Depuis quelques jours je lis Défaire le suicidisme : une approche trans, queer et crip du suicide (assisté), d'Alexandre Baril. Traduit de l'anglais (Canada) par Philippe Blouin, il s'agit de l'édition française/européenne publiée par les @editionsburnaout .
J'en suis encore au tout début (j'ai commencé la 1ère partie hier soir), mais ça provoque trop de choses en moi & c'est tellement dense que je suis pas certaine : ni de pouvoir attendre de l'avoir terminé pour en parler ici ; ni d'avoir besoin de ça pour vous le résumer à grands traits & vous inviter à le lire.
Pour la faire courte, avec ce bouquin, Alexandre Baril théorise une oppression systémique qui jusque-là n'avait pas de nom : le suicidisme, qui s'exerce à l'égard des personnes suicidaires. Il montre que l'immense majorité des approches actuelles de la suicidalité en sont empreintes -- ce qui n'aide pas grand-monde, au contraire. Aussi cherche-t-il à développer une autre approche, qu'il appelle queercrip, influencée par les théories queers, trans & crips, dans laquelle on accompagnerait les personnes suicidaires plutôt que d'essayer à tout prix d'éradiquer leur désir de mort -- approche qui pourrait sauver davantage de vies, in fine. Ce faisant, il regarde également du côté du mouvement pour le droit à mourir / le suicide assisté & critique les fondements validistes et sanistes de celui-ci.
(En gros.)
C'est dense et, malgré tous les efforts d'Alexandre Baril pour le rendre le plus accessible possible -- ça reste un bouquin de recherche universitaire : pas le truc le plus simple à lire.
Après, c'est vraiment passionnant et je crois qu'à un endroit, ça me fait beaucoup de bien de le lire, même s'il y a des moments où je reste pas très à l'aise, parce que ça va à l'encontre d'idées très implantées dans notre société.
#vendredilecture #mastolivre #mastolivres