à tout prendre, je préférerais toujours lire la bio que cet homme a écrit, ou Angela Davis, citée par le film, et ce en dépit des indéniables qualités du film de Spike Lee.

Le film prend quelques libertés avec la réalité : cette histoire de bombe déjà, qui ne s'est jamais retournée contre les suprémacistes puisqu'elle n'a jamais été posée (elle aurait clairement pu l'être, oui, mais du coup non) ; puis cette histoire de *l'unique* flic raciste de la brigade qui tombe pour abus de pouvoir, meh.

Au final, je reproche 2 choses : d'adoucir, polir, simplifier, et de prétendre qu'à la fin, les gentils ont gagné.

Pourtant... le film le sait, puisqu'il contient une part de documentaire, visiblement conscient de ses propres limtes, avec des images d'archive de la manifestation de Charlotteville qui a vu un automobiliste foncer dans la foule et tuer une manifestante, Heather Heyer... en fucking 2017. Avec, derrière, le discours de Trump "les 2 camps étaient violents" nanani nanana.

Bref. Les arguments des auteurs de ce film (source de l'image : https://5280.com/meet-ron-stallworth-the-colorado-detective-who-is-the-subject-of-blackkklansman/), et du Chéri aussi c'est : un film de Spike Lee fera toujours plus parler de la cause des Noirs que tous les livres de Angela Davis.

Et donc c'est à peu près là que je monte sur mes grands chevaux 😅

Déjà, non ? Je pense pas que le film de Spike Lee ait plus fait pour la cause des Noirs que toute la carrière et l'activisme d'Angela Davis, non (et purin quelle violence de le penser). Spike Lee ira pas en prison pour ça et je pense même pas qu'il initiera la moindre prise de conscience en qui que ce soit.

Ok, bon, disons que ce film est à part vu qu'en tant que biopic / inspiré de faits réels, son travestissement de la réalité est déjà patent et irréductible (j'y crois qu'à moitié mais bref).

Quand je dis que j'y crois pas... c'est que j'ai vu des fictions qui faisaient un sacré taf en matière de transmission de la réalité, je pense même pas que ce soit inhérent au genre ou au médium. Mais bien à l'intention.

Parce qu'après dans le débat arrive la question de la vulgarisation et sa prétendue accessibilité.

Oui c'est aussi là qu'on va parler d'élitisme du coup.

Pour moi, et si l'on suit la logique du "c'est une entrée dans le sujet", l'étape d'après avoir vu ce film... c'est lire Angela Davis. Non ?

Beh visiblement non. Ça *remplace* littéralement Angela Davis. C'est le principe de la vulga : faire comprendre des trucs à celleux qui ne feront jamais de physique nucléaire, d'économie, ou d'études des psalimpsestes grégoriens du XIIe siècle (j'invente hein).

Sauf que... "Le racisme pour les nuls", vous êtes sûrs ?

La sociologie n'est pas une science. C'est un putain de sport de combat.

Et j'ai une autre conviction : tout est politique. Tout est orienté. Oui, même ta SF, ta fantasy, ton policier.

Je vais certainement pas cracher sur le film de Spike Lee : il était très bien. Les Noirs y sont correctement représentés et on voit des Blancs se comporter en humains et se poser les bonnes questions.

C'est une part du boulot. Mais ça ne devrait être que le début.

Le Chéri me disait que ce film, il peut en parler avec tout le monde sans passer pour un chieur, contrairement à Angela Davis, plus clivante, plus pointue, plus ardue.

Et moi de répondre que peut-être s'il pense ça d'Angela Davis, et qu'il ne peut pas en parler... c'est ptêt et avant tout justement parce qu'il ne l'a pas lue ? 🙃

Ardue. Angela Davis. On est donc dans cette dimension où lire (parce que *lire*, apparemment) Angela Davis c'est... élitiste.

Là, je bloque complètement. En gros, j'entends "me cultiver c'est utiliser l'arme de mon ennemi", ou encore "tout le monde peut pas lire donc je lis pas", ça me rend dingue.

Avoir eu accès à des études universitaires en dépit de mes origines va pas me faire culpabiliser une seule minute.

En tant que femme je SAVOURE et j'utilise mon droit à l'éducation. Je l'utilise même pour BIEN BIEN me rencarder sur le fait que ce droit n'est tellement pas partagé...

En tant que femme blanche je vis comme une obligation, un devoir, de me savoir privilégiée.

Je sais, le plus exactement qu'il m'ait possible, le prix qu'a payé le monde pour que j'en sois là. À quel point c'est une chance et donc une injustice. Je veux savoir pourquoi je souffre si peu. Et qui prend pour moi.

Blabla, ça fait pas mouche ce genre de propos.

Parce qu'après y a la flemme. Et puis peut-être aussi la peur de la culpabilité.

In fine, y a... le plaisir. Et d'autres considérations très entendables du type : "quel monde de merde, j'en chie assez pour me farcir double dose de souffrance quand j'ai du temps libre".

Tu m'étonnes.

Et je me reconnais assez insensible à ça. Je deprime pas devant un discours de Trump. Je ressens bcp de choses, même des trucs qui ressemblent à des bouffées d'angoisse mais lire Davis SOULAGE ça.

Lire 800 pages de propos révolutionnaires (lisez Les luttes et les rêves), ça me heal.

Donc oui, on gère ni notre temps ni nos peurs de la même façon.

C'est bien parce que le temps est compté que je refuse, un peu "par principe", de lire de la fiction.

Je vais aller plus loin : un essai, un documentaire C'EST de la fiction. C'est toujours un récit partiel, partial et orienté. Mais y a un vrai choix d'embrasser le réel. C'est ce qui rend certaines fictions incroyables. Et c'est ce qui manque à certains essais partisans.

Mais ce n'est qu'en lisant, en apprenant, en me cultivant, que je saurais faire la difference.

Y a des dizaines de milliers d'années d'histoire derrière moi. Comment peut-on se plaindre de la voir se répéter sans se donner la peine de vraiment la connaitre ?

Au final : plot twist JE LIS DE LA FICTION. Je regarde de la fiction, beaucoup même. Et aussi je passe un temps considérable à écouter des conférences, lire des essais historiques, écouter, bouffer, lire de la théorie.

La fiction c'est un peu comme la réalité : c'est de la mise en application de tout ça. Le réel est tellement fictif. On voit si mal ce qui nous entoure. On vit d'illusions à déjouer, non ? Lire de la sociologie pour moi, c'est comme étudier la langue que je parle tous les jours.

C'est étudier les règles du jeu. C'est apprendre la recette de ce dessert qui me fait tant kiffer au restaurant. C'est réparer moi-même ma fuite de robinet. C'est avoir mon avis et pas celui de lae voisin.e.

C'est m'éveiller, prendre conscience, verbaliser, nommer.

Ça m'évite de prendre Fight Club pour un pamphlet mascu.

Revenons a la flemme, à la culpabilité et à la difficulté de parler avec tout le monde des violences racistes.

Déjà avoir mis tous ces mots dans la même phrase devrait suffire non ?

Avec qui ne peut-on pas parler des violences racistes, au juste ?

Si tu réponds "des gens très bien parfaitement normaux, genre mes collègues" ooopsiiiie, est-ce qu'on n'est pas à 2 doigts de comprendre qch là ???

Angela Davis n'est pas "ardue" cognitivement. Elle est dérangeante.

On en revient à l'eternel problème : dans le fond on ne convaincra que les convaincus ? C'est ce que fait Angela Davis, c'est ce que fait Spike Lee 😔

Je dis nooooope.

Ces 2 formes de récits ne servent pas à convaincre, exister leur suffit. Vous pouvez même vous dispenser d'en parler à la machine à café si vous pensiez que c'etait le but.

Ils servent de marchepieds aux suivants, ce sont des jalons de pensée. Enfin, là, Davis est le marchepied de Lee qui propose une forme, pas du fond.

Davis existe et elle a parlé, c'est fait, on ne reviendra pas en arrière. Vous pouvez en parler, Spike Lee en a fait un film, des millions d'humains seront irrémédiablement edifiés.

Certainement vous trouvez du Davis dans ce film et c'est bien, de ce fait, de l'avoir vu.

Pas besoin de lire, Marx, non. Pas indispensable de lire Fanon, j'imagine. On vit dans leur héritage et tu es déjà convaincu.e, non ?

Mais si tu cherches les mots pour penser sur lesquels t'appuyer, tu sais où les trouver.

Personne ne nous a demandé de faire le SAV de l'antiracisme hein. Je vois bien quelle figure du militant effraie ici : le mec blanc qui ne parle que de ça, très agressif, qui tourne en boucle etc. eh bien ne le soyez pas ?

Globalement, en vrai, on parle pas d'antiracisme avec les raciste, je suis con quand je dis ça ou pas ?

On peut tout juste se glisser dans le continuum de pensée politique de quelqu'un·e qui chemine. Et là PAF : Angela Davis. Edward Said. Fanon.

@Volu Moi j'envisage toujours les choses comme un arc pour résoudre les paradoxes, et vite fait ça donne qu'on n'a pas besoin de choisir entre les angles: il faut la représentation c'est crucial, et il faut une représentation positive au moins de temps en temps pour les concerné⋅e⋅s parce que la réalité est pas assez encourageante sinon, il faut un équilibre entre la représentation des défaites et celle des victoires. Et parallèlement il faut l'analyse minutieuse, qui doit nourrir un peu tout, et qui constitue une autre étape. Et l'écueil et la ligne à pas franchir c'est produire de la fiction ou du matériel qui donne bonne conscience aux non concerné⋅e⋅s et aux responsables. Et autour y a la critique, il me semble que Tyler Perry avait allumé Spike Lee sur le film, et c'est la critique et le discours autour qui corrige les dépassements éventuels d'un côté de l'arc ou de l'autre.
(Et de toute façon quoi qu'on fasse c'est ruiné et tordu par le racisme ou la discrimination donc autant faire des choix y a pas une seule bonne manière. Y a toujours le soupçon que les choses ont été diluées et adaptées au public dominant, et en même temps y a l'accès concret à un certain pouvoir et à la parole publique quand une production devient mainstream.)
(C'est comme pour le black history month, c'est à la fois trop court et trop restrictif, et essentiel car c'est une étape pour le faire toute l'année, et toutes les critiques sont là pour bien ancrer que c'est trop court. Et la charge trumpiste contre les politiques de diversité prouvent bien que même ça c'est jamais acquis donc c'était important.)

@serenity Tout à fait d'accord.

Je ne refuse certainement pas à la fiction le droit d'exister, et je ne dis pas davantage qu'elle ne sert à rien. C'est même très important, pour faire vivre les idées, les incarner, les porter.

Tout ce que tu dis sur les limites de la fiction (discours dominant, dilution, bonne conscience etc.) font partie de mon propos, oui, et explique pourquoi je m'en détourne si facilement.

@Volu Sorry j'ai dû pas bien goupiller mon truc je voulais pas faire des redites, j'essayais d'axer sur comment je résous les désavantages apparents des approches. (Ce sont des réflexions que j'avais eues à l'époque de la sortie du film que j'ai pas vu, et plus généralement qui me viennent souvent sur le traitement de l'histoire, j'en ai profité pour les mettre au clair.)
@Volu
Plus les jeux vidéo et votre taf ? Et votre blog ? Et Mastodon ? ...
Vous dormez combien d'heures la nuit ?
@Volu Très bonnes questions. Pour ma part, j'ai lu bcp de fiction jusqu'à mes 25 ans, puis pendant 20 ans, surtout des essais, dans la même démarche que vous décrivez. Maintenant je lis des essais le matin et de la fiction le soir 😄
Les 2 sont importants et finalement autant prendre le temps. Je lis justement "Les luttes et les rêves", lentement, mais c'est super. Et j'apprends aussi bcp en lisant par exemple "Chroniques du pays des mères", complètement fictif.
@ebrehault Voui, j'ai eu un peu ce même mouvement là : vers 20 ans, j'ai complètement cessé de lire de la fiction. Je m'y suis remise il y a peu, avec les conseils du Chéri justement. La question du temps est cruciale ici.
@Volu Quant à l'élitisme, pour moi c'est un faux procès. L'élistisme n'a rien à voir avec vos propres pratiques culturelles. Il n'existe que si vous vous basez sur vos pratiques pour exclure les gens qui n'ont pas les mêmes. Personnellement je me sens plus à l'aise pour parler de féminisme en ayant lu Monique Wittig par exemple, mais je veux bien écouter les positions féministes de quelqu'un qui a vu La Servante Écarlate (et bon, d'autant plus si c'est une femme, évidemment).
@Volu
Parfaite illustration ("plus fort d'un roman") :
@Volu je suis carrément d'accord, un film remplace rien, c'est une entrée supplémentaire pour saisir toute la complexité du sujet. Surtout les biopics arg. Par exemple celui sur Turing qui est complément wtf, ca ne saisit qu'une toute partie de sa vie et je me souvient plus je me demande si il ont pas rajouté de la romance fiction a la con comme ils aiment bien faire. Après a l'ère de tiktok et des youtubeurs vulga qui sont pas forcément tous très bon on vit pas vraiment dans une ère qui amène a creuser les sujets... Je lisais seulement de la Sf en roman, et maintenant j'ai même du mal a trouver du temps pour, je préfère lire autre chose pour essayer de mourir moins con sur certains sujets.
@SReyCoyrehourcq @Volu que je vous lis je ne peux m'empêcher de penser à Barjavel et La nuit des temps, qui est un sacré bouquin. Pour ma part, je trouve que le fait de lire des classiques tels que celui-là n'est jamais une perte de temps. Soit parce qu'ils font réfléchir, soit parce qu'ils nous enseigne un récit et des références dans lequel notre réel baigne, ce qui nous permet de mieux le comprendre.

@antoinechev @SReyCoyrehourcq J'ai peur de l'indigence de la littérature fictionnel. Y a des valeurs sûres, mais je ne m'en donne pas le temps.

J'ai adoré Barjavel moi aussi. Giono. Comme dit, en vrai je lis de la fiction. Mais rââââh, tant de choses à apprendre !

@Volu @SReyCoyrehourcq oui, tant de choses à apprendre et si peu de temps. C'est pour ça que nous devons faire des choix. Et même en en faisant, je ne sais pas si j'arriverai un jour au bout de ma pile de lectures 😂

@Volu Je ne lis que très peu de romans également. Je me suis aperçu que je préférerais les histoires qui parlent de ce qui n'est pas et qui sont positives, qui présentent un espoir (j'ai adoré Murderbot's diaries).

Est-ce que votre débat ne manque pas quelques non dit ? Pourquoi ne serait-ce pas l'un et l'autre qui peuvent avoir raison ? Est-ce que les personnes qui lisent une bio sont-elles celles qui vont au cinéma ? Et les personnes qui vont au cinéma lisent-elles ?

@cell y a pas de raison ou tort, ça se joue pas comme ca. Je ne parle que de lui et moi : l'un ne lit que de la fiction, l'autre pas. Forcément nos arguments sont hyper clivés et marqués. C'est ce qui rend le propos si tendu, oui. Mais en fait... je lis de la fiction et j'aime ça, juste beaucoup, beaucoup moins que lui. J'interroge ça.

@Volu C'est le "sans passer pour un relou" qui m'ennuie le plus.

Pour le reste, si vous arrivez à toujours vous entendre, c'est bien :)

@cell On s'entend très bien aha ah, juste on galère un peu quand il faut choisir un film à regarder le dimanche soir 🤔 et je crois que chacun·e se sent un peu méprisé·e par l'autre (sur ce point spécifique, pas complètement existenciel non plus), c'est embêtant quand même.
@Volu
Il n'y a aucune injustice à ce que vous en soyez là ! L'injustice, elle est plutôt du coté de ce qui ne peuvent pas y arriver et c'est leur situation qui vous donne l'impression d'être une privilégiée. Du moins tant qu'on ne tombe pas dans le superflu de la société de consommation, car pour "les autres", c'est le minimum vital (dont la culture et les loisirs sont une part majeure) à quoi on pense ...
@Volu
Moi je ne vois pas bien pourquoi il y aurait un débat qui opposerait les deux. L'*immense majorité* des gens n'ira de tout façon jamais lire Angela D., Fanon, Césaire, Baldwin, simplement parce qu'ils ne lisent *rien*, *jamais*. Je ne me souviens plus des chiffres exacts, mais il y déjà quinze ou vingt ans, j'avais lu une enquête hallucinante sur l'illettrisme en France :
> https://fr.wikipedia.org/wiki/Illettrisme
Oui, je crois que la fiction peut efficacement "doper" la diffusion d'un message engagé.
Illettrisme — Wikipédia

@Volu
C'est très intéressant ce que tu dis, j'ai pas grand chose à ajouter puisque je ne connais vraiment pas bien Spike Lee et n'ai pas vu le film. Mais c'est sympa d'avoir ton avis 👍

@Volu super intéressant ton thread, ça me parle beaucoup et ça me fait penser à des discussions que j'avais eues avec quelqu'un autour des reportages de Cash Investigation il y a quelques années.

Et pour moi le nœud ce trouve dans ce message de ton thread auquel je répond.

En fait vulgariser et rendre accessible c'est bien en tféorie, mais il faut savoir dans quel but.

Si le récit (film, série, livre, fiction, peu importe finalement) se contente de diluer un matériau de base pour le rendre cognitivement ou matériellement accessible mais sans préserver l'intention initiale, la renforcer, ou en proposer une autre, quel est l'intérêt ?

Avoir des millions/milliards de gens qui connaissent les acteurices, la chronologie de certaines périodes ou le vocabulaire importants de l'antiracisme, c'est utile en théorie mais ça ne construit pas en soi un antiracisme.

Pour Cash Investigation ça me titillait de la même manière sur les questions anticapitalistes. Les reportages que j'avais vus faisaient objectivement un beau travail de décorticage et explication des mécanismes d'exploitations capitaliste et colonialiste dans l'industrie textile.

Par contre arrivé à la fin, on a pas grand chose à quoi se raccrocher pour donner envie ou imaginer construire autre chose. Juste de l'indignation, et boycotter telle marque, éventuellement.

Et du coup, pourquoi Cash Investigation me raconte ça ? Quel est l'intérêt ? L'intention ?

@Volu Débat intéressant. Moi je ne lis que des romans, et une majorité de science-fiction mais sans doute parce que j'ai besoin de cette distance à la réalité. Mais à mon avis la plupart des films de sf sont mauvais, pas assez politisés.
@Volu En fait, sur la « fiction » inspirée d’un fait réel, ben je préfère le fait réel.
Côté fiction, c’est science-fiction essentiellement, parce que là, on est vraiment dans l’imaginaire et ce qui explose le réel, tout en s’interrogeant sur les questions existentielles de base.
@Volu coucou Jia tout lu ton explication et j'ai adoré ta prise de recul et ton humilité. Je trouve ça génial comme débat, on ne le voit pas souvent ?!
J'ai aussi du mal a trouver un film a regarder en couple car on est pas d'accord, je suis celle qui préfère une comédie (mais les comédies françaises ont toujours une part de drame), drame ou tvshow pour m'évader alors que Mr dit que cela ne lui apprends rien et donc c'est inutile 🧐 On a tous un passif, a creuser dans l'enfance j'imagine ?...
@Volu mais cet exemple, est ce la fiction ? Je déteste moi aussi les fictions réalistes. Elles disent souvent peu du monde... Mais je raffole des fictions vraies. Un de mes personnages préférés est Cugel l'astucieux (de Vance). Son attitude impliquee envers le monde qui l'entoure, et le caractère absurde de cet univers en dit selon moi plus sur notre monde et notre vie sociale que toutes les fictions réalistes.
@Volu
Ouaips, c'est la distinction entre le docu- fiction, qui explose depuis dix ans sur les réseaux, et le film inspiré d'une histoire vraie. Ni l'un ni l'autre n'est forcément objectif, mais le premier cherche quand même une reconstitution des faits aussi complète et précise que possible pour évoquer une réalité qui n'a pas été filmée, ou trop mal pour être présentable au grand public. Le second, eh bien ça peut être plus ou moins n'importe quoi, mais ça peut être génial.
#MississipiBurning
@RocknRoll_Papy J'aurais tendance à être plus attirée par une fiction inspirée de la réalité ou un docu-fiction, oui, j'aime beaucoup trop apprendre des trucs, juste pour le plaisir d'apprendre. Et y a moyen que je sois déçue si le truc est traité par-dessus la jambe.