Pas de paradoxe avec l' #Ecole42. Son discours marketing est celui du #néolibéralisme actuel: « Si tu veux survivre, tu dois te débrouiller pour apprendre à nager et personne ne sera là pour te récupérer si tu coules.» D'où l'analogie avec la « piscine » pour chaque nouvelle volée. Il est certes attendu des « étudiants » qu'ils apprennent à collaborer, mais seulement ponctuellement et en n'oubliant pas qu'ils sont aussi tous en concurrence les uns contre les autres.

https://www.letemps.ch/societe/a-l-ecole-42-de-lausanne-l-envers-d-une-pedagogie-radicale

Et il est évident qu'un tel environnement n'est favorable qu'à Une petite partie de la société: les hommes blancs, socialement et économiquement privilégiés, mais qui sont peut-être moins scolaires. L' #Ecole42 leur propose alors une sorte de « seconde chance » hors du système de formation habituel, mais qui consiste à vous balancer directement dans le #néolibéralisme forcené actuel, simplement enrobé d' une couche de #gamification pour donner l'illusion d'une école.
En réalité, L' #Ecole42 est une espèce d'usine, fonctionnant sur la base du #DarwinismeSocial , pour générer une masse d'employés peu formés aux défis actuels du numérique, mais dociles au possible et exploitables jusqu'à la moëlle. Le tout dans un environnement rassemblant tous les aspects propres au #masculinisme : solidarité ponctuelle et conditionnelle, voire manipulative, compétitivité à tout crin, rejet de toute faiblesse, #individualisme forcerné, étalage de la force , etc.
Tu m'étonnes qu'il n'y ait pas plus de 20% de femmes parmi les élèves! Et je doute qu'il existe une quelconque formule marketing magique qui pourrait attirer plus de femmes dans ce genre de formation, alors que rien n'est fait pour répondre à leurs besoins d'équité et de justice. Or, dans un tel environnement de #DarwinismeSocial et de #néolibéralisme, les femmes sont considérées au mieux comme des concurrentes illégitimes, au pire, comme des proies balancées dans une piscine de pyrannahs.
Alors, on me répliquera que l'une des directrices de l' #Ecole42 de Lausanne est...well, une femme et qu'il y a des candidates qui s'en sortent très bien. Et qu'il faudrait donc s'inspirer d'elles ... gnagnagna...Sérieux? Je mets ma main au feu que ces femmes sont celles dont les conditions matérielles et sociales se rapprochent le plus des mecs qui s'en sortent: pas d'enfants, pas de foyer à gérer , pas de problèmes de santé mensuelle, un solide réseau social pour parer les coups durs, etc.
Parce que quand 99% de la charge mentale du foyer et son maintien sont pour votre poire , il devient assez impossible de passer des semaines entières à bosser quasi-non-stop dans une usine, à y dormir même, plus ou moins isolée au milieux de dizaines, voire centaines de mecs que vous ne connaissez pas, qui plus est, si vous n'avez pas les moyens de payer une nounou à plein temps ou des parents qui peuvent s'occuper de vos responsabilités familiales en votre absence.
Et j'ai mentionné le fait de se retrouver plus ou moins isolée au milieux de dizaines, voire centaines de mecs cisgenre hétéro et potentiellement bien masculinisles ? Y compris pendant la nuit, quand vous devez dormir sur place, parce que vous ne disposez que de 2-3 heures de sommeil par nuit? Mais ouais. ça donne totalement envie à une femme ou à des #LGBTQIA+ ou d'autres minorités de sauter dans la #piscine de l' #Ecole42 qui semble plus tenir d'un #BattleRoyal que d'un lieu de formation.

@ariane Très bien dit, tout le thread.

Et comme d’habitude, Le “regard critique” que le Temps donne à tout ça est très timide. C’est presque un publireportage.