« Administrées à doses massives dans tous les pays depuis quarante ans, ces recettes [les réformes néolibérales] ont contribué à façonner le monde où nous vivons : celui de la surexploitation des ressources naturelles, de la prédation de l’économie par la finance, de la montée vertigineuse des inégalités de toutes sortes, des migrations massives de populations fuyant la guerre ou la misère, du retour des fureurs religieuses et des repliements identitaires, du déclin de la démocratie et de l’arrivée au pouvoir d’hommes forts aux idées faibles. La plus élémentaire sagesse voudrait qu’au lieu de persévérer dans l’erreur, en appliquant mécaniquement en France les « réformes structurelles » prescrites par les responsables de ce bilan désastreux, on commence par en tirer les leçons, notamment sur le plan juridique. »

https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/SUPIOT/58009
Et si l’on refondait le droit du travail…

Proclamant avoir été élu pour les réformes qu’il préconise, et non contre l’extrême droite, le président de la République française entend déréglementer un peu plus le marché du travail. Devant la montée de la contestation dans la rue, même les syndicats les plus proches du pouvoir jugent le projet déséquilibré au détriment des salariés. Adapter le droit aux nouvelles formes d’organisation du travail en prenant réellement en compte les aspirations humaines conduirait à de tout autres réformes.

Le Monde diplomatique
« Depuis la suppression de l’autorisation préalable de licenciement en 1986 (en vigueur aujourd’hui encore aux Pays-Bas, où le taux de chômage est de 4,8 %), les promesses mirifiques de création d’emplois qui accompagnent chaque nouvelle flexibilisation du marché du travail n’ont jamais été tenues. En Europe, les taux de chômage ne sont nulle part plus élevés que dans les pays du Sud, qui ont été les champions de cette flexibilisation. On se garde bien en revanche de revenir sur les réformes du droit des sociétés (par exemple l’autorisation du rachat d’actions, qui permet d’enrichir les actionnaires sans contrepartie de leur part, en détruisant du capital et en minant l’investissement), du droit comptable (par exemple l’abandon du principe de prudence au profit de la juste valeur) ou du droit financier (par exemple l’existence de banques privées « trop grosses pour tomber » [too big to fail], c’est-à-dire jouissant de l’intangibilité, aujourd’hui refusée aux États endettés). Autant de changements dont les effets négatifs sur l’investissement et l’emploi sont avérés. Il est vrai que, dans la novlangue en vigueur, plafonner l’indemnisation pour licenciement abusif est qualifié de « réforme courageuse », tandis que plafonner le bénéfice des stock-options qu’un dirigeant peut percevoir à la faveur de licenciements serait jugé « démagogique ». »

Toujours dans https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/SUPIOT/58009
Et si l’on refondait le droit du travail…

Proclamant avoir été élu pour les réformes qu’il préconise, et non contre l’extrême droite, le président de la République française entend déréglementer un peu plus le marché du travail. Devant la montée de la contestation dans la rue, même les syndicats les plus proches du pouvoir jugent le projet déséquilibré au détriment des salariés. Adapter le droit aux nouvelles formes d’organisation du travail en prenant réellement en compte les aspirations humaines conduirait à de tout autres réformes.

Le Monde diplomatique
L'article est vraiment passionnant. Il permet de sentir ce que pourrait être une réforme du droit du travail qui s'oriente vers plus de démocratie (et pas moins), qui soit émancipatrice.

Le PDF : https://herds.eu/attachment/1077382
@igor Tu aiguises ma curiosité, je vais essayer de trouver le temps de lire tout ça, dans un délai raisonnable de quelques jours ;)