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La cruelle ennemie, au long crin couleuvreux,
Sur la rive du Styx, d'un flambeau noir-fumeux,
Célèbre ton noçage…
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C’est alors que ses cris en tonnerres s’éclatent,
Ses soupirs se font vents, qui les chênes combattent,
Et ses pleurs, qui tantôt descendaient mollement,
Ressemblent un torrent qui, des hautes montagnes,
Ravageant et noyant les voisines campagnes,
Veut que tout l’univers ne soit qu’un élément.
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Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine
A, comme l’océan, son flux et son reflux
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Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire
De me l’avoir promis et vous rire de moi.
S’il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire
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En ce long-temps où les manies
D’un nombre infini de mutins
Poussés de nos mauvais destins
Ont assouvi leurs felonies
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Ma Reine acquiert à ses mérites
Un nom qui n’a point de limites,
Et, ternissant le souvenir
Des reines qui l’ont précédée,
Devient une éternelle idée
De celles qui sont à venir.
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Et ressembler à ces fontaines
Dont les conduites souterraines
Passent par un plomb si gâté
Que, toujours ayant quelque tare,
Au même temps qu’on les répare,
L’eau s’enfuit d’un autre côté
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« M. le cardinal de Richelieu a été si mal, que j'ai été huit ou dix jours que je n'entrais jamais au château qu'avec appréhension d'ouïr cette funeste voix : "le grand Pan est mort". »
« Pour Monseigneur le Cardinal (…) je ne le mets pas au rang des hommes. Je vous jure que si nous étions encore au temps où la pluralité des dieux était crue, je penserais qu'il… »
« Cet abominable de qui le diable s'est servi est d'Angoulême, nommé François de Ravaillac, … la barbe rouge, … les épaules larges, et l'estomac de même ; il a les yeux gros et fort enfoncés en la tête, les narines fort ouvertes ; et à la prendre tout ensemble, il est extrêmement mal emminé. »
La pose de la première pierre avait plus d'allure jadis.
« une sarabande qu’a faite Gautier sur la danse des Toupinamboux » et personne n'a essayé de la retrouver ?!
https://books.openedition.org/psn/9558?lang=fr
La canicule d'août 1615, qui avait asséché toutes les mares de Beauce et fait crever les chevaux.
« Qu'ils écrivent tant qu’ils voudront, autant en emporte le vent »
Merci au petit con grâce à qui nous avons un des plus grands écrivains français.
« Nous sommes ennuyés de livres qui enseignent, donnez-nous en pour esmouvoir, en un siècle où tout zele chrestien est peri, où la difference du vray et du mensonge est comme abolie, où les mains des ennemis de l'Eglise cachent le sang duquel elles sont tachees sous les presens, et leurs inhumanités sous la libéralité. »
La terre n'aime pas le sang ni les ordures :
Il ne sort des tyrans et de leurs mains impures
Qu’ordures ni que sang
Et encore aujourd’huy, sous la loy de la guerre,
Les tygres vont bruslants les thresors de la terre
Nos princes sont louëz, louëz et vicieux ;
L’escume de leur pus leur monte jusqu’aux yeux
Plustost qu’ils n’ont du mal quelque voix veritable :
Moins vaut l’utile vrai que le faux agreable,
Sur la langue d’aucun à present n’est porté
Cet espineux fardeau qu’on nomme verité
O ployables esprits, ô consciences molles,
Temeraires jouëts du vent et des parolles !
Vostre sang n'est poing sang, vos cœurs ne sont point cœurs
Quels Rois ont merité que l'on se donne à eux ;
Pource que bien souvent nous souffrons peines telles,
Soustenans des plus grands les injustes querelles,
Valets de tyrannie, et combattons exprés
Pour establir le joug qui nous accable aprés.
Ce thresor precieux de nostre liberté
Nous est par les ingrats injustement osté :
Les ingrats insolents à qui leur est fidèle,
Et liberaux, de crainte, à qui leur est rebelle.
Le monde n'est qu'un poix, un atome la France
De la formalité la race babillarde :
Tout interlocutoire, arrest, appointement
A plaider, à produire un gros enfantement
De procez, d'intendits, de griefs ; un compulsoire,
Puis le desrogatoire à un desrogatoire,
Visa, pareatis, replicque, exceptions,
Revisions, duplique, objects, salvations,
Hypothecques, guever, deguerpir, prealables,
Fin de non recevoir. Fi des puants vocables
Qui m'ont changé mon style et mon sens à l'envers !
Cerchez les au parquet et non plus en mes vers.
La Saint-Barthélemy dans les notes des Tragiques d'Aubigné.
« Antoine de Richiend, seigneur de Mouvans, avait été massacré en décembre 1559 "par la populace de Draguignan, son cœur et son foye jetté aux chiens, et ces chiens assommés comme hérétiques pour avoir fait difficulté d’en manger" »
J'ay veu des creux enfers la caverne profonde ;
J'ay esté balancé des orages du monde ;
Aux tourbillons venteux des guerres et des cours,
Insolent, j'ay usé ma jeunesse et mes jours ;
Je me suis pleu au fer, David m'est un exemple
Que qui verse le sang ne bastit pas le temple ;
J'ay adoré les Rois, servi la vanité,
Estouffé dans mon sein le feu de verité
Nous verrons ci-aprés les effects moins sanglants,
Mais des coups bien plus lourds et bien plus violants
Masquans l'amer courroux d'une douce feintise,
Satans vestus en Anges et serpens enchanteurs
Je ne veux pour la solde estre au champ terrassé,
On est aujourd’huy trop mal récompensé ;
Je trouve l’autre mort longue, bigotte & folle.
L'espic demy pourri, demy sec, demy meur.
Quel plaisir c'est de voir les vieilles haridelles
De qui les os mourans percent les vieilles peaux :
Je meurs des oyseaux gais volans à rite d'ailes,
Des cources de poulains et des saulx de chevreaux !
(Il est malheureux en amour)
Plus dure que les rocs, les costes & la mer,
Plus altiere que l’aer, que les cieux & les anges,
Plus cruelle que tout ce que je puis nommer,
Tigres, ours & lions, serpens, monstres estranges :
Tu vis en me tuant & je meurs pour aimer.