Il y a un an sortait au cinéma #MatrixResurrections.

Suite décriée et gros bide de la fin d’année 2021, c’est avant tout un film très méta, qui multiplie références à la trilogie, caméos de personnes liées à la saga ou aux Wachowski et petits détails au sens plus profond qu’il n’y paraît...

Compilation d’« Easter eggs » repérés dans le film 🧵

Peut-être aviez-vous raté ce message de Lana Wachowski dénonçant le « goût de merde » de certain⋅e⋅s spectateur⋅rice⋅s 👇
À noter que ce premier panneau, détruit par Bugs, se trouve sur la façade de l’hôtel Andersons, du nom du créateur du modal — Thomas « Neo » Anderson lui-même.
Dans #MatrixResurrections, Neo et Trinity ne se reconnaissent pas au premier abord car la Matrice a altéré leur « image numérique de soi », changeant leur visage aux yeux de tout le monde sauf elleux-mêmes, comme le révèle Bugs à Neo.
Mais bien avant cette scène, nous avions déjà pu apercevoir le « véritable » visage de Neo dans plusieurs reflets : une table, un miroir et un écran d’ordinateur.
Fait amusant (et très intéressant d’un point de vue métatextuel) : ce Neo « camouflé » est interprété par nul autre que Steven Roy... le mari de Carrie-Anne Moss !
Quant au reflet de Trinity, aka Tiffany, il s’agit de Sarah McTeigue, l’épouse de James McTeigue — réalisateur de V pour Vendetta, un film scénarisé par les sœurs Wachowski.

Et ce n’est pas tout : le mari de « Tiffany » dans la Matrice, Chad, n’est autre que Chad Stahelski, doublure cascade de Keanu Reeves dans la trilogie #Matrix et réalisateur des John Wick.

Il est crédité comme « Handsome Chad », une référence à un mème prisé des « incels ».

Pour continuer sur cette lignée de caméos signifiants, nous pouvons également apercevoir lors de la scène d’évacuation des bureaux John Gaeta, superviseur des effets visuels des #Matrix et inventeur du #BulletTime — ici un simple employé de la société Deus Machina.
Enfin, le personnage de Calliope, présent sur quelques plans dans le climax du film, se révèle être London Breed, la maire démocrate de San Francisco (où a été tourné ce nouveau #Matrix).
Dans les références discrètes à la trilogie, nous pouvons voir dans le bureau du patron de Thomas un buste de l’agent Smith, le visage déformé par le coup de poing de Neo à la fin de #MatrixRevolutions. Un foreshadowing de sa véritable identité...
Références culinaires également. Le montage mettant en scène l’aliénation de Neo, sur fond de White Rabbit de Jefferson Airplane, le montre en train de déguster un steak, comme Cypher au moment de sa trahison dans le premier film.

On le voit également savourer un plat de nouilles dans le même restaurant tous les midis.

« Ça alors ! Je venais manger là. Des nouilles excellentes... », lançait Neo à Trinity lors de sa première sortie dans la Matrice après sa libération, toujours dans l’opus original.

Autres clins d’œil, non plus à #Matrix mais à d’autres œuvres des Wachowski.

Outre une bonne partie du casting de la série #Sense8 dans de petits rôles, le cinéma par lequel s’échappent Morpheus et Bugs dans la scène d’introduction projette un film de... Lito Rodriguez !

Lors de la course-poursuite finale, on peut apercevoir une publicité pour le fast-food futuriste Papa Song de Cloud Atlas.
Ce plan est semble-t-il absent du montage final, mais on pouvait également voir dans la première bande-annonce du film un panneau pour le salon Corky’s Massage, une référence au personnage principal lesbien de #Bound, le premier film des Wachowski (...)
(...) ainsi qu’à la compagnie française d’effets visuels BUF ayant travaillé sur les deux suites de #Matrix et sur #SpeedRacer.

Avez-vous compté le nombre de fois que le mot “fuck” est prononcé dans le film ? Moi oui, et c’est très exactement trois fois.

La première fois, c’est par Neo, quand il accepte de prendre la pilule rouge.

Auparavant, tous les personnages du film — et notamment les antagonistes — n’utilisent que des euphémismes : “effing”, “what the hell”, “WTF”, etc.
Le fait de jurer semble donc un acte de rébellion contre le système de la Matrice... et le système hollywoodien, où deux “fuck” valent à un film une classification automatique “rated R”.
Ce puritanisme est d’ailleurs moqué dans une autre scène du film, où un “fucked” lancé par Seq est comme « censuré » par un bip de l’ordinateur de bord, arrivant une demi-seconde trop tard.

Le dernier “fuck” du film — sans doute le plus important — est prononcé par Trinity, excédée que son « mari » Chad l’appelle par son deadname (ou morinom) Tiffany.

« Je déteste ce nom. Je m’appelle Trinity, et lâche tes sales pattes de moi », poursuit-elle.

Enfin, penchons-nous sur la scène de retrouvailles entre Neo et Trinity dans le monde réel.

Vous ne remarquez rien d’étrange, presque artificiel dans le regard de Keanu Reeves ?

Et pour cause : comme l’a confirmé John Gaeta, ce Neo est en fait un hybride entre Keanu Reeves et son avatar numérique, ou plutôt « ni l’un ni l’autre, et les deux en même temps ».
Ce modèle 3D quasi-photoréaliste de l’acteur apparaît d’ailleurs dans le jeu vidéo #TheMatrixAwakens, une démo technique impressionnante sur laquelle a travaillé John Gaeta ⬇️
https://www.youtube.com/watch?v=WU0gvPcc3jQ
The Matrix Awakens: An Unreal Engine 5 Experience

YouTube

Cette anecdote, partagée par Julien Abadie dans le podcast « C’est plus que de la SF », est très révélatrice.

Bien que de retour dans le monde réel, la place de Neo est dans la Matrice, avec Trinity, à repeindre le ciel avec des arcs-en-ciel. La dichotomie entre les deux mondes n’est plus.

Voilà, il reste sûrement plein de détails à débusquer et de références à analyser dans le film, bien plus dense qu’il n’y paraît.

Si vous aviez découvert #MatrixResurrections en salles l’année dernière et qu’il vous avait déçus, j’espère que vous lui donnerez une seconde chance !