Ce #vendredilecture je remonte en arrière du projet littéraire de #JéromeFerrari de quelques années, avec « Dans le sécret » de 2007 qui, cinq ans avant « Le sermon sur la chute de Rome », dévoile déjà l’idée de la contingence du réel et de l’imaginé, de rêve et de vie, dans le monde insulaire au sens propre et figuratif (la Corse), aux personnages sans identités personnelles, aux compossibilités et incertitudes. Peu de philosophes à l’ambition littéraire comme lui (et #TristanGarcia!) sont capables d’écrire de vrais romans sans les surcharger de réflexions moralisatrices sans fin. Mieux que ça : il se permet même des blagues sur Nietzsche, bien joué ! 1/2
Il est vrai que l’éternel « meilleur des mondes » que #Ferrari se construit à nouveau pour chacun de ses romans soit emprunté à #Leibniz, mais sa méthode de représentation de ce qu’il « dévoile » comme idée est plutôt schopenhauerienne, comme l’a remarqué #MathildeZbaeren dans son excellent ouvrage « Des mondes possibles, des romans de Jérôme Ferrari » (Archipel Essais vol. 23) dont j’ai vous pouetté en septembre : « [Schopenhauer] présuppose à toute expérience esthétique le détachement de (…) son individualité. Mais une fois ce lien coupé et une fois admise l’appartenance à une essence commune, une fois le désir anéanti, alors la souffrance s’éloigne. » 2/2