Cet article est un résumé de la méconnaissance profonde et généralisée des logiques façonnant le #numérique ainsi que du cynisme de tous les acteurs économiques, politiques et médiatiques, qui cherchent avant tout à tirer leur épingle d'un jeu qui les dépassent complètement, parce que nous nous sommes laissés entraînés dans cette impasse. Et c'est extraordinairement inquiétant, parce que cela fait quand même près de 20 ans que nous baignons dans le #web 2.0.!
https://www.letemps.ch/suisse/mauro-poggia-en-guerre-contre-les-pseudonymes-sur-le-web
Mauro Poggia en guerre contre l'anonymat et les pseudonymes sur le web

Le conseiller aux Etats genevois veut couper les subventions publiques aux éditeurs et plateformes qui n’imposent pas aux utilisateurs d’indiquer leur véritable identité lorsqu’ils laissent des commentaires en ligne

Le Temps SA
Quand le conseiller aux États genvois, #MauroPoggia, nous explique qu'il veut lutter contre l' #anonymat sur le " #web ", jugé responsable des dérives d'expressions qu'il constate, on a l'impression qu'il découvre le monde du numérique, alors que cela fait quand même maintenant bien 20 ans qu'il se déploie tout-azimut.
D'ailleurs, comme l'explique le responsable des #plateformesnumériques chez #Tamedia en #SuisseRomande, les internautes inscrits sur leurs pages de commentaires ne sont pas totalement #anonymes. Il s'agit de #pseudonymat, puisque même si les gens n'affichent pas leur " #identité" officielle, les responsables connaissent leur #adresseIP.
Mais de manière, générale, si l' #anonymat ou le #pseudonymat étaient vraiment les principaux responsables des dérives discursives dans l'espace #numérique #global, ça se saurait depuis longtemps. Ainsi, pendant la crise du #COVID, les Ema Krusi, François de Siebenthaler, Jean-Do Michel etc., ont tous étalé leurs cascades rhétoriques incontrôlées sous leur véritable nom, avec photo!
Ensuite, tout le monde ne s'exprime pas pour dialoguer. Les #espacesnumeriques sont devenus les principaux lieux publics où l'on peut dire, voire crier son désespoir ou sa colère, sans volonté de débattre. Penser qu'il faut recadrer toute expression virulente et même grossière, relève d'un #élitisme de vieux gentlemen habitués aux pique-nique dans lesquels ne s'échangent que des banalités sur un ton poli et blasé. La #democratie c'est aussi entendre des vacheries et des méchancetés.
Certes, il y a des #limites au #droit et la loi actuelle y veille déjà. Même si elle manque de moyens efficaces pour s'appliquer dans le domaine du #numerique ça ne signifie pas qu'il faille casser le dernier moyen existant pour les gens de protéger un tant soit peu leur #vieprivee et capacité à dire des choses désagréables sans risquer de subir des conséquences dépassant largement leurs #Responsabilités.
Et c'est là qu'intervient d'ailleurs le cynisme économique d'une presse aux abois. Quand le même Julliard nous explique que #Tamedia ne renvoie jamais les auteurs de commentaires tombant sous le coup de la loi auprès de la justice, parce que ces mêmes commentaires ramènent le plus de #trafic et d' #engagement, on se rend compte qu'il y a un énorme problème, qui dépasse d'ailleurs largement le responsables des #plateformesnumériques de Tamédia.
Et ce problème, c'est le #capitalisme de #surveillance de #masse devenu le principal moteur économique et source de revenus pour les entreprises dépendantes de la #publicité. Ce n'est pas en forçant les internautes à afficher leur carte d'identité sur les #réseauxsociaux que l'on va résoudre quoi que ce soit, bien au contraire.
Et apparemment, #Tamedia a décidé de pousser le cynisme encore plus loin, puisqu'ils font désormais appel à l'intelligence artificielle pour les premiers tris de modération, avant de demander à des humains de vérifier la sélection de l' #IA.
Et l'on sait quels sont les humains à qui l'on propose cette fonction. Ce sont généralement des "petites mains" particulièrement mal payées pour passer en revue des contenus souvent violents et traumatisants.
Cependant, on a l'impression que pour #MauroPoggia, le problème est, en réalité, ailleurs. Il affirme ouvertement qu'il veut que les gens se sentent obligés de pratiquer l' #autocensure. Oh bien sûr, il défend la #liberté d' #expression, mais tant qu'aucune voix ne crie plus fort que l'autre et qu'aucune vulgarité n’entache le propos. On n'est pas ici dans la volonté de combattre la #diffamation ou même le #fascisme, mais bien plutôt dans la #police du #langage en public.
Grosso modo, vous pouvez dire tout ce que vous voulez, tant que vous n'introduisez aucune grossièreté et que vous respecter l'usage du subjonctif imparfait. Vous pouvez même insulter et diffamer les gens, tant que c'est fait dans le style d'un Maître Bonnant, véritable rescapé du 19è siècle et militant pour sa restauration!
Cette attitude est bien plus pernicieuse qu'un déni explicite de la liberté d'expression et permet de silencier toute personne qui ne maîtrise pas les codes de la #conversation " #civile", c'est-à-dire, l'échange de vannes dans un langage châtié, et ne connaît pas le fonctionnement du subjonctif plus-que-parfait. Une parfaite communion entre #illétrisme #numérique et tendances à un #autoritarisme qui ne dit pas son nom et ne s'assume pas.
À ce double cynisme répond un troisième, celui du #PLR, qui pense encore que l'État n'a pas à se mêler des affaires de l'économie et doit simplement se contenter de recommandations, que les entreprises sauront, bien sûre, d'elles-mêmes suivre, parce qu'elles sont "responsables". De toute façon, à côté des géants des GAFAM, qui font ce qu'ils veulent, le reste du monde économique est de bien peu de poids et on ne va quand même pas aller titiller les GAFAM?
D'ailleurs #LeTemps, lui, ne se prend même plus la tête avec ce problème. Il a décidé de simplement se passer d'espace commentaires sous ses articles et se contente de les relayer sur #Facebook, #Twitter et #Mastodonte, pour laisser la responsabilité de la #modération à ces #plateformes!
@ariane Bon le temps n'est pas présent sur mastodon ... il y a bien des commentaires qui les mentionne mais il ne controle/maitrise rien par ici .... ça manque probablement d'interet ....
@Seb_pirate Oui, c'est vrai qu'il a juste un bot comme compte sur Masto, ce qui fait qu'il se dédouane complètement de la responsabilité de modération sur l'instance.
@Seb_pirate oups, en fait, Le Temps a même deux comptes sur Mastodon maintenant.... et les deux sont des bots... 
@ariane ce bobet va mettre en danger un nombre incalculable de militantes qui n'échappent au doxxing que grâce à ce pseudonymat, entre autres personnes pour qui ce n'est pas une couverture mais un filet de sauvegarde. C'est presque aussi con que la publication du registre des plaques d'immatriculation...