Souvent à gauche on se perd dans les considérations individuelles dans lesquelles notre ennemi nous astreint : à qui aura les mêmes accès aux paradigmes bourgeois de jouissances sociales et matérialistes. J’entends les « moi aussi j’ai droit à ». Mais être de gauche c’est l’inverse, c’est résister contre l’individualisme, c’est lutter non pour son intérêt particulier et immédiat mais pour une humanité débarrassée de la pathologie du pouvoir, c’est se faire relais pour l’avenir lointain.
Car avec l’âge et l’expérience des luttes il me semble évident qu’il s’agit d’un combat dépassant la durée de vie humaine. La gauche est une résistance aux pathologies individuelles organisant l’espèce, c’est un horizon, une lutte quotidienne contre les défaitismes de la croyance en une nature humaine indépassable et justifiant la paresse de la prédation cruelle et systémique. Ce n’est pas une voie vers le bonheur mais la responsabilité envers ce qui nous élève à l’animalité.