Le réveil sera brutal : Juifs de France : l’Histoire frappe à votre porte

Serge Siksik,
[14 juin 2026]

« Le pire n’est jamais sûr, mais il est toujours possible »,
Raymond Aron

Il existe des réveils que l’on choisit. Et il existe ceux que l’Histoire impose.

Le réveil des Juifs de France appartient à cette seconde catégorie.

Ceux de ma génération, ± 70, savent que ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas né hier.

Nous l’avons vu venir, lentement, progressivement, presque silencieusement. Le phénomène n’est pas apparu avec les attentats de Toulouse, de l’Hyper Cacher ou du Bataclan. Il est plus ancien.

Il remonte au moins aux années 1970, à la guerre de Kippour, au choc pétrolier, aux nouvelles dépendances stratégiques de l’Europe et aux bouleversements démographiques et culturels qui suivirent.

Un chantage d’ampleur : du pétrole contre l’ « importation » de main-d’œuvre

Valéry Giscard d’Estaing à la manœuvre :

Pour s’abreuver d’or noir, la France s’inocula elle-même le virus de l’immigration de masse. Depuis, aucun signe de rémission.

Nombre de décisions présentées à l’époque comme de simples choix économiques ou sociaux ont engendré des conséquences dont nous mesurons aujourd’hui les dégâts considérables.

À l’époque, peu de responsables voulaient regarder au-delà du court terme.

Comme souvent, l’Histoire avance pendant que les dirigeants gèrent l’urgence.

Puis vinrent, tardivement, les premiers signaux d’alerte.

EN 2002 PARAISSAIT LES TERRITOIRES PERDUS DE LA RÉPUBLIQUE, ouvrage coordonné par l’historien Georges Bensoussan sous le pseudonyme d’Emmanuel Brenner. Des enseignants y décrivaient une réalité que beaucoup refusaient encore d’admettre :

Montée de l’antisémitisme, recul de l’autorité scolaire, pression religieuse, intimidation de certains élèves et remise en cause des valeurs républicaines.

Le livre fut davantage combattu qu’écouté, comme souvent lorsqu’un diagnostic dérange.

DIX-HUIT ANS PLUS TARD, EN 2020, le politologue et universitaire Bernard Rougier publiait Les Territoires conquis de l’islamisme.

Le glissement des mots résume à lui seul l’évolution de la situation :

En 2002, il était question de territoires perdus ;

En 2020, de territoires conquis.

Entre ces deux dates, une génération entière s’est écoulée.

  • Une génération de rapports oubliés,
  • de diagnostics minimisés
  • et de responsables politiques préférant souvent traiter les conséquences plutôt que les causes.

Rougier ne décrit pas une invasion militaire.

Son travail est plus inquiétant encore.

Il analyse, avec de nombreux chercheurs, la constitution progressive d’écosystèmes idéologiques :

  • réseaux associatifs,
  • influence religieuse,
  • pression sociale,
  • mécanismes de contrôle communautaire,
  • structures capables de façonner durablement la vie quotidienne de certains quartiers.

Autrement dit, une conquête des esprits avant d’être une conquête des territoires...

L’entrisme est à l’œuvre. Une stratégie de long terme qui avance discrètement, mais dont l’horizon politique et culturel apparaît avec une clarté croissante.

Les élections municipales de mars 2026 en ont constitué l’une des manifestations les plus visibles.

Dans plusieurs villes, les urnes ont simplement rendu perceptible ce qui travaillait déjà les territoires depuis longtemps.

Pendant ce temps, les Juifs de France observaient.

Ils observaient parce que leur histoire les a rendus sensibles aux signaux faibles.

Ils observaient parce qu’ils savent qu’un peuple n’entre jamais brutalement dans une crise : il y glisse progressivement.

Et les faits sont là.

L’antisémitisme n’est plus un phénomène marginal. Il n’est plus une série de faits divers. Il n’est plus une anomalie statistique. Il est redevenu une donnée structurelle du paysage français…

Des enfants changent d’école.

Des étudiants cachent leur identité.

Des familles quittent certains quartiers.

Des retraités hésitent à porter une kippa.

Des parents s’interrogent sur l’avenir de leurs enfants.

La question n’est plus : « Existe-t-il un problème ? » La question est devenue : « Jusqu’où ira-t-il ? »

Pourtant, même au sein du monde juif organisé, le réveil fut souvent tardif.

Il serait injuste d’ignorer le travail accompli par certaines associations, écoles, communautés et bénévoles.

Mais il serait tout aussi injuste de ne pas reconnaître certaines erreurs.

Pendant que l’environnement se transformait profondément, une partie des énergies communautaires demeurait concentrée sur la gestion des structures existantes. On rénovait des bâtiments, on consolidait des institutions, on imaginait et on bâtissait de nouveaux centres culturels à coups de millions d’euros, on organisait colloques, réceptions et cérémonies.

Tout cela n’est pas inutile.

Mais une question demeure :

Avons-nous consacré autant d’énergie à préparer l’avenir des Juifs qu’à entretenir les institutions du judaïsme ?

Avons-nous suffisamment aidé les familles les plus fragiles à envisager leur avenir ?

Avons-nous compris à temps que la question n’était plus seulement communautaire mais existentielle ?

Car une synagogue n’a de sens que si des familles la remplissent.

Un centre culturel n’a de sens que s’il existe encore une communauté vivante pour le faire vivre.

Une institution n’est pas une fin, elle est un moyen.

Le véritable sujet n’est pas le béton. Le véritable sujet est la transmission. Or c’est précisément sur ce point que l’inquiétude grandit. Que font les consistoires et le grand rabbinat de France ?

À la veille de l’élection présidentielle de 2027, la France apparaît plus fracturée que jamais.

  • La défiance mutuelle atteint des niveaux rarement observés sous la Ve République.
  • Les camps politiques ne se combattent plus seulement sur des programmes;
  • Ils contestent parfois la légitimité même de leurs adversaires.
  • Le débat public se radicalise.
  • Les passions remplacent l’argumentation.
  • Les anathèmes remplacent la réflexion.
  • Les verrous sautent les uns après les autres.

Et derrière les affrontements politiques se profile une question plus profonde encore : quel peuple la France veut-elle être ?

Cette interrogation dépasse les clivages électoraux. Elle touche à l’identité même de la nation.

Or c’est précisément ce type de crise que la tradition juive nous enseigne à observer. La Torah n’est pas un manuel de politique, mais elle est une formidable école de lucidité. Les maîtres d’Israël ont souvent vu dans la figure d’Ichmaël bien davantage qu’un personnage biblique.

Ils y ont vu une puissance historique appelée à jouer un rôle majeur dans les derniers temps de l’exil.

Les textes du Midrash, du Zohar et de nombreux commentateurs évoquent des affrontements entre les héritiers d’Ichmaël et les grandes puissances de leur temps…

Ces textes ne livrent pas un calendrier des évènements, ils dévoilent les lignes force de l’Histoire.

Ils ne décrivent pas les événements contemporains comme une photographie.

Mais ils offrent une intuition saisissante :

Le conflit décisif n’est jamais seulement territorial. Il est spirituel. Il porte sur la définition de l’homme, sur le rapport à Dieu, sur la liberté, sur la transmission et sur la civilisation elle-même.

Et c’est peut-être là que réside l’inquiétude profonde de nombreux Juifs de France. Car ils sentent confusément que la question n’est plus seulement sécuritaire. Elle est devenue civilisationnelle.

L’Histoire juive nous enseigne une vérité simple : les catastrophes surviennent rarement parce que les signes étaient absents ; elles surviennent parce qu’ils furent ignorés…

Les Juifs d’Espagne ne croyaient pas à l’expulsion.

Les Juifs d’Allemagne ne croyaient pas à l’effondrement de leur monde.

Les hommes vivent dans le présent. L’Histoire travaille dans la durée.

Faut-il céder à la peur ? Certainement pas.

  • Les peuples ne disparaissent pas parce qu’ils ont eu peur, mais parce qu’ils ont préféré leurs illusions au réel.
  • Le sionisme politique n’est pas né de la peur. Il est né de la lucidité. Herzl n’était pas prophète. Il était observateur. Il regardait ce que d’autres refusaient de voir

Aujourd’hui, le peuple juif dispose enfin de ce qui lui a si longtemps manqué : un État, une armée, une souveraineté et une terre capable d’accueillir ses enfants.

Cette possibilité n’existait pas pour les générations précédentes.

Elle existe pour la nôtre.

Chacun fera ses choix.

Chacun évaluera sa situation.

Mais une chose semble certaine : l’avenir appartient rarement à ceux qui expliquent pourquoi rien ne changera. Il appartient à ceux qui se préparent à ce qui pourrait changer.

Les maîtres d’Israël ne définissent pas le sage comme celui qui comprend le présent, mais comme celui qui « voit ce qui va naître ».

C’est peut-être là la véritable question posée aujourd’hui aux Juifs de France.

Non pas ce qu’est la France de 2026, mais ce que sera la France de 2035 ou de 2045. Car les choix qui compteront demain sont ceux que l’on fait avant que les événements ne les imposent.

  • Le réveil sera brutal pour ceux qui attendront d’être réveillés par l’Histoire.
  • Il sera moins douloureux pour ceux qui auront eu le courage d’anticiper ce qu’ils voient déjà se dessiner.

L’Histoire juive nous enseigne une leçon sévère : les plus grandes catastrophes furent presque toujours précédées d’une même certitude, « cela n’arrivera pas ici ».

Génération après génération, des hommes instruits, cultivés et parfaitement intégrés ont tenu l’impensable pour impossible, jusqu’à la veille de son accomplissement.

La sagesse consiste à discerner les ruptures de l’Histoire lorsqu’elles ne sont encore que des signes ignorés par la majorité…

Là réside sans doute la responsabilité singulière de notre génération :

Être la première depuis l’exil à disposer d’un État, d’une souveraineté et d’une terre où revenir, tout en ayant encore la liberté de choisir son destin avant que d’autres ne le choisissent pour elle. SS♦

Serge Siksik, MABATIM.INFO

#alyah #Ichmaël #juif
Le réveil sera brutal : Juifs de France : l’Histoire frappe à votre porte

Serge Siksik, [14 juin 2026] « Le pire n’est jamais sûr, mais il est toujours possible »,Raymond Aron Il existe des réveils que l’on choisit. Et il existe ceux que l’Histoire impose. Le r…

MABATIM.INFO

Intervention d'une camarade à #Lyon lors d'une manifestation contre le salon colonial de l'alyah qui continue après 2 ans et demi de génocide !

Nous juives et juifs antisionistes, dénonçons et réclamons la fin des salons de l'alyah, qui n'ont qu'une seule finalité, faire perdurer la machine coloniale et génocidaire de l'État d'Israël. L'alyah signifie pour toute personne juive le fait de s'installer en Israël et d'en acquérir la citoyenneté.

La fonction de ces salons est claire: recruter des colons pour perpétuer le nettoyage ethnique de la Palestine, alors qu'Israël refuse toujours aux réfugié·es palestinien·nes leur droit au retour.

#Palestine #Alyah

L’alyah : Seulement sept ans ? Ou le vertige d’avoir attendu trop longtemps

Par Serge Siksik,
[5 Iyar 5786, Eretz Yisraël]

Mon cœur est à l’Est (Israël)… et moi, à l’extrémité de l’Occident »
Juda Hallevi

Je rédige ces lignes en ce 5 Iyar, à la sortie d’une téphila pas comme les autres. Un office de fête, un Hallel complet, des musiciens, des chants qui ne sont plus seulement des mots mais des battements, et à un moment des corps qui se lèvent et dansent, comme si l’Histoire elle-même, après des siècles d’errance, avait retrouvé un rythme, un souffle, un cœur.

Puis viendra le על האש, vécu presque instinctivement comme un korban toda, une offrande de reconnaissance, non pas sur un autel mais dans la joie simple, brûlante, presque primitive du partage.

Remercier, reconnaître, dire merci à Celui grâce auquel nous sommes revenus sur cette terre après deux mille ans d’exil. Deux mille ans. Deux mille ans d’attente, de prières répétées, de rêves murmurés… et moi, sept ans…

Sept ans seulement depuis mon alyah, et pourtant une question me poursuit avec une insistance presque brutale, presque dérangeante :

Que restait-il, au fond, à accomplir dans ces soixante-deux années vécues avant ce jour d’avril 2019 ?

Qu’ai-je construit qui ne pouvait pas être construit ici ?

Qu’ai-je retardé que je savais pourtant inévitable ?

Je ne parle pas ici de réussite, de carrière, de famille – tout cela a existé et je ne le renie pas. Je parle d’alignement, de vérité, de cohérence intérieure.

Car faire son alyah n’est pas une option parmi d’autres, ce n’est pas un choix de vie comme un autre, ce n’est pas une variation d’itinéraire : c’est une ligne de fracture…

Il y a un avant et un après.

Et lorsque l’on bascule à un âge avancé, la lucidité devient implacable, presque tranchante : on ne découvre pas une vérité nouvelle, on reconnaît une vérité ancienne que l’on a trop longtemps contournée, adoucie, différée…

« לֶךְ־לְךָ» – va vers toi. Ce verset n’est pas une invitation douce, ce n’est pas une suggestion spirituelle parmi d’autres : c’est une injonction, un ordre existentiel, une convocation. Mais encore faut-il entendre ce que signifie réellement ce « vers toi ».

Car il ne s’agit pas d’un repli sur soi.

Aller vers soi, dans la Torah, n’est jamais une introspection fermée, un exercice de développement personnel isolé. C’est exactement l’inverse : c’est découvrir que le « soi » n’existe pleinement que lorsqu’il se relie à quelque chose qui le dépasse.

Aller vers soi, c’est mesurer ce que je suis à l’aune de ce à quoi j’appartiens...

  • C’est comprendre que mon identité n’est pas autosuffisante, qu’elle ne se construit pas en circuit fermé, mais qu’elle prend sens dans une histoire, dans un peuple, dans une terre.
  • C’est accepter que le « je » n’est pas un point de départ, mais un point de jonction.

Et c’est là que l’injonction devient dérangeante.

Car tant que je suis ailleurs, tant que je vis en périphérie, je peux entretenir l’illusion d’un « moi » cohérent, stable, construit. Mais ce « moi » est partiel. Il est ajusté à un environnement qui n’est pas le sien. Il fonctionne, il réussit parfois, il s’exprime même avec conviction… mais il n’est pas entièrement à sa place.

  • Aller vers soi, dans ce sens, ce n’est pas se retrouver : c’est se réaligner.
  • C’est accepter de déplacer son centre de gravité pour que le « je » cesse de tourner autour de lui-même et s’inscrive enfin dans le « nous ».
  • C’est comprendre que l’individu ne se révèle pleinement que lorsqu’il accepte d’entrer dans le destin collectif dont il procède.

Et inversement, c’est aussi mesurer le « tout » à partir du « soi ».

Car un peuple n’est pas une abstraction : il vit par les choix concrets de chacun.

Chaque décision individuelle – rester, partir, s’engager, différer – redéfinit, à son échelle, le destin collectif.

  • Le « nous » n’existe pas sans le « je ».
  • Mais le « je », lui, peut longtemps prétendre exister sans le « nous »… au prix d’une forme de décalage intérieur.

Alors « לֶךְ־לְךָ» devient une exigence radicale :
– Va vers toi – c’est-à-dire cesse d’être ailleurs que là où ton identité prend tout son sens.
– Va vers toi – c’est-à-dire accepte de ne plus dissocier ce que tu sais de ce que tu vis.
– Va vers toi – c’est-à-dire entre dans l’endroit où le « je » et le « nous » cessent de s’opposer pour enfin coïncider.

Et c’est précisément cela que j’ai différé pendant des années : non pas une décision géographique, mais un ajustement existentiel.

Et pendant des décennies, j’ai vécu comme si cet ordre ne m’était pas directement adressé. Je savais, je comprenais, j’expliquais parfois même… mais je ne faisais pas. Il faut avoir le courage de le dire sans détour, sans habillage :

Il existe un confort redoutable dans la lucidité sans passage à l’acte.
On pense juste, on parle juste, on écrit juste… mais on reste ailleurs.
On se donne bonne conscience en restant à distance.
On habite la vérité sans jamais y entrer.
..

Trois de mes enfants, eux, sont venus avant moi. Non pas parce qu’ils auraient compris ce que je n’aurais pas compris, mais parce que, depuis leur plus jeune âge, l’air qu’ils respiraient à la maison était sioniste, presque naturellement.

Israël n’était pas une idée abstraite, un sujet de conversation ou un attachement sentimental : c’était une évidence quotidienne, un axe, un centre de gravité.

Je n’ai jamais cessé de les sensibiliser à Israël, jamais. Et ils ont fait ce que tout père espère et redoute à la fois :

Ils ont été fidèles à ce que je leur ai transmis… plus que moi-même. Ils n’ont pas attendu. Moi, si.

Pourquoi ? Parce que l’homme excelle à différer ce qu’il sait être juste.

Il construit des raisons solides, argumentées, presque irréfutables : responsabilités, timing, équilibre, prudence, rationalité.

Mais au fond, il y a autre chose, plus profond, plus dérangeant, presque inavouable : la peur de déplacer son centre de gravité, d’abandonner les centres de substitution pour rejoindre le seul qui soit réel, Israël.

Faire son alyah, ce n’est pas déménager, ce n’est pas changer de décor, ce n’est pas optimiser une vie : c’est cesser d’être périphérique. C’est accepter d’entrer dans le cœur battant d’une Histoire exigeante, parfois violente, toujours engageante, toujours irréversible.

« כי מציון תצא תורה »car de Sion sortira la Torah. Ce verset n’est pas décoratif, il n’est pas poétique, il est structurant. Il affirme

  • que le centre n’est pas négociable,
  • que l’énergie spirituelle, historique et nationale du peuple juif ne part pas de n’importe où, mais d’ici.

Tant que l’on est ailleurs, même engagé, même brillant, même sincère, on reste en décalage. Pendant des décennies, j’ai aimé Israël à distance, me contentant de passages épisodiques sur place. Je l’ai défendu, expliqué, porté dans mes paroles.

Mais aimer à distance est une forme affaiblie de l’amour, une version confortable, car aimer de loin n’engage pas le corps, n’expose pas, ne transforme pas. Le peuple juif et sa terre ne relèvent pas de l’amour platonique…

Ici, tout engage. Tout.

  • Payer ses impôts devient un acte de participation à la survie de l’État.
  • Envoyer ses enfants à l’armée n’est plus une abstraction mais une réalité qui vous traverse, qui vous déchire parfois.
  • Travailler, entreprendre, construire ici, ce n’est pas seulement réussir : c’est participer à l’édification d’une nation, d’un destin collectif.

Et face à cela, une question s’impose avec une brutalité presque violente :

Comment ai-je pu rester si longtemps en dehors de cela ? Comment ai-je pu accepter d’être spectateur de ce qui me concernait au premier chef ?

Il y a dans l’alyah une dimension que l’on préfère éviter, esquiver, contourner : elle relève d’une responsabilité. Non pas morale au sens abstrait, mais existentielle, historique.

Depuis 1948, l’Histoire juive a changé de nature. Pendant deux mille ans, nous avons subi et survécu.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis l’Antiquité, nous pouvons agir en tant que collectif souverain. Cela change tout. Absolument tout.

Rester ailleurs n’est plus simplement une condition héritée de l’Histoire, cela peut devenir – qu’on le veuille ou non – une forme de retrait. Je ne juge pas, je constate, et je m’inclus dans ce constat, car mon propre retard en est l’illustration vivante.

« אין ישראל נגאלין אלא בתשובה»Israël ne sera délivré que par le retour.

Le mot est décisif : retour. On ne parle pas d’installation, encore moins d’opportunité, mais de retour.

Comme si, même sans y avoir vécu, nous étions déjà liés à cet endroit d’une manière irrévocable, presque ontologique. Certains viendront par choix, d’autres seront poussés par les événements, par une hostilité croissante qui leur rappellera brutalement qu’ils ne sont pas tout à fait chez eux ailleurs. L’Histoire juive a souvent fonctionné ainsi. Mais réduire l’alyah à une fuite serait une faute. Une erreur de compréhension. La motivation doit être positive, volontaire, consciente – sinon elle arrive trop tard.

Faire son alyah, c’est décider de s’inscrire dans un projet qui dépasse infiniment sa trajectoire personnelle. Un projet qui n’est pas seulement politique, mais qui engage une responsabilité singulière, que la tradition formule ainsi :

« ואתם תהיו לי ממלכת כהנים » – « vous serez pour Moi un royaume de prêtres ».

Qu’on l’entende religieusement ou non, le sens est limpide : ce peuple n’est pas là seulement pour vivre, mais pour répondre d’une exigence. Ce n’est pas un privilège, c’est une charge. Cela signifie vivre sous tension permanente, entre l’exigence morale et la réalité du monde, entre l’idéal et le tragique, entre les principes que l’on proclame et la nécessité de se défendre.

Et cette tension ne se pense pas, ne s’analyse pas, ne se commente pas à distance : elle se vit ici, dans la chair de l’Histoire.

Depuis mon arrivée, une évidence s’impose chaque jour davantage, presque avec violence : il y a trop à faire pour rester spectateur. Consolider le pays, renforcer l’État, assurer la pérennité de la nation – ces mots ne sont pas des slogans, ce sont des urgences vitales, immédiates.

Israël n’est pas un acquis, c’est un miracle sous pression, un pays qui tient debout non pas parce qu’il est invincible, mais parce qu’il refuse de tomber, et parce qu’une providence discrète mais constante accompagne son destin, souvent contre toute logique…

Alors oui, j’ai attendu. Et cette attente, je ne la maquille pas, je ne l’excuse pas, je la regarde en face. Mais je refuse qu’elle devienne un regret stérile, une nostalgie inutile. Car la seule question qui compte désormais n’est pas pourquoi si tard, mais que fais-tu maintenant que tu es là ?

Sept ans, c’est peu, mais c’est déjà suffisant pour comprendre que l’alyah ne se fait pas une fois pour toutes.

Elle se fait chaque jour, dans chaque choix, dans chaque engagement, dans chaque renoncement aussi.

Et peut-être que la vérité la plus dérangeante n’est pas celle que l’on croit.

Ce n’est pas Israël qui nous attend. C’est nous qui avons trop longtemps attendu…

Et pendant que nous attendions, l’Histoire, elle, n’attendait pas.

Alors une question reste, nue, sans échappatoire, sans confort : combien de temps encore allez-vous attendre ce que vous savez déjà ? SS♦

Serge Siksik, MABATIM.INFO

#alyah
L’alyah : Seulement sept ans ? Ou le vertige d’avoir attendu trop longtemps

Par Serge Siksik, [5 Iyar 5786, Eretz Yisraël] Mon cœur est à l’Est (Israël)… et moi, à l’extrémité de l’Occident »Juda Hallevi Je rédige ces lignes en ce 5 Iyar, à la sortie d’une téphila pas…

MABATIM.INFO

Le prochain miracle : Israël peut-il accueillir un million de nouveaux immigrants venus d’Occident? Par Dov Maimon

https://fed.brid.gy/r/https://www.tribunejuive.info/2025/12/08/le-prochain-miracle-israel-peut-il-accueillir-un-million-de-nouveaux-immigrants-venus-doccident-par-dov-maimon/

Killing of #Aysenur Ezgi Eygi.
(July 27th 1998 - September 6th 2024 - 26 years)

#Evyatar is an illegal settlement in Palestine West-bank.
It is strongly composed of thugs, ex-inmates from various countries that were pardonned when doing their #Alyah

"Today, on Sept. 6th 2024, Eygi attended a protest in Beita, near the Israel settlement of Evyatar.
The protest, which is held weekly, calls for the end of settlement expansion in the WB.

According to witnesses, Eygi was shot by #IOF during the protest.

An Israeli witness from the group Defend Palestine said the shooting occurred following a communal prayer held by both Palestinian and non-Palestinian activists. IOF "surrounded" the protesters, leading to confrontations between the two groups.

The soldiers began using tear gas and firing live ammunition when the protesters began throwing stones,.

According to witnesses, about 30 mn after the confrontations had ended, 2 soldiers on a roof about 200 yards away shot into the crowd of protesters.

Witnesses reported hearing shots; one hit an 18-year-old Palestinian protester in the leg, while the other hit Eygi in the head.

She was targeted on purpose.
This is what the Israeli army has been doing for ages : killing to scare foreigners from coming and help.

SHE SHALL NOT BE FORGOTTEN.

“Mommy Ni Sampai Sudahlah..” – Netizen Terhibur Dengar Tok Ram Mahu Upah Kalau Izzara Sebut Daddy - https://ohmedia.my/ohartis/mommy-ni-sampai-sudahlah-netizen-terhibur-dengar-tok-ram-mahu-upah-kalau-izzara-sebut-daddy/
#alyah #daddy #mommy #Netizen
“Mommy Ni Sampai Sudahlah..” – Netizen Terhibur Dengar Tok Ram Mahu Upah Kalau Izzara Sebut Daddy | Oh! Media

Wah makin bahagia ye pasangan selebriti, Datin Alyah dan Datuk Ramli MS selepas kedatangan anak mereka, Nur Izzara. Tular di TikTok, Ramli MS atau lebih dikenali sebagai Tok Ram mencuri perhatian apabila Datin Alyah berkongsi video dia bermain bersama anak mereka. Menerusi hantaran itu, memaparkan Ramli sedang mengajar Izzara yang baru berusia empat bulan menyebut […]

“Mommy Ni Sampai Sudahlah..” – Netizen Terhibur Dengar Tok Ram Mahu Upah Kalau Izzara Sebut Daddy | Oh! Media

« Des villages juifs ont été construits à la place des villages arabes. Vous ne connaissez même pas les noms de ces villages arabes : je ne vous en veux pas car ces livres de géographie n’existent plus. Non seulement les livres n’existent pas mais les villages arabes ne sont plus là non plus. »

… a déclaré le ministre (שַׂר הַבִּטָּחוֹן, Sar HaBitahon) Moshe Dayan devant l'université d’Haïfa en 1969.

#citation #citations #nettoyageEthnique #israël #israëlPalestine #Palestine #grandRemplacement #colonisation #sionisme #peuplement #Alya #Alyah #Aliyah #Nakba #géographie #histoire #Levant #colons

Buongiorno Palestina 29 | Wombat

Wombat