« Depuis la suppression de l’autorisation préalable de licenciement en 1986 (en vigueur aujourd’hui encore aux Pays-Bas, où le taux de chômage est de 4,8 %), les promesses mirifiques de création d’emplois qui accompagnent chaque nouvelle flexibilisation du marché du travail n’ont jamais été tenues. En Europe, les taux de chômage ne sont nulle part plus élevés que dans les pays du Sud, qui ont été les champions de cette flexibilisation. On se garde bien en revanche de revenir sur les réformes du droit des sociétés (par exemple l’autorisation du rachat d’actions, qui permet d’enrichir les actionnaires sans contrepartie de leur part, en détruisant du capital et en minant l’investissement), du droit comptable (par exemple l’abandon du principe de prudence au profit de la juste valeur) ou du droit financier (par exemple l’existence de banques privées « trop grosses pour tomber » [too big to fail], c’est-à-dire jouissant de l’intangibilité, aujourd’hui refusée aux États endettés). Autant de changements dont les effets négatifs sur l’investissement et l’emploi sont avérés. Il est vrai que, dans la novlangue en vigueur, plafonner l’indemnisation pour licenciement abusif est qualifié de « réforme courageuse », tandis que plafonner le bénéfice des stock-options qu’un dirigeant peut percevoir à la faveur de licenciements serait jugé « démagogique ». »
Toujours dans
https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/SUPIOT/58009