La grande verdure, de Lucie Heder.

Le début est déroutant et captivant car on ne sait pas à quel être vivant on a à faire, étant donné sa façon de se mouvoir et de penser.

Suite à des inondations gigantesques, une communauté nommée "La grande verdure" a survécu en se réfugiant sur les hauteurs. Celle-ci a établi des règles, notamment celle de communiquer principalement avec des plantes (chaque plante a sa signification), ce qui est fascinant et aussi forcément limitant.
Chaque membre porte d’ailleurs un nom de plante. Lierre ne supporte plus la contrainte de ne pas pouvoir parler de ses émotions ou de ce qu’elle veut librement. Elle souffre du manque de spontanéité dans ses relations et du contrôle exercé sur sa manière de s'exprimer et sur sa vie en general.
Étouffée, elle va donc s’échapper et faire une rencontre improbable également. Ce dernier personnage est vraiment déroutant. Vous avez compris, on est souvent dérouté·es dans ce roman et c’est pour le bien.

L’autrice aborde de cette manière les difficultés de vivre en collectif, la société de surveillance, le deuil, les traumatismes et la manière de vivre ses émotions. Jusqu'où les règles sont vraiment utiles, pour qui ? et que faire quand nos besoins et souhaits diffèrent du groupe.

Mon bémol. Bien que ce roman avait tout pour me plaire, j’ai trouvé le style parfois confus. Ce qui m’a fait sortir de l’histoire plusieurs fois.

Malgré cela, des réflexions vraiment passionnantes et certains passages, notamment sur le langage ou la matérialisation des émotions, resteront.

Un extrait que j'apprécie :
"La vie est fatigante parfois à nous forcer à enfiler toutes les secondes sur nos corps, toujours à nous empêcher bec et ongles d'en sauter quelques-unes."

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Héliosphéra, fille des abysses, d'amour et de plancton, de Wilfried N'Sondé.

Nous allons suivre trois histoires en parallèle, de la surface jusqu'aux fonds marins.

Ollanta, une jeune chercheuse, va embarquer pour une expédition sur un navire d'études de la vie marine.

Un ballon de baudruche laissé sur le sol par un père, en présence de sa fille, va parcourir de longs périples jusqu’à se fragmenter dans les mers et les océans pendant de longues années.

Enfin, deux êtres microscopiques aux organismes différents (un plancton végétal et un animal) vont se chercher dans les tumultes des fonds marins. Beaucoup d’obstacles seront sur leur route. Leur but est d’entrer en symbiose pour leur permettre de subsister. Être unis est le seul moyen.
Ceci est un fait scientifique. On apprend des choses passionnantes dans ce roman.

On sort de cette lecture avec une émotion forte envers cette vie microscopique si saisissante, belle et essentielle.

De très belles planches de dessins accompagnent ce roman, réalisées par Margaut Bidat.

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L’odyssée d’Hakim, de la Syrie à la Turquie, tome 1, de Fabien Toulmé.
Avant de réaliser cette BD, l’auteur a beaucoup parlé avec Kakim (nom d’emprunt) au sujet de son histoire en Syrie et de son départ forcé.

Il revient brièvement sur les dates clé. Comme le putsch militaire en 1970 dirigé par Hafez El-Assad, la succession avec son fils Bachar en 2000 et le début du printemps arabe en 2011, qui va également atteindre la Syrie.

À ce moment-là, Hakim menait une vie paisible. Il était passionné par les fleurs et il était pépiniériste.

L’auteur va montrer parfaitement la bascule lente et inéxorable vers l’exil.

Ce volume est très abordable, touchant et salutaire.

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