Des ombres sur le foyer de Judith Merril, traduit par Alexane Bébin, ed. Argyll
Réédition d'un roman de 1950 (ou plutôt de 1966, celui de 1950 étant sorti censuré !) : les premiers jours après que les USA soient touchés par une bombe nucléaire. Touchant, bien rythmé, intelligent. Profondément anti-impérialiste et antimilitariste.
Surtout, des perspectives rares :
1. On suit une femme au foyer de 37 ans et ses deux filles. Rien que ça, c'est beaucoup. Les hommes sont des personnages secondaires (variés et réalistes ceci dit, de *bons* personnages secondaires).
2. Quasi toute l'histoire se déroule dans la maison, "le danger enfermé dehors et la peur enfermée dedans". Ce n'est pas l'histoire des héros, ni des antihéros, ni des soldats, ni des rebelles. C'est ce que bon nombre de gens, réalistement, pourraient vivre. Sans formation, sans information que la propagande, sans capacité militaire ou scientifique pertinente, surveillés et isolés. Confinés.
3. Elles doivent continuer à préparer les repas. S'inquiéter de l'eau chaude. Raconter les histoires à la petite avant le coucher. Bref, quand l'extraordinaire arrive, le quotidien ne disparaît pas. La charge mentale ne disparaît pas avec l'incertitude de la survie du monde.
4. Sans spoiler car je vous encourage vivement à le lire, le roman montre comment des gens ordinaires peuvent agir pour la paix, non pas en frappant plus fort que les méchants, mais en tendant la main et en "étendant la définition du foyer" comme le formule @DoctriZ dans sa postface.
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