#vendredilecture après récolte de bouquins dimanche dernier dans un café du quartier qui s’appelle #Buchkantine et donc fait les deux, resto et librairie (et épicerie fine qui vends des vins, huiles, pâtesatipatata). J’y vais rarement, mais le cas échéant ce serait idiot d’y aller juste pour le petit déjeuner (qui n’est pas si bon, d’ailleurs). Bilan : quatre #HanKang dont je vais faire cadeau aux ami·es, un #YukioMishima #三島由紀夫 que je ne connaissais pas (« Leben zu verkaufen » dans la traduction de #NoraBierich, 命売ります / vie à vendre), le dernier #OlgaTokarczuk (« E.E. »), et le nouveau #AnneMichaels (« Held ») qui était en lice pour le #BookerPrize2024. 1/4
Ce dernier en v.o. car la Buchkantine a même un petit rayon anglais. #Michaels n’a pourtant pas été couronnée mardi dernier, c’était #SamanthaHarvey la lauréate avec « Orbital » (roman expérimental situé dans la station spatiale internationale #ISS où l’on passe 24 heures dans les têtes de six astronaut·es à suivre leurs réflexions sur la planète sous leur pieds). #Harvey est loin d’être une inconnue, « Orbital » est son cinquième roman depuis ses débuts fin des années zéro – dommage que rien de son œuvre n’a jamais été traduite en français et, plus scandaleux encore, que sa page sur Wikipédia devait être créée à l’arrache hier matin… 2/4
« Orbital » a éclipsé le grand favori « James » de #PercivalEverett, projet d‘aventures de Huckleberry Finn de #MarkTwain à rebours : l’idée étant que les esclaves du Dixie font exprès de parler en langage de camouflage, infantilisé, grammaire délibérément incorrecte, mais dont l’usage est réservé aux rencontres avec des Blanc·hes pour éviter toute provocation – on parle un anglais sophistiqué et impeccable sinon, et l’ami de Huckleberry Finn, « Jim », est en réalité plutôt un « James », expert des Lumières qui s’imagine en débat intérieur avec #Voltaire sur sa notion de liberté. Prochaine visite à une librairie anglophone dans pas trop longtemps. 3/4
« Vie à vendre » j’ai terminé en quelques heures – un non-polar de fin des années 60 à Tokyo : jeune rédacteur publicitaire, profondément ennuyé, échoue à sa première tentative de suicide et met une annonce dans le journal qu’il vendra sa vie à qui voudrait bien la lui prendre. 命売ります est complètement différent aux autres #Mishima, très drôle car tout le monde autour de lui meurt à sa place, situé dans un Tokyo à l’image de modernisme, pulsation de mort freudienne, drogues, espionnage et crimes, sur fond de délabrement narcissique des personnages dans ce dernier roman de Mishima avant la fameuse tétralogie « Mer de la fertilité » (豊饒の海). 4/4