#Lectures2023, épisode 14
”Buried Alive in the Blues.”
Elle est magnifique cette biographie de Janis Joplin par Nathalie Yot.
Elle est magnifique, parce qu'elle n'est pas qu'une biographie, elle est une histoire, elle est une vie. Portée par l'écriture de Nathalie Yot.

Et elle est richement illustrée, ce qui ne gatte rien.
Et ce qui me donne envie d'aller vite acheter les autres volumes de la collection Les Indociles : https://www.radiofrance.com/les-editions/collections/les-indociles

(Nathalie Yot, Janis Joplin, 2020)

Les Indociles | Radio France

Une collection dédiée à la musique, sous la direction de Stan Cuesta.

#Lectures2023, épisode 15
Il se fait plaisir, Pierre Assouline, à décrire pendant 400 pages la faune qui peuple la première classe d'un paquebot des années 30.

Albert Londres, qui disparaîtra lors du voyage retour du Georges Philippar, n'est qu'un prétexte pour cette galerie de portraits et pour des citations plus érudites les unes que les autres, de Proust à Thomas Mann, de Fritz Lang à la Nef des fous.

C'est peu dire que ce type de livre me plaît.

(Pierre Assouline, Le Paquebot, 2022)

#Lectures2023, épisode 16
Livre pour enfant.
Certainement.
Mais pas que.

J'admire sincèrement les équipes éditoriales de L'École des Loisirs de savoir toujours reconnaître avec autant de brio les perles qu'elles éditent.
C'est toujours, toujours, toujours, beau.

(Malika Ferdjoukh, Minuit-Cinq, 2002)

#Lectures2023, épisode 17
Sagesse orientale.

Le genre de recueil qu'on trouve sur le comptoir des libraires et qu'on ajoute à la pile de mangas du petit et d'essais du grand à la dernière minute.

Quelques extraits du Vrai classique du vide parfait, livre important du Tao chinois.

Ça se lit vite. Quelques nouvelles pleines de sagesse. Ça repose entre deux jours de presque folie.

(Lie Tseu, Sur le destin,)

#Lectures2023, épisode 18
Encore un recueil de nouvelles d'Isaac Asimov. J'en ai éclusé tellement au cours des douze derniers mois que j'ai perdu le compte.

Dans cette voie martienne, pleine d'exploration spatiale et d'espérance – et peuplée de très peu de robots – on retiendra la dernière nouvelle, L'Attrape-Nigaud.
L'exploration d'une planète qui tourne mal. L'impuissance de la science pure. L'importance de la culture plus large. Oui, très américain.

(Isaac Asimov, La Voie martienne, 1955)

#Lectures2023, épisode 19
(quoi ? je lis trop ?)

Je l'ai dévoré celui-là. Parce qu'il se lit vite, et parce que c'est juste le récit d'une échappée psychédélique de quelques jours en Californie, dans la vallée de la mort, que fit en 1974 le philosophe Michel Foucault.

On n'y apprend rien, si ce n'est à creuser un peu plus ce qu'est en vérité l'esprit californien.

(Simeon Wade, Foucault en Californie, 2021)

#Lectures2023, épisode 20
Replongé dans le cyberpunk.
Rien pu faire.
Pas pu lutter.

J'avais lu Dantec il y a bien 25 ans (bordel) et retrouvé Babylon Babies au hasard d'un dépôt-vente il y a quelques semaines.
J'ai épuisé les 700 pages de la version poche en moins d'une semaine.
Tout y est jusqu'aux délires chamaniques et aux trips acide. De la conscience de l'IA aux rêves de conquête spatiale. De l'instabilité du monde au traçage de nos vies.

(Maurice G. Dantec, Babylon Babies, 1999)

#Lectures2023, épisode 21
Il me faisait envie depuis un moment ce "Mythe de l'entrepreneur", et il ne m'a qu'à moitié déçu.

Documenté, certes, creusant à merveille les imaginaires américains de l'entrepreneur à travers la figure de Steve Jobs, de Carnegie ou de Rockfeller...
Mais laissant de côté d'autres aspects du mythe : l'homme de science, émergeant à la suite de Newton et Saint-Simon au XIXe, ou l'ingénieur que la guerre froide adule.

(Anthony Galuzzo, Le Mythe de l’entrepreneur 2023)

#Lectures2023, épisode 22
Quitte à être dans la thématique du surhomme, du visionnaire, du self-made man labélisé USA, on est revenu aux sources et on a relu rapidement La Méthode Coué.

À tous points de vue, je vais de mieux en mieux.
À tous points de vue, je suis seul responsable de mes maux.
À tous points de vue, la société n'existe pas.

Émile Coué, La Méthode Coué, 1926

#Lectures2023, épisode 23
Un petit classique de temps en temps, pour changer de la SF ?

Tarass Boulba, c'est une histoire de gens fiers et querelleurs qui jurent, boivent, se battent, chevauchent dans la steppe, boivent encore, se battent encore (mais moins bien), jurent beaucoup et boivent enfin avant... de se battre.

Je me souviens d'une parodie de Tarass Boulba par Gotlib et Alexis dans Cinemastock.
Eh ben, c'était bien.

Je retourne boire.

Nicolas Gogol, Tarass Boulba, 1835

#Lectures2023, épisode 24
Savez-vous ce que l'Intelligence Artificielle, dans sa structure et sa théorie du Deep Learning, tient des théories capitalistes et psychologique de Friedrich Hayek ?
Une certaine idée du "monde naturel", de l'ordre naturel, du progrès dont les lois iraient vers le mieux pour l'ensemble de l'humanité.

Petite intervention trouvable chez les copains de @cfeditions qui donne envie de parcourir, encore, quelques textes de référence.

Pablo Jensen, Deep Earnings, 2021

#Lectures2023, épisode 25
Je l'avais promis, on reprend un peu de science-fiction. Classique. Ray Bradbury.

Ca fait du bien Ray Bradbury, et ça change d'Asimov. Parce que la question à laquelle Bradbury n'est pas technologique, c'est celle dans notre place dans le monde. Dans l'univers. Sur Terre et ailleurs. De notre relation aux autres et à notre environnement.

C'est beau Bradbury.
C'est bêtement apaisé.
Humain.
Très.

Ray Bradbury, The Illustrated Man, 1951

#Lecture2023, épisode 26
Derrière le mythe de l'entrepreneur (celui qu'on a lu il y a pas si longtemps), il y a des hommes et des femmes qui œuvrent dans l'ombre : les femmes de ménages, les commerçants, les immigrés, les laissés pour compte de la Silicon Valley.

Ce recueil d'histoires et de photos signé Mary Beth Meehan (@cfeditions) dresse un portrait de ces coulisses.
Pour ne pas trop se perdre dans les mythes modernes.

Mary Beth Meehan & Fred Turner, Visages de la Silicon Valley, 2021

#Lecture2023, épisode 27
Un peu de retard dans le compte-rendu des lectures, je m'en excuse (et en même temps, je suis empêtré dans le Ulysses de Joyce, alors bon)

Le "Design pour un monde réel" de Victor Papanek est un pavé fondateur du design responsable. Une lecture toujours salutaire qui, même si elle n'avait pas totalement anticipé la révolution numérique, pose de très bonnes questions sur notre travail dans le monde digital réel.
#MustRead

Victor Papanek, Design pour un monde réel, 1971

#Lecture2023, épisode 28
Vous ne lisez pas assez @paullambda, je l'ai dit plusieurs fois ici-même.
Et vous ne lisez pas assez Les Icebergs de la mélancolie.

Recueil d'aphorismes, il est le complément essentiel du Ulysse de James Joyce que je suis en train de lire (je vous l'avais pas dit ?). À lire en file indienne, ou à piocher.
C'est comme un fil Mastodon, mais en mieux.

Paul Lambda, Les Icebergs de la mélancolie, 2023

#Lecture2023, épisode 29
J'en suis venu à bout après un gros mois de lecture (d'où le silence de ce fil).

Donc oui, le Uysse de James Joyce est un monde à lui seul, par la variété de ses écritures, des univers et des imaginaires qu'il convoque, par le déboussollement qu'il provoque parfois et par la joie qu'il éveille lorsqu'on retrouve un rivage. Par les clins d'oeil profondément humain dont il regorge aussi.

Voilà, par sa profonde humanité.

James Joyce, Ulysses, 1922

#Lecture2023, épisode 30
Après Ulysse, et avant quelques autres pavés, retour aux classiques de la SF occidentale.

Ender donc, enfant conçu et manipulé pour sauver le monde d'une invasion extraterrestre. Classique des classiques ayant inspiré tant d'autres récits (Armada d'Ernest Cline) et qui, s'il sortait aujourd'hui, poserait de nombreuses questions.

Ça a vieillit par bien des aspects et ça pose en même temps des questions terriblement actuelles.

Orson Scott Card, La Stratégie Ender, 1977

#Lecture2023, épisode 31
Je vous l'avais dit il y a quelques pouets, j'explore les revues de fiction, de nouvelles, d'imaginaire en ce moment.

Fiction, sous-titré L'Imaginaire Radical, en est à son numéro 4, et s'avère un beau concentré d'imagination.
Avec des jeux en ligne, des Kaijus, des communards, des barbares organisés et deux nouvelles d'Henri Barbuse (M. Le Feu pour ses récits de la guerre 14)

À retrouver ici : https://www.fictionimaginaireradical.moltinus.fr/

Collectif, Fiction - L'Imaginaire Radical #4, 2023

Accueil -

Fiction, l’imaginaire radical, magazine littéraire, francophone et illustré consacré aux nouvelles & articles : science-fiction, fantastique, fantasy, absurde.

#Lecture2023, épisode 32
Radical, c'est aussi l'adjectif que l'on peut utiliser pour qualifier Germinata d'Olivier Fournout qui vient tout juste de paraître chez les copains de @cfeditions (mais chut, il ne faut pas en parler : https://cfeditions.com/germinata/).

Radical dans l'écriture. Radical dans les idées. Radical dans le portrait de notre société actuelle, de ses fantasmes technologiques et de ses tiraillements.
Bref, complètement, complètement radical.

Olivier Fournout, Germinata, 2023

C & F Éditions

#Lecture2023, épisode 33
La magie des boîtes à livres, c'est qu'on y trouve toujours ce que l'on ne cherche pas.

Je reste émerveillé par Kurt Vonnegut, par sa façon non pas d'écrire mais de raconter. De faire surgir l'extraordinaire dans le quotidien. De ramener tout, absolument tout, à la vie et à sa banalité.
Slaughterhouse-Five est LE roman phare de Vonnegut, que je n'avais pas encore lu.

Et il est tellement évident.
So it goes.

Kurt Vonnegut, Slaughterhouse-Five, 1969

#Lecture2023, épisode 34
La revue Affixe explore périodiquement un préfixe ou un suffixe de la langue française, à grand coup d'écrits et de poésie.
Son premier numéro, paru tout récemment, explore donc le ]ment, ses tenants et ses aboutissants.

Court, poétique, parfois abstrait et parfois distrait, parfois absurde.
Ça se lit.
Ce n'est pas forcément ma came, mais ça se lit.

Collectif, Affixe #1, 2023

#Lecture2023, épisode 35
Avant d'attaquer Damasio…
Bruce Bégout se livre à une analyse de ce qu'est Los Angeles et de ce qu'elle, toute en périphérie et en asphalt, symbolise pour la société occidentale.

Cela fait remonter énormément de réflexions sur le commerce, la publicité, l'automobile, le capitalisme et pose les questions du modèle encore très actuel de la "Ville nouvelle".
À ranger près des écrits de @sylvaingrisot.

Bruce Bégout, Los Angeles Capitale du XXe siècle, 2019

#Lecture2023, épisode 36
C'est peu de dire que La Horde du Contrevent m'a emporté. Loin. Très loin.
On critiquera l'auteur, certes. Mais force est de reconnaître que le style emmène, que cette histoire de quête des confins halète le lecteur, que le jeu des personnages égaye...

Plus profond, moins facile que les Furtifs qui étaient dans ma pile il y a deux ans, cette Horde va sans doute rester l'un de mes grands moments de lecture de l'année.

Alain Damasio, La Horde du Contrevent, 2014

#Lecture2023, épisode 37
Un vaisseau de colons s'échoue sur une planète inconnue. Que faire ? Tenter la réparation ? Créer une nouvelle colonie hors des plans du gouvernement de la Terre ? Et plus encore : renoncer à la technologie dans un nouveau monde qui ne peut la supporter ?

Ajoutez à ça quelques préoccupations féminines.istes qu'on n'aurait jamais trouvées chez un auteur masculin.

'chement actuel mine de rien.

Marion Zimmer Bradley, La Planète aux vents de folie, 1972

#Lecture2023, épisode 38
Beigbeder donc.
Curiosité d'une boîte à livre.
La lecture dure trois heures.

Beigbeder s'écoute écrire et narre les préoccupations d'un trentenaire nantis qui ont décidément très mal vieilli. Le style, envolé, ne sauve pas grand chose.

Lu 25 ans trop tard, certainement.

Frédéric Beigbeder, L’amour dure trois ans, 1997

#Lecture2023, épisode 39
À grand coup d'extraits de Marcel Proust et de sa Recherche, André Didierjean explique les grands principes du fonctionnement du cerveau et de la mémoire.

Déjà-vu et faux-souvenirs, mémoire à long terme et expertise, beaucoup de sujets dans les 160 pages du livres. Elles constituent mine de rien une belle introduction aux sciences cognitives, abondamment accompagnée de compte-rendu d'expériences.

Bref, sympa.

André Didierjean, La Madeleine et le savant, 2015

#Lecture2023, épisode 40 (déjà)
On a donc fini ce monstrueux pavé, cette montagne (hihi) qu'est La Montagne magique.
Et c'est peut dire qu'on en sort émerveillé. Par les débats de Settembrini et Naphta sur le monde et l'Humanisme, par Mme Chauchat et son détachement, par l'atmosphère globale de ce roman d'un siècle.

Cette montagne rejoindra Proust, forcément, et Conrad aussi, dans la bibliothèque.
Et elle en alimentera des réflexions. On va en reparler.

Thomas Mann, La Montagne magique, 1924

#Lecture2023, épisode 41
Revue de SF et recueil de nouvelles, Géante Rouge laisse la parole aux voix marginales de l'imaginaires.

Et ces voix transportent parfois avec talent.
Je retiens ICI de @cmdeiana, 37,0°C d'Auriane Velten, Amrita de Michelle Labeeu ou encore Lotka-Volterra de @jpenglin qui revisite quelques thèmes pas toujours si SF avec énormément de sensibilité.
Jolie découverte

Collectif, Géante rouge #30, 2022

#Lecture2023, épisode 42
Ce grand classique de la SF m'était donc passé entre les pattes. Allez savoir pourquoi.
Retrouvé au détour d'une boîte à livres (merci les boîtes à livres), il m'aura occupé quelques matins et quelques soirs la semaine dernière.

On y retrouve, vous le savez, les préoccupations de Wells quant au bon usage de la science. Et un talent de la farce et du comique qui n'est pas pour déplaire. Très anglais.

H. G. Wells, L'Homme invisible, 1897

#Lectures2023, épisode 43
Ce polar cyberpunk n'est pas le mieux ficelé que j'ai lu. Une fin expéditive, une intrigue un peu bâclée, un esprit un poil trop roman noir...

Mais il faut bien reconnaître à Gibson son talent de mettre en scène les signaux faibles de son époque et de dépeindre un monde qui, 30 ans après, évoque largement le nôtre avec ses livreurs à vélo, ses bidonvilles urbains et l'appétit dévorant des entreprises de sécurité. Visionnaire.

(William Gibson, Lumière virtuelle, 1993)

#Lectures2023, épisode 44
Le plus bau film du monde ne pouvait trouver l'inspiration que dans le plus beau livre du monde.
Les différences d'histoire sont là. Ici, Holly Golightly s'esquive finalement en Amérique du Sud, loin du baiser final et iconique sous la pluie de Blake Edwards.

Mais l'essentiel... (soupir)
Oui, prenez-moi pour un romantique.

(ps. trois autres nouvelles dans cette édition, dont un très beau conte de Noël)

(Truman Capote, Petit Déjeuner chez Tiffany, 1958)

#Lectures2023, épisode 45
Page turner de 700 pages, The Beatles retrace l'épopée des... Beatles en 10 ans d'histoire et 50 ans de légende(s).

C'est peu dire que la plume de Frédéric Granier est vive. C'est peut dire que la bande-son de cette histoire vient naturellement en tête, une page, voire une ligne, après l'autre. On en redemande, toujours, parce qu'on a tous quelque part un morceau de Beatles en nous.

emoji-coeur.

Frédéric Granier, Les Beatles - Quatre garçons dans le siècle, 2020

#Lectures2023, épisode 46
Les monographies obsessionnelles sur Marcel Proust sont en général un plaisir. Et celle-ci ne déroge pas à la règle.

Quelle est la place de la photographie dans l'imaginaire proustien ? Et plus globalement, comment la photographie influence l'écriture à l'ouverture du XXe siècle ?

Et qui rejoint des réflexions sur la lecture cinématographique qu'on avait partagées l'année dernière.

Brassaï, Marcel Proust sous l'emprise de la photographie, 1997

#Lectures2023, épisode 47
Ça parle de piscine et de Claire Chazal, d'écriture et des petits accidents du quotidien. C'est absurde quand il faut. Bref, c'est Fabrice Caro et ça fait du bien de perdre trois heures d'un week-end là-dedans.

« [...] J'ai trouvé ça très beau et profond, ça m'a un peu fait penser à Juste la fin du monde de Lagarce, ou ce film de Desplechin, Un conte de Noël, j'aime beaucoup le regard que tu portes sur les rapports familiaux [...] »

Fabrice Caro, Samouraï, 2022

#Lectures2023, épisode 48
Quelques perles dans ce 81e volume de Galaxies, revue de SF que j'avais commandée en même temps que le Géante Rouge que j'ai commenté il y a quelques semaines.

En vrac : "Pastorale" de Yana Dubynianska, "Mortel.le.s" d'Éléonore Sibourg ou encore le très drôle "Un dimanche en Camembrie" de Philippe Caza.

Ce ne sont pas les lectures qui vous remonteront le plus le moral, mais elles vous feront passer un agréable moment.

Collectif, Galaxies #81, 2023

#Lectures2023, épisode 49
260 pages d'une trop longue, à mon goût, correspondance entre voisines d'un même immeuble, une vieille dame plus que centenaire ayant survécu à la barbarie du siècle et une jeune femme bien sous tout rapport venant d'emménager.

Mouais. Voilà.
J'aime pas laisser les livres en route, alors je voulais être certain de l'endroit où celui-ci voulait m'emmener. Nous n'avons pas été trop bien loin ensemble.

Florence Herrlemann, L'appartement du dessous, 2019

#Lectures2023, épisode 50
Il faut aussi lire des classiques, des fois, me dit ma femme. Qui a raison, cela va sans dire.

Vipère au poing est une petite claque, pas tant par l'histoire - assez quotidienne - que par l'écriture viscérale qui la porte. Ces saillies, ces fulgurances, ce rythme.
Ouais, une belle leçon.

Hervé Bazin, Vipère au poing, 1948

#Lectures2023, épisode 51
Toujours un plaisir de retrouver la finesse de Pierre Daninos, entre son style vieille-France et son œil aiguisé sur les travers de ses contemporains, des petits ridicules aux petites lâchetés.

C'est fin comme toujours, et ça restera important pour moi parce que je suis, quelque part, composé déjà de tout ça.

De ce touriste appelé à contemplé un coucher de soleil et qui répond "À quoi bon, je n'ai pas mon appareil photo."

Pierre Daninos, Les Touristocrates, 1974

#Lectures2023, épisode 52
Magie des boîtes à livres, toujours, une jolie version poche du Vive les Femmes ! de Reiser.

Et franchement, je n'aurai pas cru, sur base de mes souvenirs, que Reiser puisse encore être une lecture aussi actuelle.
Oui, Reiser est crade et lourd. Et parfois on aime ça. Mais bordel, qu'est-ce qu'il balance sur ces gros porcs que nous sommes et sur notre regard sur les femmes.
Hormis le style choquant, le message passerait encore.

Reiser, Vive les Femmes !, 1982

#Lectures2023, épisode 53
Après une semaine à ne rien réussir à lire, pour ainsi dire, j'ai ressorti des bibliothèques cette petite nouvelle de James Ellroy, déjà lue et relue cent fois et mettant en scène un Frank Sinatra christique dans le Tijuana des années 50.

Du pur Ellroy dans l'écriture, du rêve dans le récit. Une merveille.
Et une bonne semaine à tous !

James Ellroy, Tijuana Mon Amour, 1999

#Lectures2023, épisode 54
Puisque je reprends doucement goût à lire et à deux-trois autres choses : petit éditeur pour petites nouvelles.
Filles de l'air, de Blandine #Poirson chez Zinc (http://www.zinc-editions.net/), ce sont trois filles qui se rêvent ailleurs, qui partent, hésitent ou reviennent. Et c'est pas mal tout ça.

Avec un gros coup de cœur pour #Dicordia.

Blandine Poirson, Filles de l'air, 2022

#Lectures2023, épisode 55
Épopée épique.
Dans la Chine médiévale, c'est l'histoire d'une fille qui aurait dû mourir et qui, à force de volonté, va imposer son destin dans un monde d'homme.

Première partie d'une saga, pas parfois sans longueur... qui offre l'avantage et renverser l'histoire du héro confronté à l'adversité.
C'est bête à dire, mais une femme, une héroïne, est elle confrontée à la société toute entière.

Shelley Parker-Chan, Celle qui devint le soleil, 2022

#Lectures2023, épisode 56
En quelques dizaines de pages, @cmoreldarleux résume bien des interrogations sur notre société actuelle, son besoin de consommer, de grandir, de gravir, de montrer.

Ce n'est pas tant une révélation – allez on le sait tous, hein, ce qu'elle dit – qu'une synthèse. Un point d'appui pour les réflexions suivantes. Un seuil.
Pas indispensable pour tous. Mais salutaire.

Reste à imaginer, et agir pour, la suite.

Corine Morel Darleux, Être heureux avec moins ?, 2023

#Lectures2023, épisode 57
Si le talent individuel existe, il reste prisonnier d'un contexte, d'un héritage, d'une société… Et si cela est évident pour nous, ce ne l'était pas encore en 1928 quant Virginia Woolf écrivait Un Lieu à soi (oui, nouvelle traduction).

Que reste-t-il à dire ? Que relire des évidences n'a jamais fait de mal. Que la prose de Woolf est limpide, comme l'alignement de ses constats et de ses idées.

Et qu'il reste à se battre.
Encore.

Virginia Woolf, Un Lieu à soi, 1929

#Lectures2023, épisode 58
Il y a peu de livre que j'ai lu aussi vite avec un aussi beau sourire.

Un Psaume… n'est pas un roman. C'est une fable, un conte. Une belle épopée, positive, sur la nature humaine et notre petite place dans l'univers.
On pense à Saint-Exupéry (forcément, pour la forme), on pense à Camus un peu, aussi. Et à Gary, toujours.

Et on sort de ces quelques pages réchauffé et reposé.
Merci.

Becky Chambers, Un Psaume pour les recyclés sauvages, 2021

#Lectures2023, épisode 59
J'ai commencé à en parler, Rétromania est une *tain de somme et s'interroge sur la place grandissante de la nostalgie dans notre culture.

Viennent en vrac la question de l'innovation technologique et de la façon dont elle rend le passé disponible, celle de nos changements de goûts et des instincts communautaires qu'ils engendre, et celle envie de la créativité artistique dans monde qui regarde en permanence en arrière.

Passionnant.

Simon Reynolds, Rétromania, 2011

#Lectures2023, épisode 60
"Plutôt couler" m'avait marqué, je ne pouvais pas passer à côté des nouveaux écrits de @cmoreldarleux.

C'est un fil plus qu'un livre, un écheveau de réflexions sur lequel nos propres pensées se nouent parfois.

La place du beau et de la littérature dans un monde qui a cruellement besoin de nouveaux imaginaires.
La place de l'engagement, et de l'équilibre individuel qu'il nécessite.

Corinne Morel Darleux, Alors nous irons trouver la beauté ailleurs, 2023

#Lectures2023, épisode 61
Dieu est changement.

Et je ne sais quoi penser de cette Parabole.
Très actuel dans ses constats (la privatisation des villes, la violence grandissante dans une américaine moderne...), très hippie dans ses a.in.spirations (nous irons donc créer une nouvelle forme de communauté...)

Des réflexions à en tirer, oui.
Des croisements avec d'autres lectures (Gibson, Zimmer), aussi.
Mais pas la révélation que j'en attendais.

Octavia E. Butler, La Parabole du semeur, 1993

#Lecture2023, épisode 62
Une ou trois petites nouvelles d'un pays en proie à la guerre civile. L'Espagne peut-être.
Des instants brefs, fugaces, de vie qui interrogent sur ce que c'est, qu'appartenir à un pays.

Belle petite pièce, à la réalisation impeccable, de l'éditeur Zinc.

Olivier Martinelli, L’Ombre des années sereines, 2015

#Lectures2023, épisode 63
Source d'inspiration pour les combats.
Source d'inspiration aussi pour la fiction.

Dans Hacker Protester, @GeoffreyDorne référence les techniques de défense, de combat, de mobilisation, de propagande face à une société de plus en plus technologique et répressive : des collages aux drones, de la peinture aux roulements à bille, du carton au plexiglas...

Une petite bible.

Geoffrey Dorne, Hacker Protester, 2022

#Lectures2023, épisode 64
Interdiction d'acheter de nouveaux livres jusqu'à nouvel ordre. Alors je me jette sur ces vieux ouvrages qui trainent dans la chambre des enfants ou dans cartons ici ou là.

Et finalement, ces petits miscellanées très années 50 ne sont pas désagréables à lire. On y apprends même des choses sur l'invention du stylo plume ou la numérotation des rues de Paris.
On va ressortir les guides Marabout.

Henri Gossot, Calendrier des dates célèbres – Janvier, Février, Mars (1958)

#Lectures2023, épisode 65
Il y a peu de choses plus belles, et plus déprimantes aussi, que de lire de la littérature allemande de l'entre-deux guerres.

Qu'il s'agisse de Thomas Mann, de Stephan Zweig ou ici de Jakob Wassermann, on sent mot après mot toute sa foi en l'humanité disparaître et s'éteindre.

Mais que c'est beau, bon sang que c'est beau.
Et qu'il est humain, terriblement, cet or de Cajamalca...

Jakob Wassermann, L'Or de Cajamalca (1923)

#Lectures2023, épisode 66
Je n'avais pas mis à jour depuis quelques temps - et je n'ai d'ailleurs pas lu tant que ça c'est dernières semaines - je m'en excuse.

On reprend donc le fil avec Little Women, grand classique d'une littérature américaine pétrie de bons sentiments, en pleine guerre de secession. Des petites saynètes attachantes... ouais, j'ai passé un bon moment.
Ouais, je lirai la suite aussi, certainement.

Que voulez-vous.

Louisa M. Alcott, Little Women (1868)

#Lectures2023, épisode 67
On continue avec du plus classique, du sans surprise, pour moi : un autre volume du cycle des robots d'Isaac Asimov, trouvé au cours des dernières semaines au détours d'une boîte à livre.

Pas de surprise : des voyages spatiaux, des robots, des intrigues et une écriture banalisée au possible.

On retiendra tout de même la très belle couv' de Caza.

Isaac Asimov, Les robots et l'empire vol. 1 (1985)

#Lectures2023, épisode 68
Les robots sauveront-ils l'humanité ? Pas de réel suspens, la réponse est oui... et ils permettront la conquête de la galaxie au prix du sacrifice de la Terre.

Le livre qui fait donc la liaison entre le cycle des Robots et celui de Fondation et boucle – avec Fondation et Terre – toute la logique du monde d'Asimov.

Ouais.
Et ben c'est soit moi, soit le monde, mais oui... ça a vieilli tout ça.

Isaac Asimov, Les robots et l'empire vol. 2 (1985)

#Lectures2023, épisode 69
Petit kiff que de retrouver le script de Pulp Fiction aux éditions 10/18 dans une boîte à livres du village.

Lecture d'une traite, avec les images et intonations qui me reviennent immédiatement en tête, les petites différences aussi qui me sautent à l'oreille.
J'ai tant et tant et tant maté ce film.

Et en cloture du poche, une interview de Tarantino qui décortique scène par scène son film.

Bref, le pied :-)

Quentin Tarantino, Pulp Fiction (1994)

#Lectures2023, épisode70
Bon, bah vous connaissez. ;-)
Que dire de plus ? C'est mordant, un peu absurde, ça tient en 3 cases et ça a bien plu au grand aussi : pile l'humour cruel de l'époque.
De toutes les époques.

Merci @atsemtex !

STPo, Atsemtex (2021)

#Lectures2023, épisode 71
L'une des dernières publications des copains de @cfeditions, Ada & Zangemann explique la liberté matérielle et logicielle aux plus jeunes.
C'est beau, vrai, coloré, positif et plein de trouvailles. Et ça tient un vrai propos.

Joli projet disponible à la fois en édition papier et en ligne (plein de versions sous licence CC).

Mais vous le savez déjà tout ça, non ?

Matthias Kirschner & Sandra Brandstätter, Ada & Zangemann (2023)

#Lectures2023, épisode 72
Dernières étapes du marathon de lecture de l'année, avec quelques-uns des livres que j'ai pu recevoir comme cadeau pour mon anniversaire ou Noël.

Comme ce très beau Barrage signé Marguerite Duras, figure de prou du nouveau roman, teinté de désespoir et en même temps de tellement de vie.
Je ne sais pas si on la retiendra comme l'une des plus belles de 2023, mais oui, elle est belle cette première rencontre.

Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique (1950)

#Lectures2023, épisode 73
Il est beau le recueil #Solarpunk produit cette année par @CopieGauche. Il donne envie de continuer à suivre cette nouvelle maison qui pense l'édition d'une autre façon.

Et les quelques nouvelles qui composent les pages de ce recueil valent parfois le détour, particulièrement le "Entre les décombres" de Lucie Heligenstein, petit miracle de contemplation et de lucidité.
On aime, même s'il faut l'avouer, on se pose quelques questions...

Collectif, Solarpunk (2023)

#Lectures2023, épisode 74
Dernière lecture de l'année : David Foenkinos.

Une jolie satyre du monde de l'édition. Une écriture légère, parfois un peu trop facile, qui digresse parfois... mais dont on a envie de découvrir l'aboutissement.
Pas une surprise, mais un moment agréable.

Reste une question : pourquoi m'offre-t-on, de plus en plus, des livres dont le sujet principale sont les gens qui écrivent ?

David Foenkinos, Le mystère Henri Pick (2016)

@fhouste Autrice plus qu'intéressante dont bien des aspects de l'oeuvre moins connus seraient à découvrir en français. Sans doute au sommaire du Novelliste un de ces quatre.