Nevermore 2023 (Mylène Farmer) au stade de la Beaujoire de Nantes
Ah mais c’est qu’on l’attendait de pied ferme ce concert de Mylène, qui pourtant nous avait gratifié d’un merveilleux show en 2019. Elle avait fini par succomber dans les flammes, mais ce n’était que pour revenir “plus que jamais” avec son spectacle “Nervermore 2023”. J’ai eu une petite inquiétude en voyant que c’était une tournée des stades, je n’ai pas de très bonnes expériences en la matière, et je me rappelle encore du désastreux Sticky de Madonna qui m’a à jamais refroidi des concerts au Stade de France.
Eh bien, j’ai beaucoup aimé le show et Mylène est vraiment en pleine forme (Pour 61 ans, c’est encore plus dingue, une forme olympique !!), à la fois physiquement et vocalement (même si un petit coup de mou à moment, dissimulé par un trop-plein d’émotions). Mais il y a des petits trucs qui m’ont un peu moins plu, ou surtout qui ne m’ont pas autant conquis que le dernier concert à l’Arena qui était vraiment une immense réussite formelle et artistique. Mais disons que pour un concert dans un stade, c’est vraiment le nec plus ultra du genre !!
Commençons par ce qui est réussi… Alors sachant que j’ai découvert le concert en Pelouse Or donc le nez collé à l’avancée scénique (en forme de croix obviously), et que l’on ne voit pas la manière dont la scénographie d’ensemble a été étudiée. J’imagine que le décor s’apprécie d’autant plus de loin. Mais alors même de près, c’est absolument dingue. On a une sorte d’immersion avec une vue pseudo-isométrique dans une cathédrale gothique en mode cubiste avec tout un tas de deus ex machina et des éclairages et des écrans numériques. Et tout cela est d’une qualité bluffante, je n’imagine même pas la logistique pour transporter tout ce bordel !! En plus de cela, un immense corbeau se déplace, des éléments mobiles émergent, et Mylène se déplace sur une nacelle au bout d’un bras mécanique au-dessus de la foule. Là, on est encore dans le même souci de la scénographie comme pour le dernier concert, et je pense que c’est génial pour tous les gens, de près ou de loin avec un spectacle différent mais unique.
L’univers est bien sûr Mylénien à souhait, rien à redire, sinon qu’on file une métaphore depuis presque 40 ans avec un même bonheur emo et drama-queen dépressive qui me sied à ravir.
J’ai été agréablement surpris également par l’acoustique du stade, alors que ce n’est vraiment pas évident. Donc chapeau à l’ingénierie du son, on entendait hyper bien les musiciens et la chanteuse, et tout était très juste, coordonné et synchrone. A part un pixel à la con qui avait sauté sur l’écran principal, le concert s’est déroulé sans accroc, ce qui est rare pour un concert de Mylène Farmer.
Elle est merveilleusement belle et souriante (en plus d’avoir le secret de la beauté éternelle et sans doute quelques euros pour l’entretenir), et c’est vraiment une de ses facettes que j’adore. Elle a un sourire très franc et expressif, et qui a l’air sincère, vraiment elle a l’air toute choupi comme ça. J’étais content de pouvoir le capturer avec mon appareil.
J’ai plutôt bien aimé aussi la set-list, et rien à redire sur les chorégraphies ou les danseurs, tout est absolument parfait, et millimétré. (Même si elle ne bouge plus comme avant, mais elle continue tout de même de délivrer une sacrée performance.)
Donc vraiment plutôt cool dans l’ensemble. Mais là où le bât blesse, c’est que tout cela est un chouïa “plat” tout de même. Je n’ai pas eu le même frisson, le même emportement lyrique que dans l’autre concert. Et je comprends, on ne peut pas faire une arrivée dingue dans un stade, et les effets ont leurs limites dans un tel endroit, et avec des décors transportables d’un stade à l’autre. Mais donc le show souffre la comparaison avec celui de 2019 qui est tout de même assez récent dans mon esprit.
Mais le corbeau gonflable du début est risible, et celui qui bouge sur scène ressemble un peu au soulier magique de Marie-Rose. Et ce qui m’a aussi un peu empêché de bien triper je pense, c’est que la réorchestration de concert n’était pas terrible il me semble. C’était chouette, mais ce n’était pas original ou notable, pas de réinvention du tout, mais presque des versions d’album. Et c’est là aussi sans doute la limite de l’exercice, ou bien son objectif et je ne suis pas le public cible. C’est-à-dire que l’on remarque vite, et mes amis fans me le pointaient, que ce concert est en réalité truffé de références à ses concerts précédents. Ce sont les mêmes inspirations de décors, les mêmes chorégraphies, les mêmes costumes, comme un florilège de ses spectacles. J’imagine que cela fait vraiment tilt pour les fans, et c’est très cool pour eux, mais moi ça ne m’a donc pas trop touché.
Je cherche la petite bête, mais j’ai adoré ce moment, et je le reverrai à Bruxelles dans quelques semaines avec un immense plaisir. J’ai beaucoup aimé le duo avec Simon Buret d’AaRON, c’est un moment vraiment très touchant et assez magique avec cet écran vert. C’est marrant de constater qu’après “Désenchantée” qui reste l’hymne que tout le monde chante à tue-tête, c’est la chanson “Oui mais non” qui tend à s’imposer et qui rend le public absolument extatique et reprenant en chœur la chanson.
Au tout début du concert, c’est le clip “Regrets” qui est diffusé en hommage à Jean-Louis Murat, et j’ai été obligé de penser à ce mème du confinement…
Alors toutes les conjectures sont bonnes !! Mylène disparaît cette fois en même temps désintégrée et réincarnée en une nuée de corbeaux en très haute définition. Reviendra t-elle ?
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