Je fais passer une bonne nouvelle pour une fois, de mes collègues linguistes :

"Depuis le 16 mars, on peut se procurer le nouveau Bescherelle « L'Art de conjuguer » en librairie ou par commande en ligne. La nouvelle édition contient un formidable ajout : elle signale systématiquement la réforme de l’accord du participe passé (PP).

En effet, cet ouvrage bien connu, publié par les Éditions Hurtubise, reconnait ce que le Conseil international de la langue française (CILF) et la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) recommandent :

- le PP employé avec avoir peut toujours rester invariable;
- le PP employé avec être peut recevoir en tout temps l’accord du sujet.

Il s’agit d’éliminer les exceptions en généralisant ces deux règles de base de l'écrit, qui couvraient déjà traditionnellement environ 92 % des cas de PP lus ou écrits dans les textes (Désilets 2019 ; article joint au message).

Des formes écrites comme « ils les ont félicité » et « ces personnes se sont parlées » sont donc attestées dans cet ouvrage grand public. Au Québec, l’AQPF et l’AQEFLS recommandent aussi cette réforme, comme d’autres organisations dans le monde.

En librairie, assurez-vous de mettre la main sur la nouvelle édition, avec la couverture vert forêt (et non la blanche).

De plus, ce Bescherelle « L’Art de conjuguer » 2026 applique maintenant les rectifications orthographiques dans le corps de l’ouvrage (explications et exemples). Évidemment, il continue de mentionner les deux graphies (traditionnelle et moderne) des verbes touchés par les règles de l’orthographe rectifiée."

(poke @laelia_ve @MarCandea @f_moncomble )

#linguistique #réforme #grammaire #orthographe #participepassé

https://www.researchgate.net/publication/351607157_Le_participe_passe_hier_aujourd%27hui_et_demain

@Gouximan @laelia_ve @MarCandea @f_moncomble
Et tant pis pour la multitude de cas où l'accord livre le sens de la phrase et permet de trancher sur le référent d'un pronom personnel sans alourdir la phrase. Encore un petit effort, et plus personne ne sera capable de comprendre autre chose que le langage inspiré par les essais pro anglophones. Enfin, ça facilitera toujours le boulot de l'IA…
@selenacht @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble ces cas sont rarissimissimes, le contexte permet très souvent de lever les ambigüités théoriques et rien n'empêche en plus de manier cet accord pour un effet stylistique justement, quand on estime qu'il est utile. Cette réforme va libérer l'usage, comme on dit, et permettre plus de nuances et de jeu tout en enlevant la peur de l'erreur sur ce point
@MarCandea @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble
Certainement pas "rarissimes", non. Relativement peu fréquents peut-être, mais ça en fait toujours beaucoup où l'ambiguïté est levée sans même que nous y prenions vraiment garde.
@selenacht @MarCandea @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble vous auriez un exemple ? J'ai pas trop compris :)
Sinon j'aime toujours ce TEDx de 18mn sur la complexité recherchée de la langue française à partir du 19e pour que cela deviennent un truc classiste : https://www.youtube.com/watch?v=5YO7Vg1ByA8
La faute de l'orthographe | Arnaud Hoedt Jérôme Piron | TEDxRennes

Auf YouTube findest du großartige Videos und erstklassige Musik. Außerdem kannst du eigene Inhalte hochladen und mit Freunden oder mit der ganzen Welt teilen.

YouTube
@Yrrussaj @MarCandea @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble
Oui, ce qui concerne le lexique, pas la grammaire. L'accord est plutôt sur le même plan que le cas en allemand.
@selenacht @Yrrussaj @MarCandea @Gouximan @laelia_ve Des locuteurs tout à fait « compétents » (éducation supérieure, postes à responsabilité, etc.) omettent très régulièrement à l’oral l’accord en genre des rares PP où il s’entend (par ex. prendre, mettre, inclure). L’accord en nombre, lui, ne s’entend *jamais*. Et devinez quoi ? Il n’y a aucune ambigüité.

@selenacht @Yrrussaj @MarCandea @Gouximan @laelia_ve Les exemples d’ambigüité sont toujours donnés hors contexte or, dans la vraie vie, il n’y a pas d’énoncés hors-contexte.

Quant à l’anglais, with all due respect, quel rapport ? L’absence d’accord du PP serait un « anglicisme » ?

@Yrrussaj @selenacht @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble un exemple artificiel qui est souvent donné avec beaucoup de mauvaise foi pour illustrer la levée d'ambigüité c'est il famoso "la mort de l'homme que j'ai désiré/ désirée", exemple qui reste joliment ambigu au présent, et ambigu à tous les temps si on remplace homme par femme. Exemple typique dont l'ambigüité serait levée par la connaissance du contexte, ne serait-ce que par la suite de la phrase... Ces cas sont rarissimissimes dans les textes. Et du reste, s'ils pouvaient faire trébucher les modèles d'IA et nécessiter une compréhension humaine du contexte, je vais pas pleurer 🤷
@MarCandea @Yrrussaj @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble
1. Les exemples auxquels je pense, c'est ceux sur lesquels je tombe en lisant et en corrigeant. Pas rarissimes et réels.
2. Non, l'IA sera pas gênée, c'est nous qui allons employer plus de mots pour dire la même chose.
3. En quoi exactement réserver l'accès de la maîtrise de certaines nuances de la langue est-il égalitaire ?

@selenacht @Yrrussaj @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble c'est pas grave si on n'est pas d'accord sur 1. et 2., et pas constructif de se contredire ici, dans l'abstrait sans exemples. Si j'ai le temps je vais chercher les chiffres de fréquence, mais là je suis dans un train.

Pour le 3. c'est un malentendu, on pourra bien plus facilement enseigner la règle rationnelle nouvelle aux enfants, ça évitera de devoir leur enseigner le complément d'objet bien trop tôt, et on pourra enseigner à tout le monde un peu plus tard que les accords variables peuvent être des ressources stylistiques, comme pour 'la majorité fait/ font' etc

Bonne journée

@MarCandea @Yrrussaj @Gouximan @laelia_ve @f_moncomble
Ce qui me gêne, ce sont des simplifications qui entérinent une langue managériale déjà très sciemment appauvrie, ce calque de l'anglais là. Ceux qui la maîtrisent le mieux sont rarement complexés. Et, mais c'est un autre sujet, sur lequel je serais moins tranchée, je crois aux vertus d'une certaine complexité.
@selenacht @MarCandea @Yrrussaj @Gouximan @laelia_ve Les études (cf. Flores & Rosa, Cushing, Snell, etc.) montrent que les personnes (ou catégories de personnes) qui subissent des discriminations sociales au prétexte de leur manque de maitrise de la langue standard continuent à les subir quand elles se conforment aux attentes normatives : le problème n'est donc pas linguistique.
La langue dite "standard" n'a d'ailleurs pas d'existence empirique : personne ne la parle réellement. Elle est une norme abstraite construite sur la base des usages des groupes sociaux dominants, lesquels s'en affranchissent allègrement sans avoir le moins du monde, contrairement aux autres, à subir les effets stigmatisants de ces déviations.
L'imposer à toute une communauté linguistique n'a donc rien d'égalitaire : cela revient au contraire à dire à une bonne partie de la population que leurs usages sont illégitimes.
Et l'insécurité linguistique que cela engendre a des effets réels, notamment sur la réussite scolaire des élèves qui sont cibles de ce discours, indépendamment de leurs compétences réelles.
Enfin, malgré mes efforts, je ne vois toujours pas le rapport entre la dépénalisation de l'accord du PP et la langue managériale et l'anglais (qui n'est d'ailleurs pas la langue "simple" ou simpliste que vous semblez y voir).