#agriculture #acs
1/
Pourquoi aucun papier qui parle des solutions sur la crise agricole ne parle des techniques sans labour, le semi directe, les cultures intercalaires appliqués aux grandes cultures ?

Ça permet:
- de baisser les intrants
- de baisser la puissance du tracteur (donc sa consommation)
- une vraie gestion de l'eau grâce à une excellente infiltration dans le sol permettant de réalimenter la nappe phréatique
- la reprise de la biodiversité du sol donc sa bonne santé (un peu comme le microbiote)
- le captage supplementaire de carbone

Il reste des recherches à faire (se passer du glyphosate) mais c'est fou ce silence assourdissant !

2/
Un bel exemple d'exploitation en culture fourragère (blé/prairie) en #acs ET #bio !

"En bio depuis 1997, en sans labour trois ans plus tard. Concilier bio et agriculture de conservation, chez lui, ça marche, en tout cas pour l’instant. Le taux de matière organique de ses sols est passé de 3 à 5,9 % en vingt ans.

L'éleveur laitier, installé en Gaec sur 104h avec deux autres asso., élève des vaches norm. et croisées (360 000 litres) et produit des plantes médicinales. Le système est très herbager (avec séchage de foin en vrac), les vaches produisent en moyenne 7 000 kg, dans la moyenne de groupe conventionnel pour ce type de race."
https://www.web-agri.fr/herbe/article/848329/au-gaec-des-rossignols-on-conjugue-bio-et-sans-labour-avec-succes

Une exploitation laitière herbagère en bio et sans labour

Pas de glyphosate et pas de labour non plus, au Gaec des Rossignols, dans le nord Mayenne. Dans son exploitation laitière très herbagère, Pa...

Web-agri

3/
Suite à une discussion sur le #phosphore, un élément précieux et limité dans l'agriculture.
https://piaille.fr/@gomli/111834036825763953

Pour une gestion durable de ce minéral précieux, il faut miser au maximum sur son cycle local :
sol - plantes - animaux - sol
La disponibilité dans le sol est soit directe avec les urines, soit après décomposition des os par des champignons.

Pour une gestion durable il faudrait donc au minimum :
- épendre les urines des bêtes élevées
- remettre les os (broyés) de ces bêtes au sol pour pouvoir être digérés par les champignons
- faire de même pour les humains
- avoir un sol vivant non labouré et sans pesticides pour pouvoir fermer le cycle

gomli (@[email protected])

@[email protected] Le lien sur la production d'engrais phosphatés (qui est effectivement une catastrophe humaine et écologique) m'a fait faire des recherches sur le cycle du phosphate. On y apprends que la conjonction de l'amendement massif aux phosphates avec le laboure et la non récupération du phosphate des effluents des villes provoque une brèche dans ce cycle vitale pour tous les êtres vivants, par le lessivage et eutrophisation des eaux en aval. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cycle_du_phosphore

Piaille

Pour la récupération des urines humaines, il y a ça (mais pourquoi le breveter ?!)
https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/reportage-de-l-urine-en-engrais-de-substitution-si-on-veut-arreter-de-polluer-massivement-il-n-y-a-pas-lechoix_5147629.html

Les toilettes sèches avec séparation liquide/solide seraient aussi une façon idéale de remettre les humains dans le cycle naturel tout en arrêtant l'aberration biologique qui consiste à faire ses besoins dans de l'eau potable.

Reste l'inhumation. La profondeur d'enterrement, la "protection" des cercueils, les divers produits de conservation empêchent de remettre le phosphore dans le cycle local. Il reste la crémation et la dispersion des cendres dans le champs.

REPORTAGE. De l'urine en engrais de substitution : "Si on veut arrêter de polluer massivement, il n'y a pas le

L'urine, riche en azote et en phosphore, peut être utilisée comme alternative aux engrais chimiques. Le procédé breveté par une société girondine semble prometteur, autant d'un point de vue environnemental qu'économique.

Franceinfo

#phosphore
"la remontée vers les têtes de bassins versant de poissons amphihalins (ex saumons, truites de mer, lamproies) ainsi que les dépôts sur terre de guano par les oiseaux marins (grands consommateurs d’organismes marins) permettent ainsi le retour d'une partie du phosphore marin en milieu terrestre."

C'est la qu'on se rends compte que la #biodiversite (un exemple parmis tant), c'est pas juste un consensus mou politiquement correcte qu'on relègue à la fin des priorités, mais que ça a aussi un impacte très concret sur toute la planète.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cycle_du_phosphore

Cycle du phosphore — Wikipédia

4/
#Agriculture sans labour, Semi Directe sous couvert végétal (#SCV) #cirad

"Ces résultats expérimentaux et ces observations en vraie grandeur montrent que le système SCV, soit le semis direct sans travail de perturbation du sol associé à la rotation de cultures combinées avec des plantes de couverture produisant en permanence de la phytomasse conduit le sol cultivé à fonctionner en mode puits (drainage) plutôt qu’en mode source (émission) de #CO2"

Très bon document pour comprendre le SCV. A conjuguer avec le bio et des recherches pour se passer de glyphosate, on obtient alors une vraie agriculture durable pour tous :)

https://open-library.cirad.fr/files/2/152__1210877478.pdf

5/
Entretient vidéo passionnant sur l'#agriculure sans labour, maraîchage sol vivant #msv, avec #FrançoisMulet qui a un parcours très étonnant : famille d'agriculteur, a vite bifurqué, a baigné dans le milieux du logiciel libre, s'est intéressé à la géopolitique, à la théorie de l'information, à la physique quantique, la thermodynamique..

#MaxPlanck et #JohnVonNeumann le ramène à l'agriculture :
https://www.youtube.com/watch?v=-WbcJ1Tadlk

L'entretient complet (long mais très instructif sur le sujet !)
https://www.youtube.com/watch?v=hM-ZmeXYzXg

épisode 2:
https://www.youtube.com/watch?v=iby1PP_xq8g

A écouter pour tous ceux qui veulent comprendre comment ça marche :)

François Mulet et Sébastien Roumegous, la rencontre de l’agriculture du vivant sur Caring Biosphères

YouTube

Par contre, je prévient, autant le contenu technique et historique est incontournable, autant à la toute fin, le discours du "rayonnement" du savoir "français" est à mon goût très limite.

Mais je pense qu'il ne faut pas passer à côté de ces connaissances à cause du messager. Je suis intimement convaincu que cette compréhension du sol vivant et de ces techniques de culture (sans labour, etc..) est un pilier fondamental d'une société se définissant comme "durable".

6/
Petit topo sur les résultats intermédiaires très encourageants concernant l'agriculture de conservation des sols sans #glyphosate :)

"À l’issue de la première année, certaines espèces ou associations d’espèces ont montré des résultats positifs dans la limitation du développement des graminées, principale problématique rencontrée dans le projet, et ce, malgré une météo chaude et sèche en 2022 :
sorgho piper et moha dans le Sud de la France, association « graminées + vesce velue » dans l’Ouest, mélange avec avoine rude ou moutarde dans le Centre et le Nord de la France. "

Projet #soliflore :
https://www.apad.asso.fr/images/HOME/TCS126_EnCulture.pdf
https://www.apad.asso.fr/162-l-apad/nos-projets/409-sol-iflore

Un autre piste complémentaire est de faire participer les ovins pour détruire le couvert intermédiaire, il y a pas mal d'avantages:
- fertilisation directe grâce aux fèces et urines directement au sol, non mélangés et accumulés au même endroit (cf lisier), ce qui limite fortement la production de protoxyde d'azote et de méthane par la fermentation anaérobie
- un sol non labouré a une bien meilleur portance (poids qu'il peux supporter sans tassement) qu'un sol labouré donc pas de soucis majeur concernant le poids des herbivores sur la croissance des cultures
- augmentation de la biodiversité
- moins de prairies permanentes nécessaires

https://www.youtube.com/watch?v=xqGcmD8GQq0

APAD Pâturage des couverts végétaux par les ovins en ACS - (Hauts-de-France)

YouTube

C'est des pratiques et des recherches qui sont complètement sous médiatisées. Elles sont vitales pour toute société qui cherche à se nourrir de façon autonome et pérenne !

- pas d'intrants externes: on arrête d'exploiter et détruire des peuples à l'autre bout du monde pour des gisements de phosphates
- arrêt du relargage de nitrates dans les cours d'eau, fin de l'eutrophisation et du méthane résultant
- on remet petit à petit en marche le cycle local du phosphore
- fin de la perte de sols (argiles qui partent dans les rivières, on le voit bien quand celles-ci changent de couleur avec les pluies)

augmentation de :
- la biodiversité de la micro et macrofaune, des mycorhizes et autres champignons (permet de rétablir petit à petit le cycle local du phosphore, voir début du thread)
- la séquestration carbone dans la biomasse
- la perméabilité des sols: recharge +efficace des nappes phréatiques, limitation du ruissellement et donc des inondations
- la résistance aux sécheresses grâce à un sol vivant
- la production de matière sèche dans le climat actuel par rapport à l'agriculture conventionnelle et bio avec labour !

7/
C'est quand même étonnant que les spécialistes qui analysent les multiples causes de l'effet catastrophique des précipitations ne parlent jamais du labour alors qu'on voit son effet sur toutes les photos d'inondations : l'eau boueuse et dans les cas extrêmes, les coulées de boues qui décuplent la force destructrice de l'eau.

Le labour à 2 actions :
- il empêche la formation d'agrégat argilo-humique par la destruction des annélides (ver de terres) qui permettent au sol de garder une structure stable (qui ne s'émiette pas) même sous la pluie. La perte de sol en france va de 0,1 t/h/an à 50 t/h/ an et avec des pics à 300t lors de gros épisodes pluvieux..

- il empêche l'infiltration de l'eau dans les sols par le tassement de l'argile non structuré en agrégat, couche qui devient pour le coup relativement imperméable (pour faire une mare naturelle sans bâche, on utilise de l'argile pure sans activité vivante) et par la formation de croûte de battance

Dans une prairie, l'absorption du sol est général supérieur à 100mm/h et sur une surface labourée (même bio), on est sur du 10mm/h à 2mm/h (quand il y a une croûte de battance, on peux parler de surface bétonnée..). En prenant les chiffres des précipitations extrêmes, il n'y a pas besoin d'être expert pour comprendre le problème..

https://www.areas-asso.fr/wp-content/uploads/2021/12/les-couverts-herbaces-outils-reduction-pertes-terre-erosion.pdf

8/
Article très intéressant et beaucoup plus détaillé qui explique le fonctionnement intime d'un sol agricole concernant la gestion de l'eau.

La fin de l'article donne des témoignages sur des producteur de maïs, ça reste une plante bien trop gourmande en eau qui prends place dans un système d'élevage bovin complètement problématique. L'ACS permet de limiter les dégâts mais ce n'est pas non plus magique.

(Je précise bien que c'est la première partie qui est intéressante comme le fait remarquer @bellule , les encadrés mettent en avant des systèmes délétères)

http://www.apad.asso.fr/172-l-instant-technique/405-la-gestion-de-l-eau-en-acs

La gestion de l’eau en ACS

Apad

"Toute l'eau des précipitations n'atteint pas le sol : une part est évaporée directement pendant et après la pluie et les gouttes peuvent être interceptées en partie par le feuillage. L'eau qui atteint le sol peut ruisseler ou s'infiltrer et réhumecter le sol. Les racines absorbent cette eau que la tige et les feuilles évaporent par transpiration. Une fraction réduite, plutôt en hiver, gagne la profondeur et atteint la nappe.

La teneur en eau du sol est fonction de la porosité et de la perméabilité du sol donc fonction essentiellement de sa texture. Le volume maximal d'eau qu'un sol peut retenir est la "capacité au champ" ou capacité de rétention du sol."

9/
Suite avec les vers de terres, les stars du sol !
Celui qui a passé sa vie à les étudier, #MarcelBBoucher, 87 ans, spécialiste mondial des lombriciens, petit animal qui constitue 60 à 80% de la biomasse animale des sols !

"Dans une prairie permanente, ils peuvent en produire près de 70 tonnes par an et par hectare, ce qui ne représente toutefois que 25% de toutes leurs déjections. Au total, un kilo de vers de terre peut remuer et digérer environ 270 kg de terre par an ! Riches en nutriments, ces déjections aussi appelées  "lombrimix" sont, selon Marcel B. Bouché, "la vache à lait nourrissant les plantes"."

https://www.europe1.fr/societe/sauve-le-ver-de-terre-et-il-te-sauvera-3662639
https://www.youtube.com/watch?v=wuuOhl606dA

Société

L’info société par la rédaction d’Europe 1 : le point sur les faits et débats de société marquants du moment, l’éducation, la famille. Témoignages et interviews exclusifs en vidéo.

europe1.fr
10/
"En effet, on irrigue toujours en été, lorsqu’il fait chaud. Or, dans la nature, lorsqu’il fait chaud, il fait sec et de ce fait les bactéries qui ont besoin d’eau, ne peuvent pas minéraliser la matière organique. Mais si on apporte de l’eau sur un sol chaud, on accélère la minéralisation selon une loi chimique qui dit que toute augmentation de 10°C multiplie les vitesses des réactions par 3. Il en est de même avec les labours qui dégagent, par minéralisation, 1 tonne de CO2 /ha. C’est pour ces 3 raisons, #engrais, #irrigation et #labour que le taux de matière organique des sols européens a été divisé par 2 depuis 1950."
"Lorsque la faune disparaît, comme c’est elle qui aère le sol par ses galeries, l’oxygène ne peut plus descendre dans le sol et ces mécanismes microbiens s’arrêtent. Le résultat est un effondrement des teneurs en vitamines et en oligoéléments dans nos aliments (Aubert et al., 2012). Une Golden actuelle contient 100 fois moins de vitamine C qu’une Reinette du Mans de l’entre-deux guerres. Le sélénium qui protège contre les cancers (c’est le cofacteur des peroxydases) a chuté de 36% dans les blés. Le fer a chuté de 70% dans les viandes et de 100% dans certains fromages (Worthington, 2001)."
"Il est donc grand temps de quitter cette fascination pour la technique et de revenir à une approche scientifique des lois du sol. C’est par leur observation, leur étude et leur application que l’on pourra créer une agriculture durable. Mais pour cela il faut arrêter les labours et les remplacer par le semis direct sous couvert (Bourguignon, 2015), il faut remplacer les engrais chimiques par des composts, il faut remplacer les pesticides par des purins et des tisanes de plantes, il faut remplacer les élevages industriels par des élevages à l’herbe, il faut remplacer les exploitants agricoles par des paysans."
"La mort des sols agricoles", 2015, un texte de #LydiaBourguignon et #ClaudeBourguignon, immenses chercheuses et chercheurs en microbiologie des sols et agronomie.
https://shs.cairn.info/revue-etudes-sur-la-mort-2015-2-page-47?lang=fr

11/
#AgricultureConventionnelle, #alimentation et #santéPublique.

Il y a une résurgence grave des carrences en #vitamineC, pouvant entrainer l'apparition du #scorbut.

Le premier facteur est lié à l'explosion de la pauvreté, les familles n'ayant plus les moyens d'acheter des legumes et fruits frais. À prendre aussi en compte le matraquage publicitaire de la malbouffe qui est très efficace dans cette tranche de la population.
https://www.liberation.fr/societe/sante/des-pediatres-alertent-sur-la-resurgence-du-scorbut-ce-nest-pas-negligeable-pour-une-maladie-quon-pensait-disparue-20241220_XBYGNTK6TRG7TEEBTK6KHYDCVE/

Des pédiatres alertent sur la résurgence du scorbut : «Ce n’est pas négligeable pour une maladie qu’on pensait disparue»

Une étude publiée dans le «Lancet» dénombre une augmentation en France des cas de cette vieille «maladie des marins» causée par une carence profonde et prolongée en vitamine C.

Libération

Un autre élément, ignoré des analyses que j'ai lu est le fait que les fruits et legumes frais les moins cher, donc issus de l'agriculture conventionelle, on une plus faible teneur en vitamines et minéraux que ceux cultivés en bio et encore plus en bio + agriculture de conservation des sols #acs.
https://www.nationalgeographic.fr/environnement/nos-fruits-et-legumes-sont-de-moins-en-moins-nutritifs

Les causes plus précisément :
- sélection variétale qui ne privilégie pas les espèces riches en vitamine et mineraux (recherche de rendement brut)
- le labour et les pesticides qui appauvrissent la biodisponibilité de ces éléments en détruisant la vie du sol (beaucoup de vitamines sont synthétisées dans le sol)

Nos fruits et légumes sont de moins en moins nutritifs

Depuis 70 ans, notre système agricole de plus en plus intensif entraîne une diminution importante des nutriments présents dans nos assiettes. Un vrai problème pour le nombre croissant de personnes qui adoptent une alimentation essentiellement végétale

National Geographic

- engrais de synthèse qui modifient le comportement des plantes en ne les incitant pas à explorer les sols (c'est le sol qu'il faut nourrir, pas les plantes !)
https://blog.leslignesbougent.org/fruits-legumes-baisse-de-nutriments/

Cela rend encore plus indispensable la mise en place d'une #sécuritéSocialeAlimentaire qui fournirait inconditionnellement des legumes et fruits frais de qualité issus du bio+acs pour résoudre la misère alimentaire et les maladies afferantes. Proposition soutenue par les agriculteurs de la #ConfederationPaysanne
https://www.confederationpaysanne.fr/mc_nos_positions.php?mc=967

@ConfPaysanne @Conf_Paysanne_Savoie @conf13

Les fruits et légumes d’aujourd’hui manquent t’ils de nutriments ? - Les Lignes Bougent

Les aliments d’aujourd’hui sont-ils moins riches en nutriments qu’il y a 50 ou 70 ans ? 

Les Lignes Bougent

12/
Je ravive ce fil avec le résultat de l'expérimentation #soliflore dont je vous parlait en 6/

La page principale du projet :
https://www.apad.asso.fr/actualites/162-l-apad/nos-projets/409-sol-iflore

Le rapport final :
https://www.apad.asso.fr/images/Projet%20SOLiflore/Pr%C3%A9sentation%20d'une%20synth%C3%A8se.pdf

Vous pouvez écouter le témoignage très intéressant de l'agriculteur ayant participé à cette expérimentation à 34:50 :
https://youtube.com/watch?v=DnfD22583hM

SOL'iflore

    Rôle des couverts végétaux d’interculture dans la gestion de l’enherbement en ACS : quelles alternatives au glyphosate ?     

Apad

Les résultats on été annoncés en octobre 2024 (oui je suis complètement à la bourre ;).

Pas de révolution pour l'instant dans l'#ACS sans #glyphosate mais des enseignements intéressants. L'avoine rude + vesce est une très bonne interculture d'hiver. Quand ces couverts sont menés correctement (densité suffisante, tenue temps), ils augmentent les rendements des culture qui succèdent :
+2,35 TMS (Tonne Matière Sèche)/ha, +13,5 kg/ha
d’azote restitué au sol, +0.5 t carbone/ha.

Mais l'arrêt du glyphosate a nécessité l'utilisation d'autres herbicides. Le travail de recherche continue sur les variétés de couvert et le désherbage mécanique sans travail du sol.

@gomli Je me permets de commenter au fil de la lecture.
Petit doute de mon côté sur:
-les composts pour remplacer les engrais: le compost est plus un amendement (améliore la structure/vie du sol) mais ne suffira pas pour certaines cultures nécessitant de la fertilisation en azote, potasse, ect Là je mettrai plutôt fumier, guano, sang séché, ect (Le potager d'Olivier sur YT l'explique bien).
-Les purins et tisanes n'auront pas l'efficacité des substances actives. A mon avis c'est le système dans son ensemble qu'il faut voir pour jouer au chat et à la souris avec les pathogènes (rotation, diversification, accepter les pertes...).
@gomli
Ton enthousiasme te fais t'emballer un peu sur le % de biomasse terrestre que représenterait l'ensemble des lombricidés, oui il a des pics de biomasse dans les terrains qui lui sont favorables, mais pas à l'échelle terrestre, même si le lombric c'est fantastique !
Tiens un article de réf sur les biomasses par taxon, à l'échelle planétaire
https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1711842115
@bellule
J'ai corrigé, c'était pas très clair, c'est la biomasse des sols
@gomli
Ça ne vaut que dans les sols au sens "agricole" du terme et qu'en zone tempérée holartique, il me semble (vieilles notions lombriciennes qu'il me faudrait rafraîchir ;)
Par contre il faut savoir que de nombreuses espèces de lombrics sont des exotiques envahissantes, par leur export via l'humain. Comme en Nouvelle Zélande ou en Amérique centrale par exemple
Tiens une compilation d'articles que j'avais parcouru en grande diagonale à l'époque de sa publication ⤵️
https://web.archive.org/web/20080105055856/http://bio-eco.eis.ynu.ac.jp/eng/database/earthworm/
@gomli j'ai 68 ans. Quand j'étais ado on nourrissait les bovins avec de l'herbe, du foin, de la luzerne. Pas d'ensilage, de tourteau et le lait était bien meilleur, les paysans qui n'étaient pas encore des agro-industriels vivaient mieux, on connaissait chaque animal par son nom (qu'il connaissait aussi) etc...

@gomli
1/Ce que tu présentes là comme exemples, ou du moins ce que l'apad présente et que tu relayes sont des recettes agro-industrielles déguisées pour être sois disant à échelle humaine et tenter de passer crème.

Les mecs sont restées sur des céréales et légumineuses inadaptées, consomment de l'eau en veux tu en voilà, se dédouanent en disant qu'ils la payent, ce dans des contextes de tensions hydriques fortes et se dégradant⤵️

@gomli
2/Ils ont au moins 15 ans de retard sur ce qu'il faudrait faire, ok l'immense majorité a 40 ans de retard, mais faut il promouvoir les borgnes au royaume des aveugles, je m'interroge !
⤵️
@gomli
3/Que ce soit sur forage en Marais Poitevin, et là il faut rappeler qu'il y existait un parc naturel régional qui a perdu son agrément sur la question de l'exploitation de la ressource en eau par les exploitants agricoles, et pour le perdre cet agrément, il faut en faire je te le garanti (les PNR sont des espaces protégés de niveau de 5 sur échelle de 1 à 5 donc c'est pas fou fou ni ambitieux au départ)⤵️

@gomli
4/ou via le canal de Provence qui, avec ses acolytes et pour maintenir leurs débits assèchent la Durance et ne permettent plus les débits réservés, comme sur son affluent le Verdon. Ok pour le canal, sont pas les seuls à abuser, les marseillais y participent
Illustration pour la Durance⤵️

(T'as failli me faire rater ma poêlée de cèpes du goûter avec c'taffaire et ça c'est grave ;;)

@bellule
Totalement d'accord avec toi, mais la première partie explicative était si claire et bien rédigé que j'ai hésité. Finalement, j'ai rajouté une deuxième note à la fin du post plus explicite.

(désolé pour la poêlée ;)

@gomli
5/ je reviens au marais poitevin, me souvenant d'une étude BRGM sérieuse (nombreux piezo, modélisation...)(flemme d'aller le rechercher dans mes archives, en tapant BRGM+marais poitevin dans un moteur, ça devrait sortir et aussi probablement des travaux plus récents montrant ainsi que ça n'est pas un épiphénomène)⤵️
@gomli
6/ dans ce rapport d'il y a ~15 ans, le BRGM notait déjà que, à partir de l'été, les baisses de nappes à cause des pompages entraînaient celle-ci nettement sous le NGF 0m (sous le niveau de la mer quoi), évidemment dans ces cas, il y a des entrées d'eaux saumâtres puis salées, avec toutes les conséquences que l'on sait sur les nappes et les eaux en général (et l'agriculture par ricochet)
Alors que le niveau normal d'étiage se situait vers les cotes+2 à+3m (au dessus du niveau de la mer
@gomli
7/ voilà, tu sais à peu près ce que je pense de l'acap en général et dans ce cas en particulier
Fin
@gomli
Je vois que tu ressorts des archives ;)
@gomli ceux qui en parlent le plus sont les tenants des TCS, notamment l'équipe de "maraîchage sols vivants" autour de François Mulet. C'est souvent dans l'intro des confs d'ailleurs. Mais les TCS font débat pour d'autres raisons @danahilliot

@ng @danahilliot
Il me semblait que le maraîchage sol vivant est plus dans la logique de l'ACS (agriculture de conservation des sols) que TCS (technique culturale simplifiée) qui ne proscrit pas systématiquement le labour et qui, il me semble, ressemble plus a de l'agriculture conventionnelle avec moins de labour. Il y a une super présentation sur #FrançoisMulet ici :
https://piaille.fr/@gomli/113208790957970480

Les débats concernent l'utilisation du glyphosate j'imagine ? (voir mes posts au dessus à ce propos avec le projet #soliflore)

gomli (@[email protected])

Entretient vidéo passionnant sur l'#agriculure sans labour, maraîchage sol vivant #msv, avec #FrançoisMulet qui a un parcours très étonnant : famille d'agriculteur, a vite bifurqué, a baigné dans le milieux du logiciel libre, s'est intéressé à la géopolitique, à la théorie de l'information, à la physique quantique, la thermodynamique.. #MaxPlanck et #JohnVonNeumann le ramène à l'agriculture : https://www.youtube.com/watch?v=-WbcJ1Tadlk L'entretient complet (long mais très instructif sur le sujet !) https://www.youtube.com/watch?v=hM-ZmeXYzXg épisode 2: https://www.youtube.com/watch?v=iby1PP_xq8g A écouter pour tous ceux qui veulent comprendre comment ça marche :)

Piaille
@gomli oui je voulais dire l'ACS, et effectivement c'est au glypho que je pensais.
Je vais regarder ça, merci pour le lien @danahilliot
@gomli première fois que j'entends parler de la possibilité de faire sans glyphosate, c'est super encourageant, espérons que ça contribuera à lever les réticences de pas mal de "bio".
@ng
en fait les 2 devraient fusionner, agriculture biologique de conservation des sols : ABCS, c'est il me semble la seule voie possible pour l'agriculture sur le long terme.
@gomli je suis assez d'accord. D'ailleurs je me souviens que Mulet dans une conf d'il y a une dizaine d'années explique qu'aux débuts de la bio, dans les années 1970, il n'y avait pas cette différence, la question de la structure des sols et celle du non usage de toxiques industriels étaient prises ensemble