#vendredilecure en retard ou en avance, c'est vous qui me direz -- mais j'ai pas mal lu ces 4 derniers jours so here I am !

  • Trois Récits, de Jean-Luc Lagarce
    Il y a un mois environ, j'ai écouté un podcast sur Jean-Luc Lagarce qui m'a grave donné envie de le lire ! J'étais particulièrement intriguée par ces Trois Récits, vu qu'un extrait du Bain avait été lu pendant l'émission et, well, c'était nice ! L'écriture de Jean-Luc Lagarce peut être un peu agaçante car très répétitive par moments (de ce point de vue-là, je trouve que L'Apprentissage est le texte le plus pénible à lire), mais je retiens surtout de ce livre beaucoup de tendresse et de... pudeur ?? (Ce que j'appelle "pudeur", c'est ce refus de nommer la maladie dont souffre le narrateur/auteur [on parle ici de "récits" et pas de "nouvelles"], qui fait qu'on ne peut pas clairement rattacher ces textes à la littérature du sida, mais qu'ils gardent une certaine universalité.) S'agissant de la tendresse... C'est tellement doux Le Bain... cette façon qu'ils ont de s'aimer très doucement, en ayant peur de se casser... -- trop beau. Lagarce et Riboulet, même combat. (Mathieu Riboulet se répète moins, j'ai l'impression.)

  • Auto-destruction. Pourquoi la voiture détruit le monde (et comment arrêter ça), de Kilian Jörg
    Z, la copine qui m'a prêté ce livre, me fascine : depuis des années, elle ne se déplace plus qu'en vélo et en transports en commun -- quitte à arriver au beau milieu de la nuit et se retrouver à dormir dans un moulin désaffecté. (I love her.) Je vous jure : elle refuse de monter en voiture. Et, franchement, après avoir lu ce bouquin, je me dis qu'il serait temps que je me mette au vélo. J'ai pas trop trop compris le 2ème tiers (les chapitres plus philos sur le fascisme), mais c'est super instructif et, même si je trouve la conclusion pas hyper convaincante (j'ai l'impression que l'auteur·rice croit encore trop en la possibilité de compromis avec les pouvoirs publics), ça m'a aussi donné de l'espoir, des perspectives sur d'autres mondes possibles. À relire, donc -- histoire de m'approprier le discours sur le fascisme inhérent aux courbes des SUV.

  • Je vis dans une maison qui n'existe pas, de Laurène Marx
    Là aussi, ça se répète pas mal -- mais c'est moins agaçant que dans L'Apprentissage. Sans doute le livre qui m'a le moins touchée des 4 que j'ai lus ce weekend. Un long poème sur la folie, l'enfermement, les violences intrafamiliales et comment, enfant puis adulte, on se construit des espaces propres pour survivre. Quelques passages m'ont beaucoup émue quand même -- mais c'est pas hyper évident à suivre, voir où ça mène, etc., donc bon.

  • Le palais des deux collines, de Karim Kattan
    Premier roman de Karim Kattan, le deuxième que je lis de lui -- c'était magnifique. Un mec retourne dans la maison qui l'a vu naitre et grandir, sur le point d'être annexée par des colons isréalien·nes armé·es. Alors que le danger se rapproche, accompagné du fantôme de sa grand-mère, il remonte le cours de l'histoire, déterre les secrets de famille et met au jour les ambiguïtés des un·es et des autres. La structure du récit est un peu confuse par moments, mais ça ne gêne pas la lecture et, comme dans L'Éden à l'aube, je me suis laissé porter par l'écriture, merveilleuse, de Karim Kattan.

#mastolivres #mastolivre

@mme2saintplaat le laurene marx, joué c'est vraiment super <3 belles lectures