@Auxforgesdevulcain

Allez, je me lance pour une première question #Édition...

Suite à l'annonce de la faillite des #MoutonsÉlectriques, dans laquelle l'éditeur indique une baisse de 25% des ventes en 2024, et je pose la question à toutes les maisons d'édition indépendantes présentes sur la Fée Diverse...

Avez-vous subi l'année 2024 ? Cela vous a-t-al mis en difficulté ? Avez-vous dû abandonner ou remettre à plus tard certaines publications ?

Merci de vos réponses !

#Mastolivres

Pardon @MoutonsElectriques je n'avais pas vu que vous étiez par ici, sinon je vous aurais adressé le message ^^ directement !

https://re.lire.im/@ps/113822852970212530

#Mastolivres

@Auxforgesdevulcain

Éditions petites singularités (@[email protected])

@[email protected] Allez, je me lance pour une première question #Édition... Suite à l'annonce de la faillite des #MoutonsÉlectriques, dans laquelle l'éditeur indique une baisse de 25% des ventes en 2024, et je pose la question à toutes les maisons d'édition indépendantes présentes sur la Fée Diverse... Avez-vous subi l'année 2024 ? Cela vous a-t-al mis en difficulté ? Avez-vous dû abandonner ou remettre à plus tard certaines publications ? Merci de vos réponses ! #Mastolivres

LIRE.IM
@ps nous avons eu, sur nos nouveautés, une baisse d'un peu plus de 20%. Mais nous avons eu quelques titres forts et des titres de 2021, 2022 et 2023 qui ont continué à se vendre. Donc, ce fut une mauvaise année mais pas de nature à nous mettre en danger. Je crois que l'année 2024 a été en baisse pour beaucoup de maisons.

@Auxforgesdevulcain @ps

Pour @pvheditions, nous n'avons pas assez de recul sur la vente en librairie en 🇫🇷 et 🇧🇪. Nous y sommes diffusés que depuis nov 2022. Concernant la 🇨🇭, nos ventes ont tendance à augmenter ces dernières années mais c'est plutôt lié à une montée en visibilité/crédibilité locale et globale de PVH.
Nos chiffres 2024 sont un peu "faussés" par 2 livres qui marchent plutôt bien #bikepunk de @ploum et Place d'âmes de @saraschneider.
Mais c'est pas Javorski non plus...
1/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Nos ventes sur notre e-shop se sont démultipliées cette année. Au point où on doit se réorganiser et que ça devient une source principale de nos ventes alors que c'était avant presque anecdotique.

Par contre depuis quelques années, je constate une diminution de nos ventes en salons 🇫🇷 et 🇧🇪. J'en parlais encore hier avec Gilles Francescano, directeur des Imaginales. La librairie du festival a aussi vu baisser ses ventes alors que l'affluence semble au plus haut.
2/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Mais parlons de l'éléphant dans la pièce : le droit de retour.
Son danger pour les maisons d'édition n'est pas nouveau. Les moutons électriques ne sont pas sa première victime. Sans même parler de "surdiffusion" (parfois malhonnête), c'est une épée de Damoclès qui ne permet pas aux éditeurs de faire une planification fiable, pour estimer le CA réel et pour calculer les droits d'auteur.
Ajouté à ça, une perte de subvention/soutien imprévue et c'est la mort.
3/x

@ludomire @ps Peux-tu préciser ce que tu entends par sur diffusion ? J'emploie peu le terme et je désigne par là les attachés de librairie, qui sont souvent des free-lances et, en quelque sorte, des commerciaux externes.

@Auxforgesdevulcain @ps

La distribution c'est la logistique. La diffusion, c'est les commerciaux qui vont annoncer et présenter toutes tes nouveautés aux librairies. C'est deux prestations distinctes (parfois des distributeurs font aussi diffuseur)
Chez @pvheditions , on est distribué en CH par OLF et diffusé par Heidiffusion. En FR et BE, distribué par Pollen et diffusion par CEDIF.

@Auxforgesdevulcain @ps

Avant d'être dans la littérature, j'ai travaillé dans le #jdr. C'est des livres mais distribués par les distributeurs de jeux de société, donc pas de retours, que de la vente sèche. La marge des magasins est de 40% soit le double des petits libraires. La distribution coûte 15%. La marge finale éditeur est de 45%, c'est à peu de chose près ce que je fais aussi sur la littérature (42.5% en 🇨🇭 avec un accord global tout compris, entre 55% et 40% en 🇫🇷 et 🇧🇪
4/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Je ne dis pas que tout est rose dans la distrib du JdR, mais ce qu'il faut retenir, c'est que dans le système de retour, tous les risques financiers sont supportés par les éditeurs. Et je ne parle même pas de la surimpression auquel ça pousse.
Quelles alternatives ? Le dépôt-vente ? Mais les libraires sont généralement mauvais payeurs. Pour être franc, c'est la plaie surtout que souvent ils sont mauvais payeurs parce qu'ils ont leurs propres problèmes financiers.
5/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Malgré l'amour que je porte aux libraires indépendants, je ne compte pas trop sur la filière indirecte pour équilibrer mes budgets. Seule la vente directe dégage réellement le CA nécessaire à notre survie, les ventes en librairie sont finalement plus un bonus. La vente directe online et en salon sont également plus fiables et mesurables.

La diffusion/distribution en librairie est surtout un moyen de faire plaisir aux auteurs et de surfer sur un éventuel succès.
6/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Mais pour 9 livres sur 10, la dif/distrib de livre en librairie ne rapporte rien, voir nous coûte de l'argent.

Et qu'est-ce que gagne le libraire ? Juste la possibilité de "tester" notre livre sans risque, mais il ne voit pas que c'est sa marge qui est également bouffée dans le processus. Les seuls gagnants sont les distributeurs (et un peu les diffuseurs s'ils sont malhonnêtes).
7/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Et sinon, le prix du livre, on peut en parler ? Parce que si on fait péter une digue, autant aller au fond.

En 🇨🇭 , on n'a pas le prix unique du livre. Pourtant on n'est pas à plaindre niveau librairie indépendante. Les livres sont également 30-40% plus cher qu'en France. Ok, on a un plus gros pouvoir d'achat, mais ça n'explique pas tout.
8/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Quand j'ai commencé à vendre en librairie en 🇫🇷 et 🇧🇪 , j'ai dû baisser tous les prix de mes livres de manière drastique (baisse qui a été répercutée en 🇨🇭 pour ne pas dépasser les 30-40% acceptables).

Aujourd'hui encore, j'ai des remarques en France sur le prix soi-disant trop élevé de nos livres (en salon ou ailleurs). Les Français semblent habitués à payer leurs livres pas cher et que c'est normal. Ben non, ce n'est pas normal.
9/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Vous n'achetez pas du papier mais une oeuvre d'art. Vous achetez de l'artisanat, ne comparez pas avec de l'industriel.
Parfois, on vient me dire que "c'est important que la culture soit accessible à tous", ben pour ça il y a des bibliothèques, de la seconde main (et pour @pvheditions on édite sous #licencelibre donc c'est bon niveau accessibilité).

Le problème est plus profond, il est culturel et éducationnel. Un livre est toujours au juste prix.
10/x

@Auxforgesdevulcain @ps

La vérité, c'est que l'exception française est que le livre y est un produit de consommation, un droit. Alors que les prix bas, introduits par les grosses machines éditoriales parisiennes, rognent les marges des éditeurs, les royalties des auteurices et le CA des libraires.

Je ne saurais dire si le prix unique du livre est une bonne chose, mais j'ai surtout l'impression que c'est surtout un outil qui n'apporte pas grand chose aux éditeurs indépendants.
11/x

@Auxforgesdevulcain @ps

L'idée, c'était d'empêcher les lecteurs d'acheter moins cher en grande surface qu'en librairie, non ? Supprimer une sorte de concurrence entre revendeurs. Ben la concurrence est toujours là pour nous : on est en concurrence avec des mastodon de l'édition dans les librairies indépendantes. Et en Suisse, les best-sellers sont moins cher à la FNAC ou les grandes surfaces, mais les lecteurs continue à en acheter en librairie plus cher.
12/x

@Auxforgesdevulcain @ps

Ben oui, on achète plus cher les livres en librairie indépendante parce que les lecteurs éduqués (et sans doute privilégiés) viennent y trouver autre chose : une ambiance, du conseil, de la proximité, de la diversité. Les acheteurs en grande surface ne le font pas forcément pour le prix mais juste parce que c'est pratique, parce qu'ils consomment les livres.
On en revient à l'artisanat et au fast-food. Et vous voulez retenir le fast-food dans les librairies ?

FIN

Pour lire mon long 🧵 d'aujourd'hui sur la distribution et du prix du livre. Il suffit de cliquer sur ce post et lire les précédents👆

@ludomire @Auxforgesdevulcain @pvheditions

« Toujours au juste prix », cela dépend de l'objectif : chez les @EditionsAllia c'est certainement le cas. Chez @ps 13.12 € c'est le juste prix :)

Mais lorsqu'øn voit les grosses bouses de supermarché écrites par des prête-plumes et signées par des prêtes-noms, ou certaines presses universitaires qui sortent des bouquins à 60 ou 80 € je ne crois pas. Payer 2500 € un bouquin de bibliophile, pourquoi pas, cela peut être de l'art, mais de l'art marchand

@ps

Le prix juste, c'est celui qui est affiché, celui que le vendeur considère comme juste. Après personne ne t'oblige d'acheter les prêtes-plumes ou des presses universitaires, ni même le bouquin de bibliophile à 2500 €. D'ailleurs, est-ce que tu l'aurais acheté à 10 boules?
Et si tu dois le lire absolument, il y a toujours des moyens 🏴‍☠️ pour y parvenir et les bibliothèque. Acheter un livre est une forme de mécénat, pas un droit.
Le droit, ce devrait de pouvoir le lire avec les 4 libertés.

Cela rejoint la tendance des marchés de productaires et des marchés de Noël, @ludomire : l'affluence a augmenté mais les ventes ont chuté. La morosité de l'ambiance belliqueuse sur fond d'austérité rend les gens frileuses.

@Auxforgesdevulcain