Toujours sur #Mélenchon et sa saillie antisémite sur #Epstein la semaine dernière, une vidéo très intéressante de #ClémentViktorovitch sur une manifestation ancienne de l' #antisémitisme passant par le nom, et remontant au 19è siècle et à la tendance à essayer de classer les humains en #races #biologiques et #culturelles. Les juifs étant, globalement, physiquement indistingables des autres européens, c'est donc par leur nom qu'on a cherché à les identifier.

https://www.youtube.com/watch?v=utOcyFHOb5k&t=1468

Mélenchon - Epstein : les éléments pour comprendre la controverse - Clément Viktorovitch

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Il s'est alors agit pour les #antisémites de l'époque de répertorier les prénoms et noms juifs, ce qui a provoqué, en réaction, une tendance par les juifs à modifier leurs noms yiddish ou hébreux pour leur permettre de se fondre à nouveau dans la masse, lorsqu'ils fuyaient leurs régions/pays où ils avaient été la cible de #pogroms. C'est ainsi que nombre de noms se terminant en "aïm" sont transformés en "ein" pour faire plus germanique, ceux en "icz" polonais, en "itch", pour faire plus russe.
Apparemment, ce fut le cas pour le grand-père de #ClémentViktorovitch dont le nom s'écrivait probablement à l’origine "Viktorovicz". Parce qu'en France, au début du 20è siècle, un nom a consonnance russe avait moins de chance d'être juif. Par ailleurs, comme de nombreux immigrants aux USA, nombre de juifs d'Europe ont modifié un peu leurs noms ou leur prononciation, en signe d'intégration socio-culturelle. Un certain Trumpf a ainsi anglicisé son nom en #Trump...
Mais malgré les horreurs de la Shoah et des camps, l' #antisémitisme s'est perpétué sous diverses formes dont l'obsession du nom qui peut aussi bien trahir le "juif" qu'être un déguisement à lui arracher. Les #antisémites ont ainsi créé une sorte de juif de Schrödinger, à la fois visible et invisible, jusqu'à ce qu'on découvre son "vrai" nom. Et dans les deux cas, il risque de mourir.
Encore aujourd'hui, j'entends encore régulièrement, autours de moi, des gens me dire des choses du genre: «Ah, un·e tel·le est un·e bon·ne juif·ve, vu son nom!» ou encore «C'est typiquement un nom juif!». J'ai toujours ressenti une énorme gêne, face à ce genre de commentaire. Non seulement parce que ça me semblait fondamentalement malsain comme obsession, mais aussi parce que j'ai remarqué que ce réflexe se déclenche bien plus facilement quand il s'agit de nom potentiellement juif.
Quand on tombe sur un nom à consonnance exotique, comme, par exemple, Munir (turk), Azari (Indonésie), Akane (Japon), etc, personne ne va se demander si cette personne est juive. Certains racistes se demanderont peut-être si du "musulman" ne se cacherait pas dedans. Mais, grosso modo, l'obsession de l'identification d'un groupe par les noms concerne essentiellement les juifs.
La raison pour laquelle la saillie de #Mélenchon à propos de la prononciation d' #Epstein a tellement choqué, c'est qu'elle renvoie directement à ce lourd historique toujours d'actualité. Mélenchon devait savoir qu'il mettait les pieds dans une zone fortement minée et effectivement, ça lui a explosé à la figure. Mais pour une très bonne raison. Alors qu'un #neofascisme 2.0. est en train de nous tomber dessus, la dernière chose à faire, c'est de s'amuser sur le judaïsme caché ou avéré d'un nom.