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ÉPISTÉMOLOGIE DU PLACARD [1990]
Eve Kosofsky Sedgwick (SCAN, 2008, Amsterdam)
iBouquin:https://mega.nz/file/tJw03b5Z#56CCrQh73q19tZbBngv1K5ZAqfBaiEhse15buVKfpOk
Si t'as les moyens:
http://www.editionsamsterdam.fr/epistemologie-du-placard/

Présentation:
Lorsqu’il fut publié pour la première fois aux États-Unis en 1990, Épistémologie du placard fut rapidement reconnu comme un classique de la théorie queer, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis. Les Éditions d'Amsterdam présentent l'autrice et l'ouvrage ainsi : "À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l’ensemble de la culture occidentale moderne s’articule autour de l’opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l’épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie".

Eve Kosofsky Sedgwick s’appuie sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l’autrice traque l’émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de « l’homosexuel » et de « l’hétérosexuel », au détriment des multiples différences au cœur des sexualités. Elle s’interroge sur ce qu’une lecture “sexualisée” de ces textes littéraires provoquera comme bouleversement dans nos connaissances et interprétations de l’histoire et de la culture.

Dans sa préface, Maxime Cervulle définit ainsi le projet de Sedgwick : « Dans Épistémologie du placard, Eve Kosofsky Sedgwick va s’interroger sur les conséquences interprétatives qu’entraîne une lecture "sexualisée" de la culture littéraire des XIXe et XXe siècles. Elle y développe des "lectures perverses" du canon occidental, chaussant des lunettes queer pour débusquer les troubles sexuels et les crises définitionnelles dans les chefs-d’œuvre modernes qui structurent notre vision de ce qu'est la culture. Cet ouvrage salutaire de Sedgwick renverse la vapeur et nous force à regarder en face le grand secret de la culture occidentale du siècle dernier : la place centrale qu’y occupe la définition homo/hétérosexuelle ».

Le livre Épistémologie du placard a donné lieu aux États-Unis à de nombreux débats dans les milieux universitaires et activistes sur le fonctionnement du placard gay et lesbien, ainsi que sur les moyens d'échapper à son emprise.

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Eve Kosofsky Sedgwick (1950-2009)
est une universitaire et féministe des États-Unis, spécialisée dans les études gaies et lesbiennes et queer. Elle se distingue par son sens de la formule et de la provocation.

Après avoir étudié à l'université Cornell, Eve Kosofsky, épouse un autre étudiant, Hal Sedgwick, en 1969, puis soutient une thèse sur le roman gothique à l'université Yale en 1975. Elle a enseigné la littérature à l'université de Californie à Berkeley, l'université de Boston, Amherst College, Dartmouth College, et a longtemps été professeur d'anglais à l'université Duke. C'est là qu'elle travaille sur l'homosexualité en littérature et qu'elle développe des thèses qui influeront durablement sur sa discipline.

Déjà, Between Men: English Literature and Male Homosocial Desire (1985), écrit dans une optique féministe, retourne la misogynie prêtée aux gays pour voir dans l'homosocialité masculine l'association du sexisme et de l'homophobie.

Avec Épistémologie du placard (1990), l'analyse littéraire va de pair avec un engagement politique irréductible. Ses essais sur Oscar Wilde, Henry James ou Marcel Proust voisinent avec des remises en cause plus générales des idées reçues sur la sexualité, ce qui explique que des sociologues ou des historiens la citent. Dans ce livre, elle étudie notamment la définition moderne de l'homo/hétérosexualité. Aux côtés des travaux de l'helléniste David Halperin et de la philosophe Judith Butler, ce recueil d'articles novateurs contribue à façonner le champ des études gaies et lesbiennes en même temps qu'il ouvre sur la théorie queer, dont il est l'un des textes fondateurs. Il serait en effet assez erroné historiquement d'opposer les « études gaies et lesbiennes » et la théorie queer, car les deux se sont, dans une très large mesure, installées ensemble et dans un mouvement commun. Eve Kosofsky Sedgwick revient sur ce qu'on appelle déjà les queer studies dans Tendencies (1993), qui aborde des sujets tels que le lesbianisme, le BDSM, ou le cinéma de John Waters.

Elle a participé à l'important colloque organisé par Didier Eribon en juin 1997 au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris (avec Monique Wittig, George Chauncey, Leo Bersani, Pierre Bourdieu, Nicole Brossard, Michael Lucey, etc.), et le texte de sa communication, Construire des significations queer, traduit par Eribon, a été publié l'année suivante dans les actes du colloque, sous la direction de ce dernier, Les Études gays et lesbiennes (éditions du Centre Georges Pompidou), ce qui constitua un moment inaugural dans l'introduction de la théorie queer en France.

À sa mort le 12 avril 2009, elle enseignait en tant que distinguished professor au Graduate Center de l'université de la ville de New York.

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