@RichardMonvoisin Rien à voir avec le sujet de cette émission en particulier, mais à propos de son producteur
#JeanNoëlJeanneney je trouve quand même important de connaître cette critique de sa pratique d'historien par
#AnnieLacroixRiz :
– On a évoqué les archives ? Moi je vais parler de Jean-Noël Jeanneney, je vais vous donner un exemple de deux pratiques historiques. Dans sa thèse sur
#FrançoisDeWendel, il se voit confronté à un moment à une source qui montre que
#FrançoisDeWendel soutient des organisations fascistes ou que le
#ComitéDesForges dont il est le président, c'est-à-dire la grosse organisation de la sidérurgie, qui est en quelque sorte la force dominante, non seulement de la société, mais des gouvernements, je dirais de l'ensemble français, donc ce
#ComitéDesForges possède des journaux, et que notamment d'ailleurs le
#ComitéDesForges possède
#LeTemps qui est considéré comme, par ailleurs, la voie officieuse du Quai D'Orsay. Il a des sources qui le lui disent. Et il oppose à ces sources une déclaration de 1946 de
#FrançoisDeWendel disant : « Non non mais tout ça est faux ! ». Il choisit. Mais un historien ne peux pas choisir quand il a plusieurs sources...
– Il choisit la dénégation contre la preuve.
– Voilà. Quand vous avez des sources, beaucoup de sources concordantes, et je peux vous dire pour connaître bien les sources de l'intérieur, les sources de la préfecture de police, qu'on ne peut pas se tromper sur des dizaines de courriers concordants, sur le rôle de
#Wendel en matière de soutien des organisations fascistes et en matière de contrôle de la presse. Non, nous ne sommes pas libres, nous, historiens vis-à-vis des sources. Et c'est cette liberté vis-à-vis des sources depuis 30 ans, nourrie par une campagne sur l'idiotie positiviste des crétins qui passent leur temps aux archives alors que nos grands historiens n'ont pas besoin d'y aller, c'est ceci qui a généré un brouillage des pistes.
https://youtu.be/c7_KzTgM7LM?t=1084Voir la thèse de
#JeanNoëlJeanneney «
François de Wendel en République - L'argent et le pouvoir (1914-1940) », Sixième partie - UNE PUISSANCE INSTALLÉE. CHAPITRE II - D’autres claviers. 1929-1932. 1. Le rachat du « Temps »
sur la Z-Library (via Tor).
Enfin, l’opération restera aussi secrète que possible, Louis Mill figurant officiellement, aux yeux du public et de la rédaction, le propriétaire des actions Hébrard
[...]
« Rien ne permet de dire, écrit Wendel à ce propos quinze ans plus
tard, que si cette opération avait été soumise à l’ensemble des Forges et des Houillères, il se serait trouvé une unanimité pour la réaliser (22. Lettre à Goedorp du 4 mars 1946 citée)… »
[...]
Et s’il est excessif d’affirmer, comme fait Jacques Chastenet, que « jamais Wendel par la suite n’exerça aucune pression sur lui (28) » — on en verra plus loin quelques exemples éclatants (29), et surtout lorsqu’il s’agira de contrer Peyerimhoff (30. Une note de police du 14 mars 1932 est ici intéressante, parce qu’elle évoque à juste titre les dissentiments qui existent entre Wendel et Peyerimhoff, mais elle en exagère la portée pratique au journal. Il y aurait accord entre les deux Comités sur l’indépendance à laisser au Temps en politique étrangère, mais désaccord sur l’intérieur. Les Houillères voudraient que le Temps, en liaison avec Tardieu, gardât la tradition Hébrard « en ménageant les hommes politiques susceptibles d’être demain à la tête du gouvernement ». Les Forges souhaiteraient au contraire une offensive très violente aux prochaines élections contre les leaders des partis de gauche… (APP, dossier « Temps », 2100-488).) —, il est vrai qu’il s’en tiendra assez généralement à la réserve ainsi promise dès les origines mêmes du duumvirat.
Au demeurant ces restrictions importent peu pour le développement de son image dans une opinion publique plus que jamais persuadée que le Comité des forges est le seul maître du Temps, et que Wendel y règne sans partage au nom des « munitionnaires (31) ».
Il faut dire qu’en choisissant de siéger rue de Madrid et en chargeant Lambert-Ribot des négociations avec Hébrard sur les modifications des statuts, le consortium n’a rien fait pour décourager de telles interprétations. Et dès l’Assemblée générale extraordinaire du 10 décembre, où François- Albert, ancien ministre radical et actionnaire du Temps, dénonce lesnouveaux maîtres du journal (32), la légende peut prendre son vol — avant qu’au cours des mois et des années qui suivent la presse de gauche se charge de la diffuser (33).