Michel Piccoli joue un acteur qui joue dos au public un roi mourant dans une pièce de Ionesco C’est pour bien montrer la mise en abîme et la distanciation.
Catherine Deneuve joue la reine et on ne sait pas si son air hautain et sa diction renvoient justement à la mise en abîme et à la distanciation ou à l’expression mal dissimulée d’un jugement (qu’on pourrait partager) sur la ringardise de la mise en scène.
En coulisse on s’impatiente (et nous aussi car le roi meurt mais prend son temps), car bientôt Michel va apprendre la mort de sa femme, de sa fille et de son gendre. Rien que ça. Il lui reste bien son petit fils, mais il va préférer le laisser entre les mains d’une bonne pour pouvoir poursuivre sa carrière (dans une pièce de Shakespeare avec des fées super mal habillées) et faire les magasins de chaussure.
À la fin il accepte un rôle super compliqué en anglais dans un film adapté d’un livre lui aussi très compliqué, avec un metteur en scène qui ne l’est pas moins. John Malkovich le reprend à tout bout d’champ sur son accent et des virgules mal placées, avec l’air supérieurement agacé qu’on lui connait bien. À tel point que Michel lâche l’affaire et rentre à la maison, visiblement pour y mourrir lentement, mais c’est la fin du film.
À la vie comme à la scène comme qui dirait.
« Je rentre à la maison », Manoel De Oliveira, 2001 sur
@artefr jusqu’au 01/09/25
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