#vendredilecture des dernières pages du nouveau livre de #VictorErofeev, « Der große Gopnik » qui vient de paraître en allemand. « Gopnik » ? C’est « racaille » en français, mais le mécréant visé par ce titre serait sans doute doublement scandalisé d’être traité d’un terme au féminin, même plus que de son sens péjoratif. Car le livre parle du pseudo-tsar à la virilité mucho macho dont le nom est homonyme au plat de frites noyées en sauce brune qu’on broute dans les restos rapides du Québec. 1/4
C’est le plus furieux de ses livres, d’une haine vitriolique du régime des imbéciles de Moscou : que de colère, cynique, hilarant d’un sarcasme impitoyable. Sur 600+ pages #Erofeev (réfugié en Allemagne depuis 2022) suit l’ascension du Gopnik depuis ses débuts de voyou de Leningrad au souverain néo-baroque du Kremlin. En écrivant il se déplace dans le temps et l’espace, et il raconte son propre histoire et celle de ses parents, de sa sœur O. (inventé), d’épouses et anti-épouses. 2/4
Je ne comprends pas pourquoi #Erofeev n’attire pas plus d’attention en France : pas d’article sur Wikipédia français, la plupart de ses livres épuisés depuis longtemps – comme « L’akimudi » dont j’ai pouetté un beau #vendredilecture en mars. Erofeev père était attaché culturel à l’ambassade soviétique à Paris et servait d’interprète pour Staline et Molotov, le fils parle donc français depuis son enfance, et sa thèse de doctorat est sur la réception de Dostoïevski en France. 3/4
L’épopée du Gopnik et de l’épidémie de la stupidité méritera plus de considération que ce « Mage du Kremlin » qui m’a profondément ennuyé quand je l’ai lu en avril. Une v.f. n’a pas encore été annoncé, ni même sur le site d’Albin Michel, l’éditeur de la « Belle de Moscou », le « Bon Staline » et autres. Drôle de façon de traiter l’un des plus importants écrivains russes de sa génération, d’ailleurs – ils ont changé de traducteur·rices pour chacun de ses livres, c’est pas très sérieux... 4/4